Le jardin blanc de Stephanie Barron

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Jo Bellamy, une jeune paysagiste américaine, est chargée de copier le jardin blanc de Sissinghurst dans le Kent pour un riche client, Gray Westlake. La propriété de Sissinghurst avait appartenu à Vita Sackville-West, ses descendants et le National Trust continuent à en prendre soin. Avant son départ, Jo fait part de sa joie de travailler au jardin blanc à son grand-père qui malheureusement se suicide le jour suivant. Dans ses papiers, Jo découvre qu’il a vécu à Knole où Vita Sackville-West a grandi et qu’il n’avait pas su protéger une mystérieuse Dame. Le voyage dans le Kent est l’occasion pour Jo d’enquêter sur la jeunesse de son grand-père. En cherchant dans la remise des jardiniers, elle découvre un vieux cahier, un journal intime qui commence le 29 mars 1941. La lecture de ce document fait irrémédiablement penser à Virginia Woolf mais comment cela serait-il possible puisqu’elle s’est suicidée le 28 mars 1941 ?

Stephanie Barron aime à écrire des romans policiers dont les héros sont des auteurs célèbres puisque avant « Le jardin blanc » elle avait fait de Jane Austen un détective. Ici, elle part d’un fait réel, à savoir le laps de temps entre la disparition de Virginia Woolf et la découverte de son corps dans l’Ouse. Imaginer que Virginia ne s’est pas suicidée le 28 mars 1941 mais avait juste quitté Léonard est tout à fait séduisant. Le concept du jardin entièrement blanc pour lui rendre hommage l’est également. L’intrigue construite par Stephanie Barron fonctionne plutôt bien car elle s’est bien documentée sur l’entourage de Virginia Woolf et sur la guerre en Angleterre. On retrouve en effet dans le roman tout le groupe de Bloomsbury, on visite la maison de Vanessa Bell à Charleston, celle des Woolf à Rodmell et on se balade à Oxford et Cambridge. L’auteur fait également des efforts dans la partie journal intime pour retrouver l’esprit et les idées de Woolf, même si faire entendre véritablement sa voix est quasiment impossible. L’histoire (que je ne peux vous dévoiler plus) tient la route et est rythmée par de nombreuses découvertes et péripéties de notre héroïne-jardinière.

Bien sûr il y a des faiblesses dans ce roman. Les découvertes et les raisonnements se font trop facilement, tout s’enchaîne sans peine. Et la vie sentimentale de l’héroïne ne m’a pas beaucoup intéressée. Faut-il obligatoirement rajouter des scènes romantiques pour plaire à un lectorat féminin ? Pas très woolfien comme idée… La scène où nous faisons connaissance avec Gray Westlake est assez calamiteuse mais Stephanie Barron limite quand même par la suite ses élans de sentimentalisme.

Malgré quelques facilités, Stephanie Barron nous offre un divertissement honnête et dans l’ensemble bien construit qui nous promène en Angleterre et fait revivre l’immense Virginia Woolf et la très talentueuse Vita Sackville-West.

Merci à Christelle et aux éditions Nil pour cette lecture.

Les hauts de Hurlevent de Emily Brontë

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C’est sur une lande du Yorkshire balayée par le vent que se trouve la demeure de la famille Earnshaw, le lieu dit est appelé les hauts de Hurlevent. De retour d’une vente de chevaux dans la ville voisine, Mr Earnshaw revient avec une surprise de taille pour ses deux enfants : il ramène avec lui un petit bohémien trouvé sur le marché. Il lui donne un nom : Heathcliff, et le considère comme son fils. La réaction des enfants Earnshaw est diamétralement opposée. Catherine accepte Heathcliff immédiatement et les deux enfants deviennent inséparables. Hindley ne supporte pas ce jeune bohémien que son père privilégie. Malheureusement pour Heathcliff, Mr Earnshaw meurt et Hindley devient le maître de Hurlevent. Heathcliff passe du statut d’enfant de la famille à celui de domestique. Hindley le traite rudement, l’abaisse, l’humilie. « Heathcliff supporta son avilissement assez bien dans les premiers temps, parce que Cathy lui enseignait ce qu’elle apprenait, travaillait et jouait avec lui dans les champs. Tous deux promettaient vraiment de devenir aussi rudes que des sauvages ; le jeune maître ne s’occupait en rien de la manière dont ils se conduisaient, ni de ce qu’ils faisaient, pourvu qu’il ne les vît point. »   La situation s’aggrave pour Heathcliff lorsque Cathy se blesse sur la lande et est recueillie par la famille Linton de Thrushcross Grange. Cathy découvre le raffinement, le luxe et la douceur d’Edgar Linton. Heathcliff est abandonné de tous, sa vengeance sera terrible.

J’avais déjà lu il y a plus de 20 ans ce roman d’Emily Brontë. Je n’osais pas le relire de peur de l’aimer moins. J’avais tort, l’atmosphère sombre et désespérée des hauts de Hurlevent me plaît toujours autant. Le roman d’Emily Brontë est souvent réduit à l’histoire d’amour de Cathy et Heathcliff (c’est d’ailleurs souvent le cas dans les adaptations comme celle de William Wyler qui s’arrête à la mort de Cathy). Certes ces deux-là s’aiment par-delà la mort, s’identifient l’un à l’autre comme des jumeaux. Mais « Les hauts de Hurlevent » est surtout une histoire de vengeance, de haine dévorante. Heathcliff ne se contentera pas de déverser sa colère sur Hindley Earnshaw, Edgar Linton et Cathy. Sa vengeance s’exercera sur leurs descendants. Rien ne semble pouvoir étancher sa rage.

Pour raconter cette histoire tragique, Emily Brontë s’appuie sur les codes du romantisme noir. La demeure des Earnshaw se trouve dans un milieu hostile : une lande soumise aux intempéries et sublimement décrite par l’auteur. La maison est de plus totalement isolée, loin de tout voisinage. Il est question également d’un fantôme, celui de Cathy qui vient hanter Heathcliff. L’originalité d’Emily Brontë se situe tout d’abord dans sa manière de raconter la vie des personnages à travers le prisme de plusieurs narrateurs. Mr Lockwood, le locataire d’Heathcliff, se fait raconter l’histoire par Nelly Dean, sa servante, mais certains passages se font à travers des lettres et lui-même est le témoin direct de nombreuses scènes. Ensuite la violence des sentiments, de l’intrigue est surprenante. Où une jeune fille de pasteur a-t-elle pu inventer le personnage d’Heathcliff ? « Montrez-lui ce qu’est Heathcliff : un être resté sauvage, sans raffinement, sans culture ; un désert aride d’ajoncs et de basalte. »  Un personnage effrayant de sauvagerie, d’animalité, indomptable et tourmenté qui est unique dans la littérature. C’est le cœur du roman, l’âme damnée que l’on plaint, que l’on déteste mais que l’on n’oublie jamais.

« Les hauts de Hurlevent » est un grand roman noir sur un amour passionné et une vengeance terrifiante. La complexité, la violence des sentiments sont marquantes ; tout comme l’est le personnage d’Heathcliff, d’une sauvagerie inouïe. A lire et à relire !

Une lecture commune avec Eliza.

Le tag des 11 choses

Voilà bien longtemps que je n’avais pas répondu à un tag mais je vais répondre avec plaisir à Alexandra même si je n’aime pas beaucoup parler de moi ici !

Les règles du jeu sont les suivantes :

– Poster les règles du tag sur sa page
– Décrire onze choses à propos de soi
– Répondre aux onze questions posées et en créer onze nouvelles pour les personnes taguées
– Taguer onze personnes et faire un lien vers leurs blogs
– Prévenir les onze personnes qu’on a taguées.

Onze choses à propos de moi :

1- D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé les livres. Il y en avait beaucoup chez moi, ma mère me lisait des histoires le soir, ma sœur m’achetait des livres (ah « Le bon gros géant » de R. Dahl, cet auteur devrait obligatoirement être lu à tous les enfants). Ce goût pour la lecture s’est quand même nettement accentué avec l’ouverture de ce blog et la lecture des vôtres. D’où des problèmes de PAL et de place chez moi !

2- Mais les livres ne sont pas les seuls à m’accompagner depuis l’enfance, le cinéma m’est également indispensable. Je me souviens de ma première séance dans ma petite ville, c’était « La belle au bois dormant ». Je me souviens du frisson lorsque la lumière de la salle s’éteint et que l’écran s’allume. Et c’est ce que je ressens toujours, l’espoir placé dans le film est parfois déçu ou au contraire se concrétise mais c’est toujours un plaisir de se retrouver dans une salle de cinéma.

3- Je suis également passionnée d’histoire de l’art et surtout de la Renaissance italienne (du Quattrocento au Seicento). Je me pâme devant les œuvres de Michel Ange, Raphaël, Léonard de Vinci ou du Titien, des perfections à tous niveaux.

4- Outre mon amour immodéré pour la culture anglaise, j’apprécie l’Italie où je suis allée à de nombreuses reprises. Malheureusement, je ne lis pas assez d’auteurs italiens et il faudrait vraiment que je remédie à cette lacune.

5- Je cours après le temps, je n’en ai jamais assez pour faire tout ce que je voudrais (je pense que nous sommes nombreux dans ce cas !). Je n’ai qu’une peur : mourir avant d’avoir lu tous les livres qui me font envie. Par exemple, il est absolument hors de question que je meurs avant d’avoir lu tous les livres de Charles Dickens !

6- En parlant de lui, Charles Dickens is a star ! Depuis que je l’ai enfin découvert il y a quelques années, j’ai l’impression qu’il est partout et qu’il inspire tout le monde ! Dans les six livres emportés cet été dans ma campagne, je l’ai rencontré quatre fois : chez Gyles Brandreth, chez Henry James, chez Jay McInerney et chez Elizabeth Von Arnim.

7- J’aimerais avoir de l’esprit et de la répartie comme Oscar Wilde. J’admire sa brillante intelligence et ses piquants aphorismes.

8- Et pour aller avec l’esprit, je prendrais bien un peu de l’élégance et de la classe d’Audrey Hepburn !

9- J’ai une importante collection de marque-pages et j’aime les accorder aux livres de je lis. Ce n’est pas toujours possible mais ça m’amuse beaucoup !

10- Je cherche toujours à voir ce que les gens lisent dans les transports en commun. Ce qui est drôle c’est de suivre les lectures de ses voisins de métro, j’ai notamment une jeune femme que je croise le matin très régulièrement et qui est une grande amatrice de littérature américaine.

11- J’adore les jelly babies ! Onze choses sur moi, c’est vraiment beaucoup et là je suis à court d’idées !!! Mais c’est vrai que j’adore cette friandise so english !

Les questions d’Alexandra :

1- Dans quel monde imaginaire voudrais-tu vivre ?

Dans celui d’Alice au Pays des Merveilles qui me fait rêver depuis mon enfance, j’aimerais prendre le thé avec le Chapelier Toqué et le Lièvre de Mars et discuter avec le chat du Cheshire !

2- Imagine un repas de la mort qui tue avec cinq écrivains, vivants ou trépassés.

J’inviterais volontiers à ma table Charles Dickens (how surprising !), Marcel Proust, Virginia Woolf, Edith Wharton, Oscar Wilde (avec lui je suis sûre qu’il n’y aura pas de temps mort !). Il y aura bien encore petite place pour Jane Austen quand même !

3- Même question mais avec cinq personnages de fiction.

Lizzie Bennet d' »Orgueil et préjugés », Titus d’Enfer de Gormenghast, Martin Eden, la comtesse Olenska du « Temps de l’innocence » et Sherlock Holmes…drôle de tablée !

4- Quel roman aurais-tu aimé écrire ?

C’est une question extrêmement difficile, il y a tellement de romans que j’aime. Comme je sais que je vais en évoquer certains dans les questions suivantes, je vais dire « Oblomov » de Gontcharov. J’éprouve une tendresse toute particulière pour ce personnage.

5- Choisis ton poème préféré.

Je n’ai pas encore parlé de lui et il est impossible qu’il ne soit pas présent dans ce tag. Je choisis donc le sonnet CXVI de l’immense et indispensable William Shakespeare qui commence ainsi :

« Let me not to the marriage of true minds

Admit impedimenrs. Love is not love

Which alters when it alteration finds,

Or bends with the remover to remove. »

6- Fuck, Marry, Kill Game : Avec quels personnages ferais-tu ces 3 choses ?

Alors fuck avec le Prince Andreï de « Guerre et Paix », marry with Mr Darcy et kill Finelame de Gormenghast.

7- Quelle est la meilleure/pire adaptation littéraire selon toi ? 

La meilleure est sans conteste « Le temps de l’innocence » de Martin Scorsese. Ce film est une merveille et il m’a fait découvrir la grande Edith Wharton. La pire est également sans discussion possible le « Orgueil et préjugés » de Joe Wright, ce film est une calamité qui ne rend en aucune façon le talent de Jane Austen.

8-Quel serait le parfait casting de ton roman préféré ? 

C’est un petit jeu auquel je ne joue jamais. Je n’imagine jamais d’acteurs quand je lis un livre. Et en plus, le casting parfait de mon roman préféré existe déjà. Je viens d’en parler, c’est celui du « Temps de l’innocence ».

9-Quel auteur (vivant ou mort) aurais-tu ou aimerais-tu rencontré ?

Si je dis Charles Dickens, vous allez me penser complètement obsédée par lui ! Alors je vais choisir de rencontrer Virginia Woolf dont le talent me fascine complètement.

10- Choisis un personnage. Quelle musique s’accorderait-elle le mieux avec lui ? 

Je choisis Heathcliff et j’imagine quelque chose de douloureux et de passionné pour s’accorder avec lui. Je vais dire le premier mouvement du concerto pour violoncelle orchestre op85 de Elgar joué par Jacqueline du Pré. Je le trouve déchirant.

11- Quelle fin de roman aimerais-tu réécrire ?

La fin de « Jude l’obscur » de Thomas Hardy, j’aimerais que Jude connaisse le bonheur après tous les malheurs qu’il a accumulés dans sa vie. Mais réécrire la fin de ce roman est absurde. Si Jude vivait heureux, ça ne serait plus du Thomas Hardy et le livre en serait moins réussi.

Les onze questions que je souhaite poser à mes futures victimes :

1- As-tu toujours aimé lire ?

2- Si tu étais Thursday Next, dans quel livre souhaiterais-tu entrer ?

3- Quelle ville a pour toi le plus fort potentiel littéraire ?

4- Avec quel détective souhaiterais-tu suivre une enquête ?

5- Quel livre n’est pas assez connu à ton goût ?

6- Quel livre n’arrives-tu pas à finir ?

7- Quel auteur, lu il y a longtemps, t’étonnes-tu de ne pas avoir relu depuis ?

8- Quelle est votre héros(ïne) préféré(e) de Shakespeare ?

9- Pour le moment, quel est ton coup de coeur de l’année ?

10- Liseuse or not liseuse ?

11- As-tu une autre passion en dehors de la lecture ?

Et j’envoie ce tag à Cryssilda, Delphine, Eliza, Maggie, Lilly, Romanza, Malice, George, Miss Bouquinaix, Noctembule et Gwordia.

La femme comestible de Margaret Atwood

Marian est une jeune canadienne travaillant dans une société d’enquêtes. Elle vit en colocation avec Aisnley, totalement farfelue et foutraque. La vie de Marian semble sur des rails, elle fréquente Peter qui lui demande rapidement de l’épouser. Mais le comportement de la jeune femme déraille petit à petit à partir des fiançailles : elle quitte une soirée en courant, se cache sous un lit pour éviter Peter, cherche à revoir Duncan rencontré lors d’une enquête et surtout elle arrête de s’alimenter. Son organisme refuse toute nourriture et Marian est totalement perdue.

« La femme comestible » est le premier roman de Margaret Atwood et fut publié en 1969. La construction est habile et significative. La narration commence à la 1ère personne puis passe à la 3ème personne lorsque Marian se fiance, pour s’achever avec un retour à la 1ère personne. Elle suit le parcours de vie de Marian qui se perd pour finalement s’affirmer pleinement. Le roman de Margaret Atwood interroge bien entendu la place de la femme à la fin des années 60. Marian est autonome, elle travaille, loue un appartement. Mais les femmes sont loin d’être libres et le mariage est toujours nécessaire. Personne ne se voit vieillir en restant célibataire. Et il faut trouver la personne adéquate. L’amour entre Marian et Peter semble plus tenir de l’arrangement, du moins mauvais choix possible : « Elle piqua une olive noire dans sa salade et la dévora. Ce devait être ça. Il l’évaluait comme il aurait évalué un nouvel appareil photo, essayait de repérer le coeur des rouages et des minuscules mécanismes, les éventuels points faibles, le genre de performances qu’il pouvait escompter dans l’avenir : les ressorts de la mécanique. Il voulait savoir comment elle fonctionnait. » Dès les fiançailles, Marian démissionne de son travail, sa mission est simple : faire des enfants et créer un foyer. Devant cette pression sociale, devant la disparition de son être, Marian se rebiffe et son corps se bloque. Inconsciemment elle refuse de se faire manger par les autres et d’abdiquer sa personnalité. Elle cherche une autre voie pour s’épanouir, où elle aura de véritables choix.

Ce premier roman de la grande romancière canadienne est très dense, par moments un peu long, et militant. Margaret Atwood fait déjà preuve d’une grande maîtrise dans la construction de son intrigue et de son écriture.

Exposition Titanic

Dans la nuit du 14 au 15 avril 1912 se déroula une des plus frappantes catastrophes du 20ème siècle. Le Titanic sombra après avoir percuté un iceberg causant la mort d’environ 1500 personnes.

L’exposition du Parc des Expositions rend hommage à cette terrible histoire et à ce paquebot incroyable. Elle retrace dans un premier temps la construction de ce bateau gigantesque, quasiment aussi long que la Tour Eiffel et l’inscrit dans ce siècle naissant.

2013-07-30 10.57.32Le Titanic est le bateau de tous les superlatifs : il est immense et d’un luxe inouï pour l’époque. L’exposition reconstitue certaines pièces et l’ambiance des trois classes. Comme le souligne certains cartels la culture édouardienne marquait les différences de classes sociales et c’est ce que l’on retrouve sur la Titanic. Mais les passagers avaient souvent le même but commun : avoir une vie meilleure aux États-Unis.

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La première classe (avec des passagers connus comme Astor, Guggenheim ou Strauss) comportait des cabines de plusieurs pièces, des restaurants, des salons, une bibliothèque, une piscine, des bains turcs, un terrain de squash,…

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Même si la 2ème classe était moins luxueuse, elle correspondait à une 1ère classe sur un autre paquebot. Les cabines étaient bien meublées, le restaurant agréable, de quoi apprécier sa croisière.

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La 3ème classe  était beaucoup plus rudimentaire. Les cabines comportaient quatre lits et les passagers les partageant ne se connaissaient pas forcément. Néanmoins ils étaient ravis de découvrir de véritables matelas à la place de la paille habituelle sur les autres paquebots.

2013-07-30 11.51.42L’exposition nous fait bien sentir le passage d’une classe à l’autre grâce à la musique. Elle se fait classique, douce et légère dans les premières salles et l’on entend plus que le bruit des moteurs dans la cabine de 3ème classe.

La différence de classe à travers la vaisselle :

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Les dernières salles sont consacrées à la catastrophe et à la redécouverte de l’épave. Le naufrage y est expliqué notamment grâce aux témoignages des survivants et un iceberg nous fait prendre conscience de la température de l’eau durant cette nuit d’avril 1912. Les passagers sont pour la plupart morts d’hypothermie. L’épave est restée 73 ans au fond de l’eau avant sa redécouverte.

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Il faut souligner l’extraordinaire travail de conservation des objets. L’exposition est en effet émaillée des objets personnels des passagers : chapeau, valise, bijoux, produits de beauté, pièces et billets de banque, cartes postales, complétés par beaucoup de vaisselle et d’outils de navigation.

Le gros plus de cette exposition, en tout cas ce que j’ai le plus apprécié, c’est l’attention portée aux passagers. Tout au long de l’exposition se trouvent des portraits détaillés des personnes montées à bord. On connaît leur situation, les raisons pour lesquelles ells faisaient la traversée et si elles ont survécu ou non. A l’entrée nous est également remis une carte d’embarquement avec le nom d’un passager. N’oubliez pas de vérifier à la fin s’il a réussi à grimper sur un canot de sauvetage.

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(Mrs Morgan Davies a survécu avec son plus jeune fils)

Une belle exposition, didactique et complète sur la tragédie du Titanic que j’ai eu le plaisir de voir avec ma copine Lou.

Résultats concours « Du côté de chez Swann »

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Je vous avais demandé il y a quelques temps quel nom Marcel Proust voulait donner à son œuvre au moment où il écrivit « Du côté de chez Swann ». Il s’agissait « Des intermittences du cœur » . Il est vrai qu’il a hésité avec beaucoup d’autres titres mais celui-ci était le dernier avant « A la recherche du temps perdu ».

J’ai eu beaucoup de réponses et après un tirage au sort les deux gagnants sont :

Laurent et Delphine !

Un grand bravo à tous les deux et un grand merci aux éditions Folio et à Lise qui m’ont permis de rendre hommage à Marcel Proust.

 

L’armée furieuse de Fred Vargas

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Au retour d’une enquête, le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg se trouve confronté à deux problèmes : un pigeon dont les pattes sont attachées et qui se meurt ; une femme, Mme Vendermot,  lui parle de la venue de l’armée furieuse dans son village d’Ordebec en Normandie. L’armée du seigneur Hellequin prévient de la mort imminente de certains individus au passé louche, elle les emporte pour les punir. Cette légende existe depuis le Moyen Age et certaines personnes peuvent voir cette apparition fantasmatique. C’est le cas de Lina, la fille de Mme Vendermot, qui a reconnu trois des quatre personnes emportées par l’armée furieuse. Et justement l’une de ces trois personnes a disparu. Parallèlement à cette enquête, Adamsberg doit s’occuper de la mort d’un riche industriel, Antoine Clermont-Brasseur, sa voiture a explosé avec lui-même à l’intérieur. Un habitué des embrasements de voiture est immédiatement désigné coupable mais Adamsberg n’y croit pas.

Il y avait un moment que je n’avais pas fréquenté Adamsberg, le pelleteur de nuages. J’avais été un peu déçue par « Un lieu incertain » et j’avais laissé traîner « L’armée furieuse » dans ma PAL. Mais nos retrouvailles furent concluantes et j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre ces trois enquêtes (oui le pigeon fera l’objet d’une investigation pour savoir qui a eu la cruauté de lui attacher les pattes). Adamsberg est fidèle à lui-même : lunaire, distant, terriblement attachant et efficace. Il est toujours entouré de ses fidèles lieutenants (Danglard, Veyrenc, Retancourt…), une équipe constituée de personnages aussi atypiques que leur commissaire qui les décrit ainsi : « -Parmi mes hommes, capitaine, il y a un hypersomniaque qui s’écroule sans crier gare, un zoologue spécialiste des poissons, de rivière surtout, une boulimique qui disparaît pour faire ses provisions, un vieux héron versé dans les contes et légendes, un monstre de savoir collé au vin blanc, et le tout à l’avenant. Ils ne peuvent pas se permettre d’être très formalistes. » Et tout ce petit monde réussit à s’entendre et à se compléter.

Comme toujours chez Fred Vargas, l’enquête est rythmée et nous tient en haleine. Et j’apprécie ses trouvailles historiques, elle parvient toujours à dénicher des légendes incroyables lui permettant de construire son intrigue. C’est sa marque de fabrique, ses romans nous entraînent dans un univers poétique et étrange.

Un commissaire à part pour des enquêtes étonnantes et des lecteurs ravis !

Du côté de chez Swann-concours

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« Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n’avais pas le temps de me dire : « Je m’endors ». Et, une demi-heure après, la pensée qu’il était temps de chercher le sommeil m’éveillait ; je voulais poser le volume que je croyais avoir encore dans les mains et souffler ma lumière ; je n’avais pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce que je venais de lire, mais ces réflexions avaient pris un tour un peu particulier ; il me semblait que j’étais moi-même ce dont parlait l’ouvrage : une église, un quatuor, la rivalité de François Ier et de Charles Quint. « 

Ceci est l’un des incipit les plus connus de la littérature française, le début d’une œuvre extraordinaire et unique : A la recherche du temps perdu. A l’occasion du centenaire de la publication de « Du côté de chez Swann » chez Grasset, les éditions Folio ont réédité ce livre dans un coffret qui contient un livret d’illustrations. A différentes périodes, l’œuvre de Marcel Proust fut illustrée par des artistes variés comme Kees Van Dongen, Hermine David (la femme de Pascin), Pierre Laprade, etc … Chaque illustration est accompagnée de l’extrait du texte auquel elle correspond.

2013-07-27 19.01.23Kees Van Dongen

« A la recherche du temps perdu » est le récit d’une vie, de l’écriture d’une œuvre et de la découverte de la puissance de l’art. Il transcende et magnifie la vie. « Du côté de chez Swann » est l’ouverture de la recherche, l’enfance du narrateur mais on y trouve les grands thèmes : la tendre relation du narrateur et de sa mère ; la mémoire des sensations avec la célèbre scène de la madeleine dans le thé ; l’amour passionnel et exclusif avec la relation de Charles Swann et d’Odette ; les deux côtés : celui de Swann (la bourgeoisie) et celui de Guermantes (l’aristocratie, le grand monde).

2013-07-27 19.01.45Yan Nascimbene

Swann est un modèle pour le narrateur, c’est un esthète qui rend visite aux parents du narrateur. Ce dernier l’écoute avec bonheur. L’amour de Swann pour Odette est emblématique de la recherche : il naît d’une émotion esthétique (une phrase de la sonate de Vinteuil), il devient rapidement exclusif, jaloux et anxieux. Le narrateur connaît également ses premiers émois amoureux en observant Gilbert Swann, il traine sa grand-mère sur les Champs-Elysées en espérant l’apercevoir. L’obsession amoureuse, qu’il développera pour Albertine, est déjà présente.

2013-07-27 19.02.50Hermine David

Je vous propose donc d’entrer dans l’œuvre incomparable de Marcel Proust en gagnant deux coffrets de ce premier volume de la recherche.

Il vous faut pour cela répondre à la question suivante :

-Quel titre pensait donner Marcel Proust à son œuvre avant de choisir « A la recherche du temps perdu » ?

Vous pouvez me répondre jusqu’au 2 août à l’adresse suivante : plaisirsacultiver@yahoo.fr

Merci à Lise et aux éditions Folio pour ce concours.

Marcel_Proust-originalPortait de Marcel Proust par Jacques-Emile Blanche (clin d’œil à ma copine Maggie)

Ripper Street

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Durant le mois anglais, j’avais repéré chez Alexandra la série de la BBC « Ripper Street » et je me suis laissée tenter. Il est vrai que je n’ai pas été difficile à convaincre étant donné qu’il s’agit d’une série policière se déroulant en 1889 à Whitechapel, quelques mois après les forfaits de Jack l’éventreur. L’action se passe dans ce quartier pauvre et mal famé de Londres autour de trois personnages principaux : l’inspecteur Edmund Reid (Matthew MacFadyen), le sergent Bennett Drake (Jerome Flynn) et le capitaine Homer Jackson (Adam Rothenberg) ancien chirurgien de l’US Army et ancien de l’agence Pinkerton.

Ripper-Street2Chaque épisode est une nouvelle enquête et tourne autour d’un thème d’actualité de l’époque. Et c’est ce qui m’a beaucoup plu dans cette série, j’ai retrouvé de vraies préoccupations victoriennes qu’avaient abordées « Le chapeau de Mr Briggs » ou « L’affaire de Road Hill House ». Le premier épisode de « Ripper Street » nous montre par exemple des policiers en civil et en infiltration ce qui était assez récent. D’autres épisodes abordent la naissance de la presse à scandale, l’arrivée du métro et les taudis qui sont rasés à cette occasion, le choléra et l’eau polluée de Londres, la venue d’espions étrangers cherchant à faire exploser la capitale anglaise comme dans « L’agent secret » de Joseph Conrad. Cette évocation des thématiques victoriennes s’accompagne d’une superbe reconstitution des bas-fonds de Whitechapel et nous fait penser immanquablement aux descriptions de Charles Dickens.

BBC AmericaIl faut ajouter à cela un casting remarquable. Je suis réconciliée avec Matthew MacFadyen (j’ai mis beaucoup de temps à me remettre de sa fade interprétation de Darcy) qui incarne un inspecteur Reid imposant, aussi sûr de lui dans son métier qu’il est fragile dans sa vie personnelle. Jerome Flynn est au départ discret mais les épisodes nous le feront mieux apprécié, sa fidélité envers Reid est à tout épreuve. Enfin, mon préféré, le capitaine Jackson auquel personne ne peut résister. C’est un personnage au passé et à l’identité troubles. Il devient le médecin légiste de Reid. Ce que j’ai aimé chez Jackson est sa parfaite désinvolture en toute occasion et son ironie mordante. Adam Rothenberg, que je n’avais vu auparavant, est absolument parfait dans ce rôle.

Comme vous le voyez, j’ai été enthousiasmée par la vision de cette série qui allie une belle reconstitution du Londres victorien et de formidables acteurs. Vivement la saison 2 !

Ripper Street

Résultat du concours « Orgueil et préjugés »

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La question que je vous avais posée, pour gagner deux exemplaires de ce coffret « Orgueil et préjugés », était : –Quel auteur comparait les romans de Jane Austen à « un exquis travail au petit point » ?

Et la réponse est Vladimir Nabokov dont voici l’exacte citation :

« De ce panier à ouvrages, écrit-il, sort un exquis travail au petit point, il y a chez cet enfant quelque chose de merveilleusement génial.  »

Vous avez été nombreux à participer et après un tirage au sort voici les deux gagnantes :

Frédérique et Gwordia

Bravo à toutes les deux et merci de bien vouloir m’envoyer vos adresses sur plaisirsacultiver@yahoo.fr

Encore merci aux éditions Folio et dans quelques jours je vais vous faire gagner un autre coffret… Wait and see !