La crue – Blackwater tome 1 de Michael McDowell

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« A l’aube du dimanche de Pâques 1919, le ciel au-dessus de Perdido avait beau être dégagé et rose pâle, il ne se reflétait pas dans les eaux bourbeuses qui noyaient la ville depuis une semaine. Immense et rouge orange, le soleil rasait la forêt de pins accolée à ce qui avait été Baptist Bottom, le quartier où les Noirs affranchis s’étaient installés en 1895, et où leurs enfants et petits-enfants vivaient encore. Désormais, s’étendait à perte de vue un magma fangeux de planches, de branches d’arbres et de carcasses d’animaux. Du centre-ville, ne surnageaient que la tour carrée de la mairie et le premier étage de l’hôtel Osceola. » C’est dans cette ville dévastée que s’avance une barque portant deux hommes à son bord : Oscar Caskey, membre d’une des familles les plus riches de la ville, et Bray, son employé. Lors de leur exploration de Perdido, ils découvrent une femme coincée au premier étage de l’hôtel depuis quatre jours. Etonnamment, elle semble en parfaite santé. Elle se nomme Elinor Dammert, elle était venue à Perdido pour trouver un emploi d’institutrice. Oscar et Bray l’emmènent avec eux et ils ignorent, à cet instant, que la nouvelle venue va chambouler la vie des membres de leur communauté. 

Les éditions Monsieur Toussaint Louverture ont encore frappé très fort avec la traduction et la publication de la saga familiale de Michael McDowell. Jamais publiée en France jusqu’à présent, elle va couvrir cinquante ans de l’histoire de la famille Caskey. Pour reprendre le souhait de son auteur, qui fut le scénariste de « Beetlejuice » et « L’étrange Noël de Monsieur Jack », les six tomes sortiront de manière rapprochée, à raison de deux par mois. « Blackwater » a été conçu comme un feuilleton populaire et le premier tome nous montre à quel point l’ensemble va être addictif. 

Perdido est une ville imaginaire mais Michael McDowell y glisse des aspects de l’Alabama de son enfance. Mais sous un réalisme apparent, des éléments gothiques, fantastiques s’insinuent par petites touches et créent une atmosphère étrange. Le thème principal de « La crue » est la famille. Elle est ici étouffante, toxique et très matriarcale avec à la tête de la famille Caskey, Mary-Love, une femme au caractère autoritaire et possessif. Les personnages féminins sont puissants chez Michael McDowell et Elinor est sans doute le plus magnétique, fascinant et énigmatique. L’autre fil rouge du roman est l’eau, un élément fluide comme l’écriture de l’auteur, aussi apaisant qu’inquiétant. L’eau est source de vie comme de mort. Elle permet à Michael McDowell d’écrire des scènes saisissantes, marquantes comme celle du prologue où Oscar et Bray évoluent dans une ville ravagée par des eaux boueuses et puantes.

Le premier tome de la fresque de Michael McDowell est un roman irrésistible, intrigant, infiniment original et qui donne envie de se précipiter sur la suite. Saluons à nouveau l’extraordinaire travail des éditions Monsieur Toussaint Louverture qui nous offrent une couverture somptueuse, dorée et gaufrée. 

Traduction Yoko Lacour et Hélène Charrier

Une réflexion sur “La crue – Blackwater tome 1 de Michael McDowell

  1. C’est amusant, j’ai lu un avis sur ce roman il y a à peine 5 mn ! Décidément, il à l’air de plaire et pas seulement pour sa splendide couverture…

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