C’est en se promenant pour faire des photos que le jeune Greg découvrit Graveney Hall : « La propriété était presque aussi vaste que la maison était grande ; il y avait ici des restes de murs en brique, peut-être ceux d’une dépendance, ou d’un jardin d’hiver. Il poursuivit sa route vers l’arrière et se retrouva dans un jardin à l’abandon. Il vit deux pavillons d’été en pierre, et une balustrade qui divisait le jardin en niveaux. Quand on était dans l’allée, on ne se doutait pas qu’il y avait tout cela. Il prit deux photos, imaginant ce qu’avait été ce jardin 150 ou 200 ans plus tôt. » La demeure a été détruite par un incendie en 1917. Un chantier de reconstruction est en cours et c’est parmi les bénévoles que Greg rencontre Faith. Tous deux vont se lier d’amitié et se lancer dans une recherche autour du dernier héritier du domaine, Edmund Pearson, « considéré comme ayant été tué au moment de l’incendie ». Les termes employés cachent quelque chose, mais quoi ?
Linda Newbery traite en parallèle l’histoire de Greg et celle d’Edmund, leur point commun étant leur homosexualité. Edmund l’a découverte sur le front en rencontrant Alex. Son amour balaie les conventions de sa classe sociale et le libère. Greg se cherche encore et hésite à s’assumer. Se déclarer homosexuel en 1917 ou de nos jours reste difficile. La comparaison des deux vies aurait pu être intéressante mais les passages sur Edmund sont trop courts, pas assez consistants pour que l’on s’attache vraiment à lui. De plus, elle est un peu vaine puisque l’expérience d’Edmund sera inutile à Greg qui n’arrivera pas à découvrir la vérité sur sa mort.
A ce thème de l’homosexualité se rajoute celui de Dieu. Greg et Faith en parlent sans cesse, le garçon cherchant à comprendre la foi de sa camarade. Pourquoi Linda Newbery a-t-elle éprouvé le besoin d’aborder ce sujet ? Pour rajouter à l’indécision des adolescents ? Pour nous rappeler que l’Église est contre l’homosexualité ? Quelles que soient la raison, je trouve que cela n’apporte rien ni à l’intrigue ni aux personnages.
« Graveney Hall » n’est pas un roman déplaisant, il se lit sans peine. Mais une fois refermé, je n’ai réellement retenu que les défauts et c’est dommage car l’histoire d’Edmund Pearson me plaisait bien.
Merci à Bénédicte et aux éditions Phébus.






















