Le serpent de l’Essex de Sarah Perry

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Londres, 1890, après le décès de son mari violent, Cora Seaborne quitte Londres pour l’Essex avec son fils Francis et la nourrice de celui-ci, Martha. La jeune femme a toujours été fascinée par la paléontologie et elle espère faire de belles découvertes dans la région d’Aldwinter. Des amis la recommande aux bons soins du pasteur de la petite ville, William Ransome. Cora et Will deviennent d’excellents amis, même si leurs croyances sont opposées. Celles-ci vont d’ailleurs être mises à rude épreuve. La région serait attaquée et sous l’emprise d’un monstre mythique qui vivrait dans l’estuaire du Blackwater : le Serpent de l’Essex.

« Le serpent de l’Essex » de Sarah Perry est à l’image de sa splendide couverture : flamboyant et dense. La romancière aborde de nombreuses thématiques : les croyances, la place de la femme, la médecine, les progrès sociaux, etc… Will et Cora sont entourés d’une myriade de personnages secondaires mais qui ont tous une vie propre, une épaisseur qui les rendent attachants comme le Dr Luke Garrett qui s’humanise au fil des pages, George Spencer l’amoureux et ami indéfectible, Francis le fils étrange de Cora (probablement est-il atteint d’une forme d’autisme), Martha la bienveillante socialiste. Tous forment un magnifique ensemble, un foisonnement autour de Cora.

L’intrigue se déroule à une époque charnière ce qui est parfaitement montré dans le roman. Nous sommes à la fin de l’ère victorienne, l’époque est en train de changer. La médecine, incarnée par Luke Garrett, est en train de progresser à une vitesse prodigieuse. Le Dr Garrett est un chirurgien audacieux qui tente des opérations novatrices. Martha, quant à elle, incarne le progrès social. Elle lutte contre le mal-logement, pour faire évoluer les lois obligeant les plus démunis à avoir une moralité irréprochable pour obtenir un logement. Mais l’époque oscille entre l’obscurité et la lumière. L’époque victorienne n’est pas débarrassée des scories du passé et de vieilles croyances subsistent comme celle du serpent de l’Essex qui effraie encore la région. Il est comme le symbole de cette époque inquiète, anxieuse pour le présent alors qu’elle a foi en l’avenir.

Cora fait bouger les lignes en ce qui concerne la place des femmes. Libérée de son mari, elle compte vivre comme elle l’entend. Fini le charme et la coquetterie, Cora parcourt la campagne de l’Essex les cheveux dénoués, avec des vêtements informes et des grosses bottes ! Elle se sait mauvaise épouse et mère, il lui semble préférable de se consacrer à la paléontologie. Sa relation avec Will Ransome lui montrera que tout n’est pas aussi simple et définitif.

Dans une ambiance brumeuse et mystérieuse, Sarah Perry brosse le portrait d’une époque en pleine mutation et d’une héroïne qui se libère des carcans. Il m’a fallu quelques chapitres pour bien rentrer dans l’intrigue et la construction du roman mais j’ai ensuite été totalement captivée.

11 réflexions sur “Le serpent de l’Essex de Sarah Perry

  1. Contrairement à toi, je suis passée à côté de ce roman. Pourtant, sur le papier, il avait tout pour me plaire….Parfois, cela ne s’explique pas.

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