Les fantômes de Shearwater de Charlotte McConaghy

L’île de Shearwater se situe en plein océan austral. En plus des otaries, des albatros, des manchots royaux et des gorfous de Schlegel, elle abrite Dom Salt et ses trois enfants, Raff, Fen et Orly, qui habitent dans le phare. Shearwater accueillait des chercheurs scientifiques partis depuis peu. La famille Salt va également bientôt quitter l’île qui risque à tout moment d’être submergée. Dom a, jusqu’au départ, la garde de la précieuse réserve de graines établie par le scientifiques. « La Réserve mondiale de semences de Shearwater a été construite pour résister à toutes sortes d’attaques du monde extérieur ; sa fonction était de survivre à l’espère humaine, de continuer d’exister au cas où un groupe d’individus devrait un jour recréer à partir de zéro la chaine alimentaire qui nous nourrit. » Un soir de tempête, une femme gravement blessée s’échoue sur la plage. Rowan va être soignée par les habitants du phare qui vont s’interroger sur sa présence dans ces eaux hostiles et glacées.

Après « Migrations », je continue ma découverte de l’œuvre de Charlotte McConaghy. On retrouve ici ses préoccupations pour l’environnement. Dans ce roman, la catastrophe n’a pas encore eu lieu mais les signes avant-coureurs sont là : submersion de l’île, incendies en Australie, conservation des graines. Les paysages, les éléments, superbement décrits, ainsi que les animaux sont partie prenante de l’intrigue. Ces derniers font également partie des fantômes du titre puisque l’île a abrité des chasseurs de phoques et de baleines (certains passages m’ont fait penser à « L’île des chasseurs d’oiseaux » de Peter May).

L’intrigue se déroule à huis clos, de manière polyphonique, chaque personnage prend la parole à tour de rôle. Le climat entre eux est tendu et l’on comprend dès le début que les non-dits et les mensonges plombent les relations entre Rowan et la famille Salt. Tout le sel de l’histoire se situe là puisque les personnages sont attachants et que l’on redoute ce que l’on va apprendre sur eux.

« Les fantômes de Shearwater » se dévore, j’ai apprécié la puissance évocatrice des descriptions de la nature, les personnages particulièrement bien campés et je suis ravie de savoir qu’il me reste à découvre le deuxième roman de Charlotte McConaghy « Je pleure encore la beauté du monde ».

 

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