Le grand jeu de Graham Swift

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A l’été 1959, Jack Robinson est le maître de cérémonie d’un spectacle pour les vacanciers sur la jetée de Brighton. Des jongleurs, un ventriloque, un magicien s’y succèdent. Au fur et à mesure de la saison, le numéro de magie s’impose comme le clou du spectacle. Il est mené par Ronnie Deane et son assistante Evie White. La magie est la raison de vivre de Ronnie depuis son enfance. Il veut dépasser les numéros traditionnels pour créer des illusions originales et étourdissantes. Les évènements de l’été 1959 vont rester gravés dans la mémoire des trois personnages.

J’avais découvert Graham Swift avec le sublime « Dimanche des mères ». « Le grand jeu » reprend le même type de narration que le roman précédent. Une femme âgée, ici Evie, se remémore le moment charnière de sa vie. Le roman fait alors des aller-retour entre le présent et l’année 1959, mais également dans l’Angleterre de la Seconde guerre mondiale pour nous raconter l’enfance de Ronnie et sa découverte de la magie. Enfant évacué de Londres pendant le Blitz, il découvre, chez un couple à la campagne, sa vocation et l’existence du bonheur familial. Ces passages sont d’ailleurs extrêmement réussis et lumineux. Toute la narration tourne autour du dernier spectacle de Ronnie et Evie, comme « Le dimanche des mères » tournait autour du 30 mars 1924,  suite auquel leurs vies ne seront plus les mêmes.

La lecture est plaisante, l’écriture est classique tout comme le thème du trio amoureux. Le cadre de la jetée de Brighton et du monde de la magie apportent de la fraîcheur et une pointe d’originalité. Le récit de l’été 1959 se fait doucement mélancolique. « Le grand jeu » est comme un grand plaid confortable dans lequel il est agréable de se lover. Mais il faut bien reconnaître que la magie n’opère pas comme dans « Le dimanche des mères » malgré (à cause ?) des ressemblances dans la structure du roman. Peut-être faudrait-il que Graham Swift renouvelle son disposition narratif pour nous enchanter à nouveau.

« Le grand jeu » est un livre qui se lit avec plaisir même si j’en ressort légèrement déçue, étant donné la qualité du roman précédent de Graham Swift.

Traduction France Camus-Pichon

10 ans du mois anglais

4 réflexions sur “Le grand jeu de Graham Swift

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