Partners in crime BBC 2015

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« Partners in crime » est une série en six épisodes diffusée par la BBC. Ils sont tirés des aventures de Tuppence et Tommy Beresford. Les trois premiers épisodes sont adaptés de « The secret adversary » et les trois derniers de « N or M ? ».

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« The secret adversary », traduit en français par « Mr Brown », est la première aventure où apparaît le couple Beresford. Dans le roman, ils se retrouvent après la première guerre mondiale. Il s’étaient perdus de vue et étaient tous deux bien démunis pécuniairement, d’où l’idée de Tuppence de mettre une petite annonce dans le journal pour proposer leurs services de jeunes aventuriers. Agatha Christie a, par la suite, fait vieillir Tuppence et Tommy au fur et à mesure des quatre romans et la vingtaine de nouvelles qu’elle leur a consacrés.

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Dans la série, nous avons tout de suite à faire un couple avec enfant qui s’encroute et qui s’ennuie au quotidien. Les personnages sont donc plus âgés que dans le premier roman. L’intrigue a également été remaniée, je suppose qu’il en est de même pour « N or M ? » que je n’ai pas encore lu. Malgré ses modifications, la série est très fidèle à l’esprit des romans d’Agatha Christie. Les épisodes sont plein de rebondissements, rythmés et émaillés d’humour.

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Comme dans les romans, Tuppence est la plus aventurière, elle n’a pas froid aux yeux et on l’imagine mal comme mère au foyer. Tommy la suit bon gré mal gré, il est plus prudent, plus maladroit mais il s’affirmera petit à petit. J’ai bien retrouvé les caractères des deux personnages inventés par Agatha Christie, la prudence de l’un contre-balançant la témérité de l’autre. Le couple, incarné par Jessica Raine (« Call the midwife ») et par David Walliams, est pétillant, charmant et le duo d’acteurs fonctionne à merveille.

Encore une série de la BBC qui est réussie, soignée, réjouissante et  avec un duo d’acteurs impeccables. A voir naturellement !

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Bosch – la série

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Le premier épisode s’ouvre sur une course poursuite entre Bosch (Titus Welliver), son coéquipier (Jamie Hector) et un supposé serial killer. Bosch se retrouve à courir seul après le suspect et finit face à lui au fond d’une ruelle mal éclairée. L’homme sort une arme et Bosch l’abat. Il est blanchi par le LAPD mais deux ans après les faits, la veuve du suspect attaque Bosch en justice en arguant du fait que son mari n’avait pas d’arme sur lui.

Parallèlement à cela, Bosch est appelé par un médecin dont le chien a ramené un os humain d’une balade en forêt. C’est en fait le squelette d’un enfant de treize ans qui est retrouvé dans le sous-bois. Le garçon avait disparu en 1989 et il a été visiblement assassiné.

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La série mélange deux romans de Michael Connelly : « Wonderland avenue » (dont le titre original est « City of bones ») et « La blonde en béton ». L’intrigue se déroule sur les dix épisodes de la série. Elle est très fidèle au roman et pour cause Michael Connelly en est l’un des producteurs. Ce qui, me semble-t-il, est un gage  de respect de l’œuvre initiale et de son esprit. Parmi les producteurs, on trouve également Eric Overmeyer qui a précédemment officié pour « The wire » (Jamie Hector et Lance Reddick, l’adjoint au chef de la police, étaient tous deux acteurs dans cette géniale série) et « Treme ».

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« Bosch » est une série aussi soignée que les deux sus-nommées au niveau de la réalisation et du casting. L’ambiance est sombre, tendu et glauque. Los Angeles tient une véritable place dans la série avec notamment beaucoup de scènes de nuit et de vues de la maison de Bosch sur les hauteurs de la ville.

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Le choix de l’acteur principal est excellent, Titus Welliver incarne parfaitement le détective de Connelly : obsédé par son travail, solitaire, bourru et surtout intègre. Pendant toute la saison 1, il nous démontre également son peu d’amour pour la hiérarchie. Les scénaristes nous permettent de découvrir le personnage par petites touches : le meurtre de sa mère, son enfance dans une maison de redressement, sa difficulté à trouver du temps pour voir sa fille. Un personnage qui se révèle complexe et hanté par un passé douloureux.

« Bosch » est une série policière classique à l’image des romans de Michael Connelly, c’est sombre et efficace. Mention spéciale à Titus Welliver qui donne chair au personnage de Bosch de belle manière.

True detective saison 2

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J’attendais beaucoup de la saison 2 de True detective tant la première avait été envoûtante et surprenante.

Bien loin de la Louisiane de la saison 1, nous sommes plongés dans la ville imaginaire de Vinci en Californie, un lieu malsain où règne la corruption et les trafics en tout genre. Est annoncé un projet de train à grande vitesse auquel participe Frank Semyon (Vince Vaughn), un gangster local essayant de devenir un homme d’affaires respectable. Il a à sa botte Ray Velcoro (Colin Farrell), un flic qu’il avait aidé des années auparavant après le viol de sa femme. Velcoro doit enquêter sur la disparition de Ben Casper, lui aussi investisseur dans le nouveau projet ferroviaire. Son corps est rapidement retrouvé sans vie au bord d’une route par un flic à moto, Paul Woodrugh (Taylor Kitsch). Sa mort étant des plus suspectes, la police d’État se mêle à l’enquête en la personne de Antigone Bezzerides (Rachel McAdams).

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Il faut le dire tout de suite, la saison 2 est loin d’être à la hauteur de la première. Le défaut majeur de cette saison est le scénario incompréhensible. Embrouillé, confus, il est plus que difficile d’en suivre les très nombreuses ramifications. L’intrigue de départ, la disparition de Ben Casper, est mal présentée, ses implications trop vite balayées et d’entrée le spectateur peine à comprendre. Et il tentera désespérément de rassembler les morceaux du puzzle tout au long des huit épisodes. J’ai cherché un point de vue, un angle pour comprendre pleinement cette intrigue : la question des relations parents-enfants, la chute de deux hommes (Velcoro et Semyon) essayant un retour à la légalité, un hommage aux films noirs. Impossible de savoir ce que Nic Pizzolatto, le créateur de la série, a voulu mettre en avant et nous raconter.

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De même, ce qui avait fait le charme de la première saison, à savoir son atmosphère, n’est pas au rendez-vous ici. Autant le bayou et la Louisiane étaient incarnés, autant la ville de Vinci ne réussit pas à exister. Malgré des moments lynchiens, les acteurs ne s’inscrivent dans aucun cadre. Pourquoi ne pas avoir choisi carrément Los Angeles, ville symbole du roman noir, pour donner corps à cette intrigue ?

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Tout n’est pourtant pas à jeter dans cette saison. Le générique est encore une fois parfait et intrigant. De très belles scènes émaillent la série : la fusillade de l’épisode 4, la fin de l’épisode 2 ou l’orgie de l’épisode 6. Les acteurs n’ont rien à se reprocher, ils sont crédibles avec une mention spéciale pour Rachel McAdams, impeccable de bout en bout.

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Trop peu de temps pour retravailler son scénario, trop de réalisateurs pour cette saison alors qu’un seul avait tourné la saison précédente, cela peut expliquer les problèmes et les ratages. Espérons que Nic Pizzolatto saura se ressaisir pour nous offrir une troisième saison aussi forte et audacieuse que la première.

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Fortitude

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 Fortitude est une petite ville au coeur de l’Arctique. De nombreux chercheurs y travaillent sur l’évolution des espèces et du climat. Tout le monde se connaît et la vie s’écoule paisiblement, aucun incident n’est jamais venu troubler la communauté. Il n’y a d’ailleurs que quatre policiers à Fortitude et plutôt présent pour s’assurer que les habitants s’arment bien contre les ours polaires. La tranquillité de la ville va pourtant être mise à mal par la mort (accidentelle ?) de Billy Pettigrew, puis par celle de Charlie Stoddart (Christopher Eccleston). Ce dernier est un chercheur qui semble avoir fait une importante découverte sur le permafrost le jour de sa mort. Son corps semble avoir été déchiqueté. La police britannique dépêche sur les lieux le DCI Morton (Stanley Tucci) pour aider la police locale à faire la lumière sur ces évènements.

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Fortitude est une série dont l’atmosphère prime sur l’intrigue. En ce sens, elle m’a vraiment évoquée « Twin Peaks ». L’ambiance de cette ville de l’Arctique est pesante, étouffante, très sombre. Les relations entre les personnages sont tendues, agressives voire violentes. On sent que beaucoup de choses sont cachées à Morton qui sert de révélateur, de catalyseur aux révélations qui ne demandent qu’à sortir. L’inspecteur est quasiment le seul étranger dans cette communauté en vase clos ce qui peut également évoquer « Broadchurch » où un inspecteur venu d’ailleurs enquête sur la mort d’un enfant dans un petit village.

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Le casting de la série est remarquable et international : Michael Gambon, Sofie Grabol de « The killing », Christopher Eccleston (qui malheureusement ne fait que passer), Stanley Tucci ou Jessica Raine de « Call the midwife ». Ils participent tous à la mise en place de l’atmosphère étrange, malsaine. Alors il faut bien avouer que l’intrigue policière se dilue un peu au fil des épisodes et elle n’est pas la raison pour laquelle je suis allée au bout de la série. Elle est néanmoins pleine de rebondissements et matinée de science-fiction, d’écologie et de lutte de pouvoir.

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« Fortitude » est une série surprenante de part le lieu où elle se déroule et de part son atmosphère. Ce n’est pas un coup de cœur mais j’ai eu plaisir à la regarder.

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Mapp & Lucia

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A Tilling dans le Sussex, a lieu tous les étés une drôle de migration. Les habitants louent les maisons de leurs voisins, chacun passant dans la demeure de l’autre lorsque les beaux jours arrivent. Ce manège semble ne profiter qu’à une seule personne : Miss Elizabeth Mapp qui loue sa maison à une étrangère et beaucoup plus chère que les autres. Miss Mapp domine le petit cercle de Tilling et dicte ses lois aux autres habitants. Elle aime être au centre de l’attention. Sa popularité va être mise à mal par la femme à qui elle loue sa maison pour l’été, Mrs Emmeline Lucas surnommée Lucia par ses proches. Elle emménage avec un ami, Mr Georgie Pilson. Et Lucia aime autant être populaire que Miss Mapp. La guerre est déclarée immédiatement entre les deux femmes. Le combat s’annonce féroce.

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Cette série de trois épisodes est tirée des livres de EF Benson. L’univers est so british. Nous sommes dans un petit village anglais aux cottages verdoyants, aux jardins bien entretenus où l’on prend le thé ou joue au bridge.  La politesse y est obséquieuse surtout entre les deux rivales. Mais sous ce vernis policé, l’ironie est mordante, les répliques acides. Lucia est une belle femme cultivée qui va rapidement éblouir les habitants de la petite bourgade par ses talents multiples (dessin, musique, capacité à parler italien) et son originalité. Miss Mapp n’aura de cesse de prouver aux autres que Lucia est un imposteur et ainsi regagner sa notoriété perdue. Et le pire dans tout ça, c’est que Lucia est bel et bien une fraude ! Elle décalque un dessin dans un livre, ne parle que trois mots d’italien et il lui faut des jours pour déchiffrer une partition ! Lucia est la reine de l’esbroufe et elle le fait avec une rare classe et une ingéniosité remarquable.

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Miranda Richardson et Anna Chancellor interprètent les deux femmes et elles sont toutes deux épatantes. Elles se complètent parfaitement et sont également bien entourées par des seconds rôles à la hauteur de ce duo. Les pauvres habitants de Tilling sont perpétuellement tiraillés entre les deux femmes  et doivent choisir leur camp.

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« Mapp & Lucia » est une série très réussie, aux saillies drôlatiques et d’une ironie féroce. Les actrices semblent prendre beaucoup de plaisir à interpréter ces deux fortes personnalités. Les trois épisodes laissent un goût de trop peu, on aimerait assister à d’autres affrontements, d’autres manigances pour attirer l’attention à soi. Une réjouissante série toute en légèreté et en humour grinçant.

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Peaky Blinders

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Birmingham, 1919, le gang des Peaky Blinders (surnom dû aux lames de rasoir cachées dans leurs casquettes) impose sa loi. Bookmakers, racketteurs, ils fournissent également leur protection aux commerçants. A leur tête, Tommy Shelby (Cillian Murphy) qui veut dominer le marché des paris. Ambitieux, il a le sens tactique et le sang-froid nécessaires pour y arriver. Pour le contrer, arrive l’inspecteur Chester Campbell (Sam Neill). Dépêché de Belfast par Winston Churchill, il vient à Birmingham pour retrouver un stock d’armes qui a été volé dans la ville. Rapidement, il soupçonne les Peaky Blinders et il envoie un agent en infiltration : la belle Grace Burgess (Annabelle Wallis). Une relation complexe et ambigüe s’installe entre ces trois personnages.

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Une fois n’est pas coutume, « Peaky Blinders » nous montre le talent des britanniques pour les reconstitutions. L’ambiance est âpre, tendue et brutale. Les gangs ne se font pas de cadeau et la violence est la règle. Une atmosphère de western flotte sur ce Birmingham d’après guerre. Celle-ci est d’ailleurs  très présente, elle a changé les hommes qui en sont revenus. Beaucoup sont traumatisés, Tommy Shelby prend de l’opium pour réussir à dormir. Les effets de la première guerre mondiale ne sont pas le seul sujet d’actualité abordé dans la série. L’IRA préoccupe également les autorités ; l’inspecteur Campbell revient de Belfast où il luttait contre l’organisation. Il veut éviter que l’IRA ne récupère le stock d’armes. Il veut également contrôler les ouvriers qui se mettent en grève pour l’amélioration de leurs conditions de travail. Le communisme commence à gagner leur adhésion.

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L’un  des atouts de cette série est l’utilisation de la musique. Les exactions des Peaky Blinders se font au rythme des White Stripes, Tom Waits, The Raconteurs et surtout Nick Cave (« Red right hand » en est le générique). Un pari audacieux qui me semble parfaitement réussi.

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Mais l’atout principal de cette série, c’est l’acteur irlandais Cillian Murphy. Il est totalement magnétique et même si le reste du casting est excellent, c’est lui qui aimante tous les regards. Il fait passer toute la complexité de Tommy Shelby, personnage tout à tour détestable et attachant. La performance de Cillian Murphy est réellement bluffante et la série ne serait rien sans son regard bleu acier.

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« Peaky Blinders » est une série que je vous recommande malgré une intrigue qui démarre lentement et quelques afféteries dans la réalisation (surtout des ralentis inutiles). Cillian Murphy m’a totalement emballée, il construit son personnage avec beaucoup de subtilité et de sensibilité. Un grand acteur,découvert chez Ken Loach, que j’aimerais voir plus souvent.

L’auberge de la Jamaïque, BBC

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La BBC a sorti cette année une adaptation du roman de Daphné du Maurier. Je suis ressortie mitigée du visionnage des trois épisodes.
Le gros point fort de cette série est la reconstitution comme souvent avec la BBC. L’ambiance sombre de l’œuvre de Daphné du Maurier est parfaitement rendue : la lande désolée, les marécages, le brouillard de la côte, les nuages obscurcissant sans cesse les paysages et l’auberge délabrée pourrissant d’humidité. C’est visuellement splendide et très plaisant à regarder. Je souligne également la réussite de la scène de naufrage aussi marquante que terrible.

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Le casting est également à la hauteur. Jessica Brown Findlay est une excellente Mary Yellan, revêche et farouche. Sean Harris, dont je vous ai parlé récemment dans mon billet sur « Southcliffe », joue un Joss Merlyn complexe, torturé par ses agissements. Matthew MacNulty incarne un Jem séduisant et rustre. Le choix des acteurs est toujours de qualité dans les productions la BBC.

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Malheureusement trop de libertés ont été prises avec le texte original. La première concerne la tante de Patience de Mary Yellan. Dans l’adaptation, celle-ci participe activement aux activités illégales de son mari ce qui est un contresens absolu. Dans le roman, c’est une femme terrorisée par son mari, tétanisée et peureuse. En aucun cas, elle ne soutient son mari et c’est pour la sauver que Mary reste à l’auberge de la Jamaïque. Dans la version de la BBC, l’héroïne n’a plus de raison de rester chez son oncle, cela faiblit la bonté de son âme.

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Ensuite, il y a un problème dans la relation entre Mary et Jem. Mary se jette littéralement sur le jeune homme pour l’embrasser et accepte même de le suivre dans une chambre d’hôtel ! Je rappelle que nous sommes au 19ème siècle et que Mary est une jeune femme droite et pleine de principes. Je sais bien qu’il faut pimenter les choses pour les spectateurs contemporains mais il y a tout de même des limites.
Enfin, le vicaire est affublé d’une sœur qui n’apporte strictement rien à l’intrigue et à son développement, quel est l’intérêt de la créer ?

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Comme vous pouvez le voir, je ne vous ai pas menti lorsque je vous ai dit que j’étais mitigée ! C’est fort dommage lorsque l’on voit la qualité des acteurs et la splendeur des paysages.

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Southcliffe

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Dans la petite ville de Southcliffe dans le Kent, une détonation retentit. Une femme s’écroule dans son jardin, abattue froidement et sans raison apparente. Bientôt d’autres coups de feu se font entendre. Ce 2 novembre 2011 est celui où Southcliffe bascule dans l’horreur et la douleur. Un homme tire au hasard dans la ville et finit par se suicider. La télévision est envoyée sur place et plus précisément David Whitehead (Rory Kinnear) qui est originaire de Southcliffe. Il découvre une ville sous le choc, anéantie par le drame.

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Si vous avez aimé la formidable et passionnante série « Broadchurch », vous devriez être captivés par « Southcliffe ». La problématique est la même : comment survivre à un drame ? Comment faire le deuil de morts aussi brutales ? Mais « Southcliffe » n’est pas la retranscription d’une enquête. On découvre très rapidement qui est l’auteur des actes sanglants qui touchent la ville. La série se concentre sur l’humain, sur la vie de ceux qui sont frappés par ce drame. Et cela inclut le meurtrier lui-même que l’on découvre durant tout le premier épisode. C’est un homme (Sean Harris) qui semble calme, certes déphasé mais inoffensif à première vue. Il est solitaire et s’occupe de sa vieille mère. Il y a aussi Andrew et Claire Salter (Eddie Marsan et Shirley Henderson) qui cherchent à avoir un deuxième enfant alors que leur fille aînée va entrer à l’université. Chris Cooper (Joe Dempsie) revient d’Afghanistan, il est un perdu à son retour. Il est à l’origine de l’évènement déclenchant la tuerie mais ne pourra jamais en parler. Et puis il y a David Whitehead qui revient malgré lui à Southcliffe, des évènements douloureux de son enfance remontent à la surface. David est en colère contre cette communauté, colère qu’il va exprimer maladroitement et violemment. Chaque personnage est analysé avant et après le massacre. Cette attention à l’humain, à ses réactions, à sa douleur fait la force de la série et offre des moments très forts. Le casting est évidemment irréprochable et de très haut niveau.

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J’ai particulièrement apprécié la construction du récit qui se fait en flashbacks et flashforwards nous permettant de découvrir petit à petit les évènements du 2 novembre 2011. La journée de chacun est explorée, ce qui multiplie les points de vue sur le drame. Un découpage extrêmement maîtrisé et réussi qui donne une atmosphère particulière à cette série.

« Southcliffe » est une série âpre, noire mais particulièrement réussie grâce à un récit prenant et à des acteurs absolument remarquables.

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Birdsong

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En 1910, le jeune Stephen Wraysord (Eddie Redmaye) est invité à Amiens dans l’entreprise Azaire pour y réaliser des dessins industriels. Il est accueilli au sein de la famille Azaire. Stephen est rapidement séduit par la douce Mme Azaire (Clémence Poésy). Entre eux deux se nouent une passion tumultueuse. C’est sur le champ de bataille de Béthune en 1916 que Stephen se remémore ses moments passés aux côtés d’Isabelle Azaire.

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Cette série de la BBC est tirée d’un roman de Sebastian Faulks. Le premier épisode est très réussi avec une belle entrée en matière : on découvre Stephen sur le champ de bataille, le regard fixe et l’on passe immédiatement à ses souvenirs à Amiens dans le jardin de la résidence Azaire. Les deux lieux sont extrêmement contrastés. Les scènes de 1910 sont délicieuses de fraîcheur, de clarté. La nature y est luxuriante, paisible et radieuse. Elle est à l’image du couple Stephen/Isabelle qui sont tous deux lumineux et rayonnants.

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À contrario, le champ de bataille et les tranchées sont monochromes et ternes. Les paysages sont détruits, carbonisés par le feu des canons et des fusils. Il y a une scène très impressionnantes dans les galeries étroites creusées par les soldats pour espionner les Allemands. Elle rend bien compte des conditions de vie terribles des soldats. Comme toujours avec la BBC, la reconstitution des deux époques est soignée et précise.

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Malheureusement le deuxième épisode tombe un peu trop dans le mélo notamment à cause d’une musique extrêmement insistance et intrusive.

« Birdsong » est une jolie adaptation, très léchées et aux acteurs impeccables mais qui pêche par un excès de mélo dans sa deuxième partie.

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Death comes to Pemberley-BBC

Pemberley_2774620bLa BBC a eu la bonne idée d’adapter pour les fêtes le roman de P.D James et, comme toujours avec la BBC, le résultat est somptueux. Un petit rappel de l’intrigue : à la veille du bal de Lady Anne, Pemberley est en pleine effervescence. Les plats sont testés en cuisine, l’argenterie astiquée, les chambres préparées pour les invités. Les premiers à arriver sont le colonel Fitzwilliam (Tom Ward), le cousin de Mr Darcy (Matthew Rhys), et Mr et Mrs Bennet (James Fleet et Rebecca Front), les parents de Elizabeth Darcy (Anna Maxwell Martin). Tout semble parfaitement prêt lorsqu´arrive dans la cour un équipage au bord duquel se trouve Lydia Wickham (Jenna Coleman) qui hurle que son mari est mort dans les bois et qu’il faut aller le secourir. Mr Darcy lance les recherches et c’est le corps du meilleur ami de Wickham (Matthew Goode) qui est découvert sans vie dans les bois de Pemberley.

4739020-high_res-death-comes-to-pemberley.jpgL’adaptation de ce roman est vraiment superbe, elle offre une splendide reconstitution de Pemberley et de la campagne environnante, ainsi que de magnifiques costumes. Comme toujours, la BBC soigne les détails et les décors. « Death comes to Pemberley » est constitué de trois épisodes qui permettent de bien installer l’intrigue et de connaître les personnages. Il y a d’ailleurs quelques rappels sur le passé des personnages, des scènes tirées du roman de Jane Austen comme la rencontre de Lizzie avec Wickham, la première déclaration de Darcy (totalement différente de celle de Colin Firth dans le téléfilm de 1995, ce qui permet de l’occulter un peu), Darcy cherchant sa sœur Georgiana (Eleanor Tomlinson) après sa fuite avec Wickham. Comme dans le roman de PD James, ceux qui ne connaissent pas l’œuvre originale peuvent suivre cette adaptation.

4974627-low_res-death-comes-to-pemberleyA la recherche du criminel (aussi secondaire que dans le roman), s’ajoutent de l’humour notamment avec l’excessive Mrs Bennet et les réparties de son mari et de la romance avec les amours de Georgiana et de Mr Alveston (James Norton). Ces différents genres s’agglomèrent parfaitement et donnent du rythme aux épisodes. Le meilleur du roman de PD James est conservé. C’est le cas pour le procès qui prenait beaucoup de place dans le roman et qui ici est réduit au nécessaire.

uktv-death-comes-to-pemberley-4_1L’ensemble du casting peut être salué car tous les acteurs sont parfaits. Anna Maxwell Martin et Matthew Rhys forment un couple Darcy mûr, stable et réfléchi tout en gardant les caractères du livre original : Darcy pense à l’honneur de Pemberley et est peu sociable, Lizzie est généreuse et ironique. Le couple Wickham est également excellent avec une mention spéciale pour Jenna Coleman qui  joue la manipulatrice-ingénue à merveille.

1388286966_Death-Comes-To-Pemberley-_2Voilà encore un film d’époque réussi à mettre au compte de la BBC. C’est un vrai régal que ces trois épisodes qui nous permettent de retrouver le couple Darcy et leur superbe demeure de Pemberley. Les acteurs sont vraiment à la hauteur et ils nous feraient presque oublier la performance de Jennifer Ehle et Colin Firth. Amies austeniennes, précipitez-vous !