
Dans « Femmes sur fond azur », Chantal Thomas reprend et enrichit des portraits qu’elle avait écrits à l’été 2024 pour le journal Le Monde. L’autrice y expose le choix de six femmes de s’installer sur la Côte d’Azur à un moment de leurs vies. A l’exception de la dernière, les cinq autres sont nées au 19ème siècle, une époque où les femmes manquent singulièrement d’indépendance et de liberté. Malgré tout, ce sont des femmes au fort tempérament qui vont se réinventer, se libérer au bord de la Méditerranée. Leurs destinées sont très différentes et pour deux d’entre elles tragiques : la cantatrice Sophie Cruvelli qui abandonne sa carrière internationale pour devenir vicomtesse Vigier et s’installe à Nice pour une vie de luxe et de mondanités, la reine Victoria qui s’autorise enfin à revivre sur la Riviera après des années d’un deuil strict, Marie Bashkirtseff qui voulait à tout prix devenir célèbre pour fuir les assignations faites aux jeunes filles de son époque, Katherine Mansfield qui va dans le sud de la France pour soigner sa tuberculose et ne se lassera pas de contempler les splendeurs de la mer, Colette qui apprend dans sa maison de St Tropez à « être seule sans être esseulée » et y trouve la plénitude. Le dernier portrait est celui de la mère de Chantal Thomas dont elle avait déjà parlé dans « Souvenirs de la marée basse ». Jackie retrouva sa liberté, sa spontanéité sur la Côte d’Azur après son divorce.
Comme toujours, l’élégance de l’écriture de Chantal Thomas, son érudition m’ont totalement séduite. Ces six portraits sont emprunts de lumière, d’un souffle d’émancipation, d’une « farouche volonté de vivre ». Et l’académicienne sait nous transporter avec des descriptions somptueuses des paysages, des beautés du monde.