Bilan livresque et cinéma de novembre

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J’ai commencé mes lectures de novembre par un livre de saison : le formidable « Sombres citrouilles » de Malika Ferdjoukh, idéal pour frissonner durant la nuit d’Halloween. J’ai enfin pu découvrir « Eleanor Oliphant va très bien » que je souhaitais lire depuis sa sortie et qui n’a pas déçu mes attentes. Grâce aux conférences du forum Fnac, j’ai eu envie de découvrir « Le guetteur » de Christophe Boltanski qui dresse le portrait touchant de sa mère à travers une enquête. J’ai également sorti des tréfonds de ma pal la formidable « Partie de chasse » de Isabel Colegate et l’élégant « Lord Peter et l’inconnu » de Dorothy L. Sayers dont je vous parle très vite. Viendront également très bientôt des billets sur « Police » de Hugo Boris, en lice pour le prix SNCF du Polar, sur « Tenir jusqu’à l’aube » de Carole Fives que j’ai adoré et sur « L’origine du monde » où Claude Schopp nous dévoile l’identité et la vie du modèle de Gustave Courbet. Je ne vous parlerai pas de la BD consacrée à Monet qui est très belle et qui est plutôt destinée à un public qui ne connaîtrait pas du tout Monet.

Novembre est également le mois anniversaire de cette maison que j’ai un peu oublié de fêter….je me rattrape donc aujourd’hui ! 11 ans de blog, de livres, de films, de séries, d’expositions, le temps a passé si vite ! Je n’aurais jamais pensé tenir si longtemps. Même si l’envie de continuer est régulièrement questionnée, je suis néanmoins ravie d’avoir tenu si longtemps ! Merci à vous pour tous nos échanges et j’espère que vous continuerez à me suivre.

Passons au cinéma avec deux beaux coups de cœur :

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Yvonne est la veuve d’un flic héroïque. Elle est elle-même policière et chaque soir, elle vante les exploits de son mari à leur fils. Lors d’une enquête, elle découvre qu’en réalité son mari était un ripoux et qu’il a trempé dans le casse d’une bijouterie. Le problème, c’est qu’un homme innocent a été mis en prison : Antoine, joaillier de son état. Justement ce dernier sort de prison. Yvonne va alors essayer d’être son ange gardien. Mais son protégé va être compliqué à suivre. Antoine se comporte de manière quelque peu étonnante…

Je vous parlais le mois dernier du « Grand bain » en vous disant qu’il faudrait avoir plus de comédie française de ce niveau. Et voilà que Pierre Salvadori relève le défi en m’offrant la meilleure comédie de l’année. La rencontre entre Yvonne et Antoine va provoquer une cascade d’événements tous plus farfelus les uns que les autres. La présence d’Antoine rend la vie d’Yvonne totalement chaotique. Le jeune homme sort de prison en étant totalement enragé. Il ne supporte pas d’avoir fait de la prison pour rien et il retrouve avec difficultés le quotidien auprès de sa femme. Le film est rythmé, rocambolesque, absolument hilarant avec des touches d’émotions ( comme le retour d’Antoine chez lui que sa femme lui demande de refaire plusieurs fois). Pio Marmaï est dans une forme olympique et il est totalement déchaîné ! On découvre une Adèle Haenel parfaite pour la comédie, elle a un vrai talent burlesque. Je ne peux que vous conseiller d’aller voir cette réjouissante comédie qui vous permettra de voir le plus improbable et fantasque braquage de bijouterie.

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David a 24 ans et il papillonne entre deux petits boulots, sa sœur Sandrine, sa nièce Amanda et des flirts. C’est l’été, la vie est légère et douce. C’est la saison des pique-nique. David doit retrouver sa sœur et Léna, une jeune femme qu’il vient de rencontrer, au bois de Vincennes. David arrive en retard et découvre l’horreur : des terroristes ont tiré sur la foule, Sandrine est décédée.

Mikhaël Hers réalise avec « Amanda » un film profondément touchant et d’une grande délicatesse. La scène de l’attentat est rapidement évacuée car ce qui intéresse le réalisateur est la manière dont David va gérer la suite : à la fois la disparition brutale de sa sœur et la manière dont il va devoir s’occuper de sa nièce. Sandrine était une mère célibataire, le père de David et Sandrine est décédé et la mère a abandonné la famille depuis longtemps. A part une tante pleine d’empathie, David est seul avec Amanda. C’est ce duo qui est au cœur du récit : comment annoncer à une petite fille qu’elle ne reverra plus sa mère, comment s’occuper d’une enfant alors qu’on aimait l’insouciance, comment aimer après un drame violent ? Ce sont toutes ces questions que se pose David, tout en arpentant Paris qui est plus qu’un décor pour cette histoire. Vincent Lacoste est formidable dans ce rôle dramatique et totalement convaincant. Amanda est jouée par Isaure Multrier extrêmement touchante et lumineuse. « Amanda » est un très beau film sur deux êtres qui doivent s’apprivoiser après un drame.

Et sinon :

  • Frères de sang des frères D’Innocenzo : Mirko et Manolo sont amis d’enfance, ils ne se sont jamais quittés. Ensemble, ils se sont inscrits dans une école hôtelière. Un soir, les deux amis rentrent chez eux, ils bavardent, plaisantent et roulent trop vite. Leur vie bascule quand ils renversent un homme. Les deux jeunes hommes paniquent et s’enfuient. Le père de Manolo apprend par la suite que cette mort rend service au gang mafieux qui sévit dans cette banlieue de Rome. Les deux amis vont intégrer la mafia. « Frères de sang » est le premier film des frères D’Innocenzo et il est parfaitement réussi. Le film montre la rapidité avec laquelle Manolo et Mirko vont passer du mauvais côté et perdre totalement la tête. Les deux garçons sont issus d’un milieu populaire où la misère n’est jamais loin et où l’on hésite à se faire soigner en raison du prix. Le choix de l’argent facile et rapide semble évident pour ces deux jeunes hommes qui veulent s’en sortir et aider leur famille. Mais le film montre également qu’il n’est pas si simple de devenir un tueur, surtout quand on a un certain sens moral. Ici, la mafia est montrée de manière très réaliste, sans esbroufe. Andrea Carpenzano et Matteo Olivetti sont parfaits, intenses et touchants.
  • « Les animaux fantastiques : les crimes de Grindelwald » de David Yates : Quelques temps après sa capture, le sorcier Grindelwald réussit à s’évader de manière spectaculaire. Il tente d’attirer de plus en plus de sorciers à ces côtés pour dominer le monde. Pour atteindre son objectif, il lui faut attirer auprès de lui le jeune Credence qui cherche toujours le secret de ses origines. Le seul à pouvoir arrêter Grindelwald est Albus Dumbledore qui, pour une raison mystérieuse, refuse de le faire. Il envoie donc à sa place Newt Scamander et ses étranges compagnons. Le deuxième volet des « Animaux Fantastiques » de J. K. Rowling est toujours aussi éblouissant visuellement. Il commence superbement avec l’évasion de Grindelwald et se termine au cimetière du Père Lachaise pour une scène terrible qui rappelle les plus sombres moments de notre histoire. C’est un immense plaisir de retrouver cet univers fantastique et son personnage principal : Newt, toujours parfaitement incarné par Eddie Redmayne. Suivre Newt et ses amis est un véritable tourbillon de trouvailles, de créations visuelles. Néanmoins, j’ai trouvé les recherches sur les origines de Credence un peu artificielles. Au final, je me moquais un peu de connaître son identité ! Il ne faut néanmoins pas bouder son plaisir et profiter de la sobriété bienvenue du jeu de Johnny Deep !

 

  • « Un amour impossible » de Catherine Corsini : Rachel, jeune secrétaire, tombe amoureuse de Philippe, issu d’une bonne famille. Leur histoire d’amour semble idyllique. Mais Philippe n’a aucunement l’intention d’épouser une femme d’un milieu social inférieur. Rachel ne désespère pas et lorsqu’elle tombe enceinte, elle pense que Philippe assumera ses responsabilités. Il s’éloigne pourtant pour épouser une femme de son milieu. Rachel cherchera pourtant à lui faire reconnaître sa fille. « Un amour impossible » de Catherine Corsini est adapté du livre de Christine Angot. Il montre un amour toxique, celui de Philippe pour Rachel et ensuite pour leur fille. Niels Schneider, que je regrette de ne pas avoir plus souvent, interprète avec un talent fou cet homme froid qui prend plaisir à humilier, à détruire ces deux femmes. L’histoire est aussi celle de la relation mère-fille, fusionnelle puis de plus en plus distante et tendue. Virginie Efira est remarquable, lumineuse et qui joue de manière très fine les nombreuses déceptions engendrées par sa relation avec Philippe. La dernière partie du film, quand la fille du couple est adulte, m’a moins convaincue, elle m’a semblé bien longue au regard du reste du film.

6 réflexions sur “Bilan livresque et cinéma de novembre

  1. Bon anniversaire et j’espère que tu continueras à nous faire profiter de tes bons plans littéraires et cinématographiques encore longtemps !

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