Johann Friedrich von Allmen ne change pas ses habitudes : il est totalement ruiné mais il garde son train de vie luxueux. Certes il vit dorénavant dans la maison du jardinier, le précieux Carlos, mais cela de l’empêche pas d’avoir un abonnement à l’opéra, de fréquenter les palaces et de boire du champagne. Nous l’avions pourtant quitté avec de l’argent plein son compte en banque. Mais Allmen a fini par tout dépenser. Le voici donc contraint à créer une entreprise de détective : Allmen International Inquiries. Enfin créer est un bien grand mot, sans Carlos rien n’aurait pu se faire : « Pour être précis, ce n’était pas Allmen International qui avait réalisé les investissements. C’était Carlos. Il avait – et ce n’était pas le première fois depuis la création de l’entreprise – concédé à l’agence un prêt sur sa part de la prime reçue pour les coupes aux libellules et sur ses économies personnelles. (…) A proprement parler, Allmen International Inquiries appartenait à Carlos Santiago de Leon. Mais comme son statut de clandestin le contraignait à rester un partenaire « silencieux », le registre du commerce n’avait gardé aucune trace de cette froide expropriation. » Notre fine équipe réussit à se faire engager par un certain Montgomery qui la charge de retrouver un diamant rose de trente millions de livres. Montgomery connaît le contact de ceux qui ont fait le coup : un russe du nom de Sokolov. Allmen se met à sa poursuite.
Un mot me semble parfaitement convenir aux aventures d’Allmen : l’élégance. Le personnage l’est indéniablement, il est un véritable dandy aux goûts raffinés. L’argent est un détail, une préoccupation accessoire. L’affaire du diamant rose lui permet de continuer à fréquenter les palaces où il réussit à lier connaissance avec Sokolov. Bien entendu, la désinvolture et l’indolence d’Allmen font toujours irrésistiblement penser à notre Arsène Lupin national. Ils ont beaucoup en commun même si notre suisse a finalement choisi la légalité pour tenter de renflouer ses caisses. L’histoire du diamant rose va lui faire découvrir les méandres de la finance internationale et le pouvoir infini de l’informatique. Pour résoudre cette affaire, Allmen passera des ors de la haute société au glauque de bars de striptease tout en gardant un flegme parfait. Et rien de tout cela ne serait possible sans le talent discret de Carlos qui assure les arrières de son patron. Un duo qui reste efficace et cocasse.
L’élégance d’Allmen c’est également celle de Martin Suter et de son écriture. L’intrigue est rythmée et bien ficelée. Allmen est décidément un personnage séduisant et attachant que j’ai eu plaisir à retrouver. Si vous n’avez pas encore fait connaissance avec Allmen, je vous propose de le faire grâce à un jeu concours ouvert en priorité aux personnes ayant déjà laissé un commentaire sur ce blog.
Voici la question à laquelle vous devez répondre pour remporter l’un des cinq exemplaires :
Quel artiste est le créateur des coupes aux libellules qui étaient au centre du premier volet des aventures d’Allmen ?
J’attends vos réponses jusqu’au 29 mai à l’adresse suivante : plaisirsacultiver@yahoo.fr
Merci à Julie et aux éditions Points.













