
« Fernando Teixeira n’avait pas de chance. Ni aux dès -c’est pourquoi il s’abstenait pour sa part de jouer – ni, à son avis, en quoique ce soit. Toujours au mauvais endroit au mauvais moment depuis qu’il avait vu le jour. » Le mois de janvier 1627 allait confirmer la malchance de Fernando, soldat de l’armée portugaise renégat et voleur, puisque la caraque São Bartolomeu, où il se trouve, va s’échouer sur la côte du Médoc. Il en est à son deuxième naufrage depuis qu’il s’est engagé en 1616 pour renforcer les garnisons de Goa et d’Inde. Des dunes du Médoc surgissent les pilleurs d’épave et une jeune femme, Marie, au tempérament bien trempée, qui vit cachée chez son oncle. Venant de São Salvador de Bahia, Diogo et son ami Ignacio s’échouent sur la même plage que Fernando. Le destin de ces quatre personnages vont se lier de manière inextricable.
Avec « Presqu’îles », Yan Lespoux nous avait offert un recueil de nouvelles, enracinées dans le Médoc, au ton noir et aux chutes particulièrement réussies. Des pépites de concision qui ne nous laissait pas prévoir ce que l’auteur mijotait. « Pour mourir, le monde » est une fresque historique, épique que n’aurait pas renier R.L. Stevenson. Un pur plaisir de lecture qui nous entraine du Portugal à l’Inde, en passant par le Brésil et s’achevant dans le Médoc cher à l’auteur. Après un premier chapitre saisissant sur le naufrage de plusieurs navires portugais, il développe les destins de ses personnages à rebours et nous montre comment ils vont finir par se croiser sur les côtes françaises. Yan Lespoux s’appuie sur des évènements historiques et un vocabulaire maritime très précis pour ancrer sa formidable fiction dans la réalité. Le reste n’est qu’une flamboyante et rocambolesque aventure qui passionne le lecteur durant 400 pages.
« Pour mourir, le monde » est un roman haletant, riche en rebondissements, en personnages marquants (Dom Manuel de Méneses, capitaine engoncé perpétuellement dans son manteau noir est l’un d’entre eux) et à l’écriture fluide. Qu’attendez-vous pour embarquer aux côtés de Fernando Teixeira ?








