Bilan Plan Orsec et films d’août/Challenge I love you/Mois américain

Enfin une baisse de PAL significative grâce à un mois d’août morose et tristoune (on se console comme on peut!) ! Neuf livres au compteur pour ce mois mais pas de livre prêté, je ne respecte pas tout à fait mon programme du Plan Orsec de mes copines George et Miss Bouquinaix.

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Et un beau mois d’août cinématographique :

Mes coups de cœur :

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Voilà un premier film très original et très réussi. Madeleine (Adèle Haenel) se prépare à la fin du monde qui se rapproche à grands pas. Elle nage avec des briques dans son sac à dos, se fait un jus de maquereau cru et se bat contre les garçons. Arnaud (Kevin Azaïs), un jeune menuisier, tombe sous le charme de cette jeune femme rugueuse. Il va jusqu’à s’inscrire au stage de survie de l’armée de terre pour rester avec elle. Le film va nous montrer le rapprochement de ces deux jeunes gens que tout oppose. Une surprenante histoire d’amour, atypique avec deux formidables acteurs.

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Bici travaille dans une boîte de photocopies le jour et est chanteuse la nuit. Son groupe, Bici and the bitches, est bien apprécié dans les boîtes liégeoises. Bici écrit les textes et est entourée de trois garçons dont Vince son ami d’enfance dont elle est amoureuse. Le contraire n’est malheureusement pas réciproque. Bici se consume d’amour et de rage contre l’ennui, la grisaille de sa vie dans une banlieue pauvre. Bici est le croisement parfaitement réussi entre Beth Ditto et Rosetta. Ambre Grouwels, qui l’interprète, est exceptionnelle de naturel et d’énergie (et elle assure au niveau vocal !). Le réalisateur Stefan Liberski, aurait pu faire un portrait larmoyant de Bici, mais nous sommes en Belgique et l’humour est omniprésent. Un petit film très, très réussi.

Et sinon :

  • « Le beau monde » de Julie Lopes Curval : Alice (Ana Girardot) est une jeune normande timide et rêveuse. Elle souhaite intégrer une école d’arts à Paris pour développer ses talents de brodeuse. C’est là-bas qu’elle fait la connaissance d’Antoine (Stéphane Bissot), un jeune bourgeois qui cherche à devenir photographe. Sur un thème proche de « Pas son genre » de Lucas Belvaux, Julie Lopes Curval nous donne à voir une jeune femme infiniment délicate, pleine de retenue qui s’ouvre peu à peu à la vie. Le jeu d’Ana Girardot est remarquable.
  • « The double » de Richard Ayoade :  Le film est tiré du roman de F. Dostoïevski. Simon, un bureaucrate timoré, voit apparaître son double parfait. Mais ce dernier est son opposé au niveau du caractère. Il prend petit à petit la place de Simon en réussissant mieux et en séduisant la fille qui lui plaît. L’univers du film est proche de celui de « Brazil » et la performance de Jesse Eisenberg est bluffante. Quelques longueurs gâchent un peu l’ensemble.
  • « Party girl » de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Théis : Angélique est une entraîneuse d’âge mûr à Forbach. Un de ses anciens clients, Michel, lui propose de l’épouser et de changer de vie. Angélique accepte de partager sa vie mais va-t-elle supporter le train-train du quotidien. Ce film est quasiment un documentaire puisque Angélique Litzenburger joue son propre rôle ainsi que ses enfants. « Party girl » est un grand mélo où l’émotion affleure sans cesse. Le personnage d’Angélique est fort, violent et saisissant.

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Ce bilan du mois d’août est l’occasion pour ma chère Maggie et moi-même de clôturer le challenge « I love London ». Je tiens à remercier les nombreux participants et à m’excuser auprès de Belette que je prive d’un moyen de me harceler ! J’espère d’ailleurs n’avoir oublié aucun de vos liens, n’hésitez pas à me le signaler si c’est le cas.

Mais je ne pouvais pas démarrer la rentrée sans un nouvel objectif et je vous propose donc de passer septembre aux États-Unis afin d’accompagner le formidable Festival America de Vincennes (vous pouvez déjà consulter le programme ici).  Je vous retrouve donc lundi avec la Lecture Commune du blogoclub consacré à Joyce Maynard.

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Bilan plan Orsec et films de juillet

Après un bon mois de juin, je n’atteins de nouveau pas totalement mon objectif ce mois-ci, la faute à une semaine dublinoise…boire ou lire il faut choisir ! Pas de livre prêté ce mois-ci, il faudra que je me rattrape plus tard.

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Pour le bilan cinématographique, j’ai en revanche fait le plein :

Mes coups de coeur :

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Après « Le vent se lève », Ken Loach retrouve l’Irlande, cette fois-ci en 1932, après la guerre civile et l’Indépendance. Jimmy Gralton est de retour au pays après dix ans d’exil en Amérique. La raison de son exil est un dancing/maison de la culture. poussé par ses amis, Jimmy ne tarde pas à rouvrir le lieu. Coincé entre l’Église Catholique et l’IRA, Jimmy va de nouveau rencontrer des problèmes. Ce film, qui sera peut-être le dernier du réalisateur, est plein de charme et de tendresse. On y retrouve avec bonheur tout l’humanisme du réalisateur notamment envers les classes populaires qui se débattent pour améliorer leur quotidien. Barry Ward, qui interprète Jimmy, a beaucoup de prestance et de charisme. « Jimmy’s hall » n’est pas le meilleur Ken Loach mais s’il s’agit du dernier, il clôt sa carrière avec honneur  et entrain.

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En 2007 à Chicago, un chineur tombe sur un lot de négatifs. En regardant plus en détail les photos, il se rend compte de leur grande qualité. Dès lors, il va chercher à en savoir plus sur l’auteur des clichés, une certaine Vivian Maier. Ce documentaire raconte cette enquête et nous entraîne dans les pas de cette drôle de femme qui a accumulé les photos (et les journaux, son logement était un véritable capharnaüm). Complexe, changeante, Vivian Maier (1926-2009) ne sortait jamais sans son Rolleiflex et ses superbes clichés l’inscrivent dans l’histoire mondiale de la photographie.

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Dwight vit dans sa voiture rouillée, il vagabonde solitaire jusqu’à ce qu’un flic l’amène au poste. C’est là qu’il apprend que l’assassin de ses parents vient d’être libéré. Dwight se métamorphose et décide de se faire vengeance. Si vous avez aimé « Blood simple » ou « Fargo », vous retrouverez l’atmosphère sombre des frères Coen dans ce film. Mais aussi leur humour noir car le pauvre Dwight (formidable Macon Blair) n’a rien d’un meurtrier. C’est un type ordinaire, maladroit, timide qui se lance à la poursuite d’une famille de truands. Un loser sublime qui se transcende parce qu’il n’a pas d’autres choix. Ce film aurait mérité que l’on en parle beaucoup plus.

Et sinon :

  • « Je voyage seule » de Maria Sole Tognazzi : Irene (Margherita Boy) passe sa vie dans des palaces, pas pour le plaisir mais pour son travail. Elle inspecte les moindres détails pour en faire des compte-rendus. Elle adore son travail même si celui-ci l’empêche d’avoir une véritable vie de famille. Un très joli film sur l’indépendance, sur une femme épanouie en dehors des conventions sociales.
  • « Maestro » de Léa Fazer : Ce film est l’histoire véritable de la rencontre entre Eric Rohmer et Jocelyn Quivrin pour « Les amours d’Astrée et Céladon ». Une ouverture à la beauté de la langue et à la poésie pour un jeune homme (interprété par le charmant Pio Marmai) plus intéressé par « Fast and furious ». Amusant et tendre.
  • « Le conte de la princesse Kaguya » de Isao Takahata : L’histoire de la princesse Kaguya est un classique de la tradition orale japonaise. Un paysan trouve un minuscule bébé dans ses bambous. Celui-ci grandit vitesse grand V pour devenir une délicieuse jeune femme. Son père adoptif veut en faire une princesse alors que celle-ci ne rêve que de nature. Esthétiquement très réussi (entièrement réalisé avec des aquarelles), le film aurait gagné à être un peu plus court (137 mn) car je me suis lassée des péripéties de la jolie princesse.
  • « Black coal » de Diao Yi’nan : En 1999, l’inspecteur Zhang enquête sur la cadavre d’un homme retrouvé en morceaux dans une carrière minière. Après avoir été gravement blessé, Zhang doit lâcher l’affaire. Des années plus tard, il y pense encore et encore. Un policier noir, très noir, qui aurait du me réconcilier avec le cinéma chinois mais c’est encore raté. Trop d’ellipses, trop de détours dans l’intrigue m’ont perdue. Dommage, l’ambiance était glauque à souhait !

Je profite de ce billet bilan pour vous annoncer le retour de mon mois américain en septembre. Celui-ci fera suite au challenge américain lancé cette année par ma copine Noctembule. N’hésitez pas à lancer des lectures communes et soyez nombreux à traverser l’Atlantique avec moi !

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Bilan plan Orsec et films de mai

Pour des raisons professionnelles, le nombre de livres lus est encore réduit ce mois ci. Et je n’ai pas lu de livres de ma PAL prêt, mon contrat du plan Orsec n’est pas donc pas respecté. J’espère que le mois anglais fera grimper mon nombre de livres lus en juin.

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Et voici les films du mois :

Mes coups de cœur :

Des salariés d’une petite entreprise sont mis devant un choix impossible : garder leur collègue Sandra (Marion Cotillard) ou toucher une prime pouvant aller jusqu’à 1000€ pour les plus anciens. Le temps du weekend , Sandra va tenter de convaincre ses collègues de voter pour elle. On la suit donc, on ne la lâche pas une seconde. Sandra avance, doute, se désespère, se ranime sous les traits d’une Marion Cotillard absolument parfaite. Ce personnage fait beaucoup penser à celui de Rosetta que l’on suivait également à la trace. Les frères Dardenne fustigent cette société impitoyable qui brise la solidarité, rapetisse l’humanité de chacun. La leur est toujours intacte et elle touche en plein cœur.

Un prof de philosophie (Loïc Corbery) atterrit à Arras alors qu’il s’ennuie dès qu’il passe le périph’. Il y fait la connaissance de Jennifer (Émilie Dequenne), coiffeuse qui lit Anna Gavalda et les journaux people. Rencontre et histoire d’amour improbables et pourtant la magie semble opérer entre la jeune femme débordante d’énergie et le philosophe érudit. Mais il s’agit d’un film de Lucas Belvaux et non d’une bluette hollywoodienne. Le réalisateur souligne de nouveau le poids des classes sociales, de l’éducation, le fossé qui sépare ces deux personnages. Loïc Corbery et Émilie Dequenne sont tous les deux magnifiques, jouant avec finesse et subtilité ces personnages qui auraient pu être caricaturaux.

L’adaptation d’Orson Wells a été restaurée et ressort sur les écrans. Le tournage dura deux ans (1949-51) dans des conditions assez épiques, toujours dans l’improvisation et le manque de moyens. Visuellement, c’est un film très expressionniste où les lignes géométriques sont très marquées. Les plongées et contre-plongées accentuent le sentiment de terrible fatalité, d’irrémédiable tragédie qui va s’abattre sur Othello et Desdémone. Film à l’esthétique très marquante, inventive où Wells joue de manière impressionnante le maure de Venise.

Et sinon :

  • « The best offer » de G. Tornatore : Virgil Oldman est un commissaire-priseur reconnu de par le monde, un expert très recherché et totalement névrosé. Un jour, une cliente lui demande de venir faire une estimation. Arrivé dans la vieille demeure, la cliente reste cachée obstinément. Se met alors en place un suspense autour de cette mystérieuse femme. Film soigné, très écrit et porté par le formidable Geoffrey Rush.
  • « Night moves » de K. Reichardt : Josh (Jesse Eisenberg) est taciturne, renfermé et travaille dans une coopérative agricole. Il partage ses convictions de protection de l’environnement avec Dena (Dakota Fanning). On découvre rapidement que leur engagement va prendre un tour radical et violent. Le film est un peu long à se mettre en route mais la fin apporte un suspense bien mené et Jesse Eisenberg est parfaitement inquiétant et trouble.

 

Bilan plan Orsec et films d’avril

Ce mois-ci, c’est le minimum syndical. Seulement quatre livres lus mais je reste dans mon prévisionnel Orsec !

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Mais cela va changer en mai car le mois anglais se prépare ! J’espère que vous serez nombreux à participer comme l’année dernière. Lou, Cryssilda et moi-même vous proposons déjà quelques lectures communes.

–2 juin : « Jane Eyre » de Charlotte Brontë avec Soie

–10 juin : « Waterloo Necropolis » de Mary Hooper

–19 juin : un Wilkie Collins au choix, lecture prévue pour le challenge British Mysteries de Lou et Hilde

–23 juin : « La déchéance de Mrs Robinson » de Kate Summerscale

–26 juin : un Vita Sackville-West au choix

-date à déterminer : un Jasper Fforde au choix, lecture organisée par Cléanthe

N’hésitez pas à nous en proposer d’autres ici ou sur notre groupe facebook.

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Avril était sous le signe du quatre puisque j’ai également vu quatre films ! Mes coups de coeur :

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Un vieil homme, aux tendances alcooliques marquées, pense avoir gagné à la loterie alors qu’il s’agit d’un dépliant publicitaire. Entêté, il veut absolument aller chercher son gain dans le Nebraska et il enchaîne les fugues. Le cadet de ses fils finit par le prendre dans sa voiture pour s’y rendre. Le dernier film d’Alexander Payne est un très beau et sensible road-movie qui montre une Amérique à l’abandon, des zones vidées de leur énergie et de leur vie. Le noir et blanc superbe magnifie ses paysages désolés. Le réalisateur s’attache à nouveau au lien parental et on retrouve sa mélancolie, sa tendresse et ses pointes d’ironie.

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Au Kurdistan, une jeune femme tente d’être institutrice dans la région des hauts plateaux, loin de sa tripotée de frères. Un officier de police arrive dans le même village et essaie d’y faire respecter la loi face au parrain local. Tous les deux vont s’unir contre l’obscurantisme et la corruption. Les paysages sauvages et rudes sont splendides et impressionnants. L’intrigue a des airs de western, le shérif solitaire fait régner la loi coûte que coûte. Et il y a l’actrice iranienne Galshifteh Farahani, d’une beauté à couper le souffle dans ce rôle d’insoumise. Elle vaut à elle seule le détour mais le film est à la hauteur de son talent.

Et sinon :

  • « Her » de Spike Jonze nous propose une belle idée de départ, à savoir un homme seul qui tombe amoureux d’une voix de synthèse. Étant donné notre propension à mettre de la technologie partout, l’idée est totalement crédible. Mais le film comporte des longueurs et j’ai eu l’impression que Spike Jonze ne savait pas comment terminer son histoire. En revanche, Joachim Phoenix est excellent, sobre et profond.
  • « Wrong cops » de Quentin Dupieux est le film barré du mois ! Le réalisateur français est toujours aussi barge mais cette fois l’intrigue est plus travaillée, moins expérimentale. Le cœur du film est une bande de flics corrompus, drogués, obsédés et aimant la musique techno. C’est drôle, loufoque et à réserver aux spectateurs avertis ! A noter, une extraordinaire prestation de Marilyn Manson, méconnaissable  et parfaitement dans le ton de Dupieux.

Bilan plan Orsec et films de mars

Et revoici venu le temps du bilan du plan Orsec lancé par George et Miss Bouquinaix. Ce mois-ci mon contrat est parfaitement rempli avec trois livres de ma PAL et un de ma PAL prêt. Croisons les doigts pour que ça dure….

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Passons maintenant aux films que je suis allée voir en mars.

Mes coups de cœur :

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 Gustave H (Ralph Fiennes) est le majordome du Grand Budapest Hotel perché sur une montagne. Il est très à l’écoute des besoins des clients (surtout les clientes d’un certain âge) qui reviennent dans cet hôtel pour le plaisir de le revoir. La vie de Gustave H se complique lorsqu’il est soupçonné d’avoir assassiné une cliente. On retrouve toute la loufoquerie et la mélancolie de Wes Anderson dans ce film. Les décors sont extrêmement soignés et colorés. L’ambiance est celle d’une Mittleuropa sur le point de disparaître, le fascisme commence à monter. Comme toujours chez Wes Anderson, toute une galerie de personnages défile devant nous, les caméos de sa bande d’amis font sa marque de fabrique.

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Julie Bertucelli réalise un formidable documentaire sur une classe d’accueil pour primo-arrivants. Les jeunes ont entre 11 et 15 ans et viennent de partout : Irlande, Chili, Serbie, Chine, plusieurs pays d’Afrique, etc… Ils sont là pour apprendre le français et ils abordent tous les sujets. Ils débattent sérieusement, ils se chamaillent, tournent un film, pouffent de rire, deviennent inséparables. Au détour des cours, on découvre des vies bouleversantes marquées par la violence, la pauvreté, l’exil politique, l’intégrisme. Ces enfants ont envie d’apprendre le français pour mieux vivre dans leur nouveau pays, pour recommencer à zéro. C’est un documentaire plein de vie, d’énergie, d’émotion et d’espoir.

Et sinon :

  • « Aimer, boire et chanter », le dernier film d’Alain Resnais, reprend les codes utilisés dans « Smoking, no smoking » : les décors sont dessinés, les acteurs rentrent et sortent comme s’ils étaient sur une scène de théâtre. Il s’agit de la troisième adaptation par Resnais du dramaturge Alan Ayckbourn. Toutes les femmes du film (Sabine Azéma, Sandrine Kiberlain et Caroline Silhol) se disputent les faveurs de George que l’on ne verra jamais. Leurs maris (Hippolyte Girardot, Michel Vuillermoz et André Dussolier) sont quelque peu perplexes… Les relations de couple y sont donc disséquées avec beaucoup d’humour et d’ironie.
  • « Ida » de Pawel Pawlikowski : A quelques jours de ses vœux, une jeune nonne découvre ses origines juives et l’existence d’une tante. Toutes deux vont chercher à connaître la vérité sur la mort des parents d’Ida. Film très touchant sur la culpabilité polonaise tenu par une jeune actrice formidable et un somptueux noir et blanc.
  • Un week-end à Paris de Roger Michell : Un couple d’anglais (Jim Broadent et Lindsay Duncan) reviennent à Paris où ils avaient passé leur voyage de noce trente ans plus tôt. Le couple se dispute beaucoup à travers les rues de la capitale et dans leur chambre d’hôtel. C’est un divertissement plutôt agréable et sympathique. Il m’a surtout donné envie de revoir « Bande à part » de Godart auquel il est fait référence à plusieurs reprises.

 

Guerre et amour de Woody Allen

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« Guerre et amour » de Woody Allen est une parodie du roman de Tolstoï. Le scénario prend beaucoup de liberté avec l’intrigue de départ. Fils cadet d’un petit propriétaire terrien (son lopin de terre se limite à un ridicule bout de pelouse qu’il a toujours sur lui), Boris (Woody Allen) est amoureux de sa cousine Sonia (Diane Keaton). Mais celle-ci ne s’intéresse qu’à Ivan, le frère aîné de Boris, qui lui même est amoureux d’une autre femme. Sonia épouse alors le premier qui passe au grand désespoir de Boris. La guerre contre Napoléon éclate alors.

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Il y a quand même des points communs entre les deux œuvres puisque  nous sommes à la même époque en Russie. Boris est un piètre et pleutre soldat, il n’arrive pas à se servir de son fusil à l’entraînement. Le personnage de Boris reprend celui de Pierre : il affronte plus fort que lui en duel ; il tente d’assassiner Napoléon ; il est fait prisonnier. On trouve également dans « Guerre et amour » des tirades philosophiques qui sont filmées à la manière de Ingmar Bergman.

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« Guerre et amour » est totalement dans la veine des premiers films de Woody Allen : burlesque où les gags et les jeux de mots s’enchaînent. A noter un dialogue excellent au cachot où Boris et son père se parlent uniquement en employant des titres de Dostoïevski !

Le mois de mars se termine, je vais laisser Natacha, André et Pierre à leurs aventures sur celluloïd et sur papier. Après plus de quinze heures de visionnage, je ne me suis pas lassée d’eux, signe que l’histoire de Tolstoï est exceptionnelle et dense.

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Guerre et paix de Matilde et Luca Bernabei et Nicolas Traube

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Autant le dire tout de suite, cette adaptation de « Guerre et paix » est totalement catastrophique. Il faut chercher pour retrouver les scènes et la chronologie du roman. Tout est traité avec un manque de subtilité et une sensiblerie pénible. Le premier épisode de la série en est la démonstration calamiteuse. Une des premières scènes se déroule chez les Rostov où est organisé un bal. Natacha (Clémence Poésy) descend un escalier au bas duquel se trouve le prince André (Alessio Boni). C’est le coup de foudre, Natacha pense déjà qu’il est l’homme de ses rêves. Pire, André lui-même est sous le charme et ne pense plus dès lors qu’à la ravissante comtesse Rostov. Toute la scène est un contresens total puisque c’est à la mort de sa femme que André commence à s’ouvrir à la vie et aux autres. Tout l’histoire d’amour de Natacha et André est traitée de cette façon, tout est tiré vers le mélo, le larmoyant. C’est le cas également de l’histoire entre Anatole Kouraguine et Natacha. Le séducteur sans cœur est ici amoureux fou de Natacha ! Les sentiments amoureux d’Anatole se doublent d’une histoire de vengeance envers le prince André qui l’aurait obligé à épouser une paysanne lors d’une campagne militaire. Ces quelques remarques vous montrent l’ampleur du désastre et à quel point le scénario s’éloigne du roman.

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Et ce traitement larmoyant de « Guerre et paix » est fort dommage car cette adaptation avait de bons atouts. Des trois adaptations que j’ai regardées, celle-ci est la seule à rendre leur importance à Nicolas Rostov et à la princesse Marie Bolkonsky. Dans l’ensemble, les acteurs sont bons : Alessio Boni est un plaisant prince André, Alexandre Beyer réussit plutôt bien  dans le rôle de Pierre. Je suis moins convaincue par la prestation de Clémence Poésy dont la voix toujours dans un souffle finit par agacer. J’aurais aimé les voir dans une adaptation à la hauteur de l’œuvre de Tolstoï. Les costumes et les décors sont également somptueux.

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Cette version de « Guerre et paix » est une grande déception. Tirant sans cesse vers l’excès de sentimentalité, elle passe totalement à côté de son sujet.

Guerre et paix de Sergueï Bondartchouk

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L’adaptation de « Guerre et paix » de Sergueï Bondartchouk a été réalisée de 1965 à 1967. L’ensemble dure 7h10 et est composé de quatre parties comme le roman, elles sont intitulées : Andreï Bolkonski, Natacha Rostov, 1812 et Pierre Bezoukhov. Le film est l’un des plus chers de toute l’histoire du cinéma.

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Bien entendu en 7h10, Sergueï Bondartchouk a le temps de rendre toute l’ampleur du roman de Tolstoï et toute la complexité des personnages et il choisit de se concentrer principalement sur les trois principaux. Il y a une forte concordance entre les scènes montrées par King Vidor et celles de Bondartchouk.  Et ce dernier s’est donné les moyens de marquer les esprits, certaines scènes sont proprement spectaculaires comme la prise de Moscou où règne le chaos ou la bataille de Borodino et ses 120 000 figurants. Les deux grandes scènes de bataille, Austerlitz et Borodino, sont formidablement filmées, chorégraphiées à l’instar de la grande scène du bal où Natacha fait ses débuts. Cette recherche de mise en scène ne nuit pas au réalisme de ces scènes. Et il me semble qu’elles montrent assez bien ce que signifiait la guerre à cette époque : des attaques frontales, des centaines de milliers de pauvres soldats emmenés au front et tant de sacrifiés, des conditions de vie déplorables.

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Les scènes de vie civile et mondaine sont également réussies et très travaillées. Il faut souligner le choix de Bondartchouk de conserver l’emploi du français lors des réceptions de la haute société ce qu’avait également fait Tolstoï dans son roman (en tout cas dans la première version). J’ai beaucoup aimé la scène du premier bal de Natacha. Elle y arrive excitée par ce rendez-vous où sa vie semble commencer véritablement. Mais au départ personne ne la remarque. Elle nous fait face, elle regarde les danseurs avec un air de plus en plus triste. Derrière elle, un grand miroir nous montre les couples tournoyant au rythme de la musique. A un moment, passe le Prince Andreï, apparition furtive annonciatrice de leur rencontre. Entre ces différentes scènes, Sergueï Bondartchouk insiste beaucoup sur la présence de la nature par des images élégiaques des bois, des vallées. Cela donne un côté panthéiste au film que n’aurait pas renié Tolstoï.

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Les trois principaux acteurs sont au diapason de leurs personnages. Viatcheslav Tikhonov me semble trop âgé pour le rôle du Prince Andreï mais se dégage de son visage beaucoup de dignité et de noblesse. Mais, comme dans le film de King Vidor, la scène de sa mort est loin d’être le meilleur du film. Lioudmila Savelieva incarne la frivolité, l’insouciance de Natacha puis, au fil des évènements, elle gagne en gravité et en profondeur. Bondartchouk semble l’avoir choisi pour sa ressemblance avec Audrey Hepburn. Le réalisateur s’est lui-même emparé du rôle de Pierre : l’austérité et la discrétion même !

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Cette longue et fidèle adaptation de « Guerre et paix » est certes austère, un peu surannée par certains côtés mais je ne l’ai à aucun moment trouvée ennuyeuse. C’est une fresque spectaculaire et démesurée (assez russe en somme !). Encore une fois, l’épilogue du roman est supprimée, le film s’achève au moment des retrouvailles de Pierre et Natacha.

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Guerre et paix de King Vidor

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Ma chère Eliza nous a proposé de passer le mois de mars en Russie en compagnie de Léon Tolstoï et de son chef-d’œuvre « Guerre et Paix ». Ne souhaitant pas me replonger tout de suite dans le roman, j’ai décidé d’accompagner les valeureuses lectrices en regardant différentes adaptations du roman et je commence aujourd’hui par celle de King Vidor datant de 1956.

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La scène d’ouverture sert ici d’exposition : nous sommes chez les Rostov qui regardent passer une parade militaire par leurs fenêtres. Nous y faisons directement connaissance avec Pierre Bezoukhov (Henry Fonda) et la délicieuse Natacha Rostov (Audrey Hepburn). Cette scène n’existe bien entendu pas dans le roman mais nous retombons rapidement sur nos pieds avec la scène où Pierre part faire la fête avec Kouraguine et Dolokhov.

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Dans l’ensemble, le film de King Vidor respecte l’intrigue du roman et reprend les scènes importantes. Le duel de Pierre est une belle scène à la lumière froide et à l’atmosphère crépusculaire. La bataille de Borodino est très réussie, elle a de l’ampleur et du souffle. De même, la traversée de la Bérézina par les troupes françaises montre bien l’ampleur du désastre. Napoléon regarde ses troupes sombrer avec un regard las et désespéré. Dans l’ensemble, les décors sont très élégants et sobres. La palette de couleurs des intérieurs aussi bien que des costumes est pastel et pleine de gaieté. Elle s’assombrit en même temps que les évènements.

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Parlons maintenant du casting. Henry Fonda est excellent dans le rôle de Pierre, il porte le personnage avec la dignité et la gravité qui se doit. Sa prise de conscience, à Borodino, de la nature sanguinaire des guerres menées par son héros Napoléon est un moment fort et juste. Je suis beaucoup moins enthousiaste envers la prestation de Mel Ferrer qui joue le prince Andreï Bolkonski. Il est vrai que je suis exigeante pour ce personnage qui est mon préféré de la fresque de Tolstoï. Mais là, je trouve Ferrer assez fade et par moments un peu niais. La scène de la mort d’Andreï est un moment totalement raté et ridicule. J’ai gardé le meilleur pour la fin : la perle de cette adaptation c’est l’exquise Audrey Hepburn. Elle est absolument parfaite dans le rôle de Natacha Rostov : insouciante et virevoltante au début du film, humaine et responsable à la fin. Sa prestation est un ravissement de chaque instant, le film vaudrait d’être vu uniquement pour la voir évoluer.

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Le film de King Vidor est de facture très classique ; de par ses acteurs et ses décors elle est très plaisante à voir. C’est probablement la plus abordable et celle que je conseillerais à quelqu’un qui voudrait voir une adaptation de « Guerre et paix ». Il faut néanmoins préciser que la fin est malheureusement très hollywoodienne. Une fois la guerre terminée, Natacha et Pierre se retrouvent et se promènent main dans la main dans un champ verdoyant au son d’une symphonie glorieuse.

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Bilan plan Orsec et films de février

Depuis janvier, George et Miss Bouquinaix ont mis en place un plan Orsec pour sauver nos PAL en danger. Je me suis engagée à lire chaque mois 2 livres de ma PAL et 1 de ma PAL prêt (c’est un problème d’avoir des copines blogueuses !). Comme vous allez le constater, le contrat a bien été rempli en janvier mais un peu moins en février. Il va falloir que je me rattrape !

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Ce bilan mensuel me permet d’inaugurer un nouveau rendez-vous : les films du mois. Je me suis rendue compte que je ne partageais plus mes sorties ciné avec vous. Et pourtant, je continue à user mes pantalons dans les fauteuils rouges des salles obscures.

Voici mes coups de cœur de février :

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Lulu passe un entretien d’embauche pour être secrétaire mais peu sûre d’elle et sans expérience elle est refusée. Elle téléphone à son mari qui l’engueule et lui dit qu’elle s’est ridiculisée en allant à cet entretien. Lulu manque son train et commence alors une fugue loin de son foyer, une errance libératoire où les belles rencontres vont se multiplier. « Lulu femme nue » est un très beau film sur la renaissance d’une femme qui se laisse vivre et oublie le temps de quelques jours le poids des responsabilités. Le film est porté par une Karin Viard lumineuse entourée par Bouli Lanners, toujours parfait, et Claude Gensac, émouvante et attachante.

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Vous ne regarderez plus votre boîte à sucre de la même manière après avoir vu « Minuscule ». La découverte de l’une d’entre elles par des fourmis noires va occasionner moultes aventures trépidantes et surtout une rencontre avec une charmante coccinelle. C’est un régal absolu de voir évoluer ces insectes vrombissant et bourdonnant. C’est drôle, émouvant, intelligent et cerise sur la gâteau : il y a un clin d’œil à « Psychose » qui a fini de me faire craquer pour ce film d’animation très réussi.

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« Le vent se lève » est le dernier opus de Hayao Miyazaki, le grand magicien du dessin animé prend sa retraite. On retrouve dans ce film sa grande obsession du vol. Son personnage principal, qui a existé, Jiro, ne rêve que de voler. Ayant une mauvaise vue, il ne peut devenir pilote et devient donc ingénieur aéronautique. Il sera le créateur du fameux avion zéro (la redoutable arme japonaise durant la 2nd Guerre Mondiale). Il y a moins de fantaisie dans ce dernier film que dans les précédents, moins de magie et de fantastique. Et je pense que cela m’a manqué, certains passages sur la création du modèle zéro m’ont semblé un peu longs. Malgré cela, je reste enchantée par l’univers de Miyazaki, ses dessins sont magnifiques et poétiques.

Et sinon :

  • « Much ado about nothing » de Joss Whedon est une adaptation honnête de la pièce de Shakespeare avec de bons comédiens mais qui n’arrive pas au niveau de celle de Kenneth Brannagh.
  • « Philomena » de Stephen Frears a un joli casting (Judi Dench et Steve Coogan) pour nous raconter l’histoire de cette irlandaise qui cherche à retrouver son fils qui lui a été enlevé cinquante ans plus tôt. L’émotion et l’humour se marient pour ce plaisant divertissement.
  • « American bluff » de David O’Russel. Contrairement au titre, vous ne serez pas bluffés par cette arnaque simplette et banale. Les acteurs, très bien, ne sauvent pas ce film beaucoup trop long.
  • « Les grandes ondes (à l’ouest) » de Lionel Baier est un road movie à travers le Portugal de 1974 où une équipe de journalistes suisses est envoyée pour mettre en valeur l’aide apportée par leur pays aux Lusitaniens. Et ils tombent au moment de la révolution des Œillets. Une comédie délicieuse, pleine de joie de vivre avec un casting impeccable.