
A Pemberley House, en ce vendredi 14 octobre 1803, se prépare un grand bal. Elizabeth Darcy et son époux ont décidé de remettre au goût du jour le bal de Lady Anne, la mère de Fitzwilliam Darcy. Tous les habitants de la splendide demeure sont bien occupés par ce grand évènement qui doit avoir lieu le lendemain. Plusieurs membres de la famille sont déjà arrivés : Jane Bingley, la sœur d’Elizabeth, et son mari, ainsi que le colonel Fitzwilliam, cousin de Mr Darcy. Dans la soirée, une tempête se déchaîne : « La tempête qui faisait rage au-dehors ne contribuait guère à détendre l’atmosphère. Le vent s’engouffrait de temps en temps dans la cheminée, le feu sifflait et crachotait comme un être vivant et il arrivait qu’une bûche embrasée se brise dans un spectaculaire jaillissement de flammes, projetant sur les visages des convives un bref éclat rouge qui leur prêtait un aspect fiévreux. » C’est dans cette ambiance agitée qu’arrive, dans la cour de Pemberley à vive allure, un équipage à bord duquel se trouve une femme hystérique. Celle-ci est en fait Lydia Wickham, la sœur d’Elizabeth et Jane. Elle venait assister au bal auquel elle n’était d’ailleurs pas invitée. En descendant de sa voiture, Lydia se met à hurler : « Wickham est mort ! Denny l’a tué ! Allez donc le chercher voyons ! Mais que faites-vous ? Ils sont là-bas, dans les bois ! Faites quelque chose ! Oh, mon Dieu, il est mort, j’en suis certaine ! » Mr Darcy lance alors les recherches sur son domaine.
Quel plaisir de retrouver Pemberley et ses habitants ! PD James rend hommage à Jane Austen et son roman le plus connu « Orgueil et préjugé ». Pour ceux qui ne l’auraient pas lu (eh oui il y en a encore !), l’auteur anglais rappelle les différents évènements de l’intrigue d’origine dans son prologue et au fil du livre. Le dernier PD James peut donc être lu par tous. Mais bien entendu il s’adresse en priorité aux amoureux de la grande romancière du XVIIIème. Le cadavre retrouvé dans les bois de Pemberley est un prétexte pour PD James. L’intrigue policière n’est pas extrêmement prégnante. Le système judiciaire de l’époque est certes fort bien documenté mais j’ai trouvé la fin un peu rapide. La révélation finale arrive très brusquement, à point nommé et du coup semble artificielle. L’intérêt du livre est bien évidemment la reconstitution de l’univers austenien. PD James écrit dans la langue, l’esprit de Jane Austen. La psychologie des personnages est parfaitement respectée. Elle décrit parfaitement l’univers, les mœurs dans lesquels les Darcy évoluent. Des clins d’œil aux autres romans amuseront également les amoureux de la romancière. Il ne manque que la piquante ironie de Jane Austen pour rendre le style de « La mort s’invite à Pemberley » parfait.
PD James rend un hommage délicieux à « Orgueil et préjugé » qui ravira les lecteurs de l’original. Voici une austenerie de qualité, respectant l’univers, la langue et les personnages.
Une lecture commune avec ma chère Lou.









