Trois chardons de Cécile Becq

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Ile de Skye, juin 1933, Moira Ferguson enterre son mari mort brutalement. A 30 ans, elle se retrouve sans ressources avec deux jeunes enfants. Sa sœur aînée Margaret propose de l’accueillir dans sa ferme le temps d’y voir plus clair. Bientôt, leur sœur cadette Effie va les rejoindre. Séduisante et pétillante jeune femme, elle vient d’apprendre que son mari médecin l’avait trompée. Elle quitte Edimbourg pour les terres sauvages et rudes de Skye. Les trois sœurs vont devoir cohabiter alors qu’elles ont des caractères fort différents. La frivolité d’Effie entrera souvent en conflit avec la rusticité de Margaret. Cette dernière n’a que sa ferme comme moyen de subsistance et ne peut nourrir toute la famille. Moira devra donc se mettre à travailler tout en essayant de continuer à vivre. La rigueur du climat, l’isolement de leur cottage, les difficultés vont néanmoins les rapprocher et les souder à nouveau.

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J’ai découvert cette BD grâce à Emjy et j’en ai beaucoup apprécié la lecture. L’intrigue est classique, mais elle est maîtrisée. Cécile Becq a su parfaitement doser la place, le caractère des trois sœurs, ainsi que le côté dramatique de leur situation. Les trois sœurs sont éminemment attachantes et j’ai pris plaisir à les suivre, à découvrir les événements qui ont jalonné leurs vies. La BD est très ancrée dans le quotidien des trois sœurs et des habitants de l’Ile de Skye. D’ailleurs, celle-ci est magnifiquement rendue par les dessins de Cécile Becq. Ils sont à la fois emprunts de douceur et très colorés.

« Trois chardons » nous raconte une histoire lumineuse de sororité, de retrouvailles, d’apprentissage, d’adaptation à une vie nouvelle sur fond des somptueux paysages écossais.

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Brontëana de Paulina Spucches

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Après nous avoir offert une formidable bande dessinée sur Vivian Maier, Paulina Spucches a choisi de se pencher sur les sœurs Brontë après un voyage à Haworth. « Brontëana » s’intéresse plus particulièrement à Anne dont les deux romans, « Agnès Grey » et « La recluse de Widfell Hall », sont malheureusement méconnus. Emily et Charlotte font de l’ombre à leur cadette qui mérite pourtant d’être lue. Dans les premières pages de sa bande dessinée, Paulina Spucches nous rappelle à quel point « La recluse de Widfell Hall » avait fait scandale lors de sa publication (la perversité de son auteur, la mauvaise influence que le roman pourrait avoir sur les femmes). Pour redorer le blason de sa sœur, Charlotte la présenta après sa mort comme très lisse et vertueuse et sans doute participa-t-elle à son invisibilisation.

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Paulina Spucches redonne vie à Anne Brontë entre les pages de sa bande dessinée. Elle montre à quel point son imaginaire n’avait rien à envier à celui de ses aînées. On la voit chercher à s’affirmer face aux fortes personnalités de ses frère et sœurs et vouloir devenir indépendante économiquement. Derrière les splendides dessins à la gouache, on sent une documentation très poussée et très solide. Mais c’est bien une vision personnelle de la famille Brontë que nous propose la dessinatrice. Les landes sont ici flamboyantes, elles sont une explosion de couleurs vives loin de la noirceur des romans gothiques. J’ai particulièrement aimé le rapprochement entre Anne et un corbeau, loin de son image fragile, qui nous offre une magnifique illustration d’Anne dans une robe violette et rouge recouverte de plumes sombres. Le découpage des pages est également très réussi et très original.

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Avec sa deuxième bande dessinée, Paulina Spucches s’impose comme une illustratrice de talent, à l’univers singulier et éclatant. Je salue son choix de remettre en lumière à travers son travail deux artistes qui restèrent longtemps dans l’ombre. Sa vision des sœurs Brontë m’a totalement séduite et je ne peux que vous encourager à lire les deux romans d’Anne Brontë si ce n’est pas déjà fait.

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Pisse mémé de Cati Baur

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Marie, Nora et les jumelles Marthe et Camille imaginent un soir, où elles ont pas mal bu, ouvrir un bar à tisanes qui s’appellerait « Pisse mémé ». L’endroit aurait également un coin librairie et proposerait des ateliers notamment de yoga. Un coup de pouce du destin va leur permettre de de réaliser leur rêve. Mais concrétiser « Pisse mémé » n’est pas si simple et changer de vie est un grand saut dans le vide pour les quatre amies.

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La dernière bande-dessinée de Cati Baur est absolument réjouissante. Les jeunes femmes ont des personnalités bien dessinées, bien tranchées et elles se complètent parfaitement dans leur projet. Leur amitié fait plaisir à voir. Et même si l’esprit de la BD est très positif, Cati Baur ne cache pas les difficultés rencontrées par certaines (plusieurs petits boulots pour s’en sortir, burn out, etc …). Cela ne les rend que plus sympathiques et on espère que l’ouverture de leur bar va leur permettre de connaître une vie meilleure.

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J’ai découvert Cati Baur grâce à son adaptation des « Quatre sœurs » de Malika Ferdjoukh. C’est un immense plaisir de retrouver la douceur de son dessin, le peps de ses couleurs. Il y a beaucoup de tendresse envers ses personnages. J’ai été totalement conquise par les quatre amies qui pétillent de malice et de drôlerie. Et j’aimerais avoir à côté de chez moi un Pisse mémé aussi chaleureux et convivial.

Vivian Maier, à la surface d’un miroir de Paulina Spucches

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J’ai découvert Vivian Maier en 2013  grâce au documentaire de John Maloof et Charlie Siskel. Ses extraordinaires photos, son sens du cadrage et son énigmatique personnalité m’ont tout de suite fascinée. J’avais donc très envie de découvrir la bande dessinée  que lui a consacrée Paulina Spucches. J’ai beaucoup apprécié le procédé narratif choisi par la dessinatrice. Elle prend comme point de départ des photos de Vivian Maier qu’elle transpose en dessin. Elle en imagine ensuite le contexte et ainsi elle évoque des souvenirs dans la vie de la photographe. C’est donc par fragments, par petites touches que se dévoile la vie de Vivian Maier : son métier de nounou, son retour à New York après avoir passé des années en France, son retour à Champsaur, sa manie d’accumuler les journaux, son côté secret et mystérieux, la manière dont ses pellicules ont été découvertes après sa mort. Paulina Spucches met également en valeur la transmission de la photographie : de Jeanne Bertrand à Vivian Maier et de cette dernière à Gwen Ward, une enfant dont elle fut la nounou. L’idée est joliment séduisante, même si elle est en partie fictionnelle.

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Le mélange entre réalité et fiction est très réussi dans cette bande dessinée de Paulina Spucches, comme le sont également ses gouaches et aquarelles aux traits rapides. Les couleurs sont vives, flamboyantes et vibrantes.

Dans « A la surface d’un miroir », Paulina Spucches a choisi de raconter de manière elliptique la vie de la photographe Vivian Maier. Ses choix narratifs, les couleurs vives employées m’ont séduite. J’ai maintenant hâte de découvrir son prochain projet autour des sœurs Brontë.

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La dernière reine de Rochette

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Edouard Roux a grandi dans les montagnes du Vercors, il y a vécu seul avec sa mère. Leur isolement dans la forêt leur attire la malveillance des villageois. En 1916, Edouard revient de la guerre avec une grande partie du visage arrachée. Il porte un sac sur la tête à la manière d’Elephant man et il se refusera à revoir sa mère. Un autre soldat à la gueule cassée lui conseillera de faire appel au talent de Jeanne Sauvage, une sculptrice animalière qui crée des masques pour les hommes revenus défigurés de la guerre. Edouard quitte Grenoble pour Paris où il rencontre Jeanne. Elle lui sculpte un masque et lui rend sa dignité. Tous  deux tombent amoureux et finissent par s’installer dans le massif du Vercors.

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« La dernière reine » de Rochette est une bande dessinée riche et passionnante. Le cœur de l’album est la belle et émouvante histoire d’amour de deux personnages venues d’univers totalement différents. Avec Jeanne, Rochette nous plonge dans le bouillonnement artistique du Paris des années 20. On croise Soutine, Cocteau, Picasso, Pompon. Une critique des galeristes et du monde de l’art se glisse à ce moment dans les pages de la bande dessinée. De l’autre côté, il y a les montagnes tant aimées par Edouard. Ce milieu naturel qui le protège des autres et qu’il respecte. Rochette propose une histoire du massif du Vercors qui commence en -100 000 avant J-C. Avec ses pages, c’est la rapport des hommes à la nature sauvage, aux animaux qui l’habitent (surtout l’ours) qui se dessine. On voit l’homme s’en éloigner et vouloir la maîtriser, la détruire.

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La tonalité de « La dernière reine » est globalement sombre, Edouard est devenu misanthrope pour se protéger des autres mais son refuge naturel ne suffira pas. Le trait brut, les couleurs  froides et sombres reflètent parfaitement l’atmosphère de l’histoire.

« La dernière reine » est une bande dessinée qui brasse des thématiques variées, la construction est très maitrisée et le propos est captivant.

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Le jardin secret seconde partie de Maud Begon

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C’est avec grand plaisir que nous retrouvons Mary, Dickon et Colin dans ce tome 2 du « Jardin secret » de Maud Begon d’après le roman de Frances H. Burnett. A la fin du premier tome, Mary venait de découvrir l’existence de son cousin Colin. Le jeune garçon souffreteux est persuadé qu’il va bientôt devenir bossu et mourir.  Il vit comme un reclus dans sa chambre et ne voit même pas la lumière du jour. Mais Mary a bien l’intention de changer cela et d’empêcher son cousin de se morfondre et de s’apitoyer sur son sort. Sous prétexte d’être mourant, Colin est un véritable tyran qui terrorise tout le personnel du manoir. Mary a constaté sur elle tous les bienfaits de la nature et de la découverte du jardin secret qu’elle a décidé d’entretenir avec son ami Dickon. Le grand air, le printemps et son explosion de couleurs et d’odeurs ne peuvent que mettre fin aux caprices du jeune Colin.

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Le tome 2 est, comme le premier, un régal pour les yeux. La nature s’épanouit dans les pages de Maud Begon, elle déborde du cadre et nous enchante totalement. Chaque page se déroulant dans le jardin est une merveille de délicatesse, une profusion de verdure et de fleurs. J’aurais bien aimé accompagner les trois amis dans ce jardin splendide ! Le dessin de Maud Begon est toujours aussi doux, frais et elle sait rendre les enfants extrêmement expressifs et attachants.

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Tout est absolument adorable et charmant dans cette bande dessinée. L’histoire, les dessins sont lumineux et soulignent à quel point notre capacité d’émerveillement face à la nature est salutaire.

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Un chant de Noël, une histoire de fantôme de José Luis Munuera

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Londres, 24 décembre 1843, Elizabeth Scrooge, prêteuse sur gage, exècre les fêtes, la joie et la bienveillance qui les accompagnent. Misanthrope, égoïste, radine et solitaire, Elizabeth Scrooge ne supporte personne et n’a aucune empathie pour les autres. Son entourage proche est traité de la même façon que les miséreux qui peuplent les rues de Londres. Son commis Cratchit lui arrache l’autorisation de ne pas travailler le jour de Noël mais ça sera bien entendu à ses frais. Sa nièce Frédérique lui propose de venir chez elle pour Noël ce qu’Elizabeth rejette avec brutalité. Pourtant, cette nuit du 24 décembre va bouleverser la vie d’Elizabeth Scrooge.

Vous avez bien lu, Scrooge s’appelle Elizabeth et non plus Ebenezer. José-Luis Munuera conserve la trame, les personnages du célèbre conte de Charles Dickens tout en le modernisant. Scrooge reste ce personnage antipathique au cœur sec. Mais le fait qu’il soit une femme modifie le regard que l’on porte sur lui. Elizabeth a été forcée d’arrêter l’école pour s’occuper de son père veuf et acariâtre. La place de la femme à l’époque victorienne est au foyer. Mais Elizabeth va réussir à déjouer les attentes de la société pour devenir une femme indépendante, ambitieuse et non soumise à un mari ou des enfants. Elle l’explique à la femme de Cratchit : « Dans ce monde, une femme n’a que peu d’options. En réalité, elle n’en a que deux. Être une sainte…ou une sorcière. » Elizabeth a bien entendu choisi la deuxième option et elle l’assume totalement. Elle est coriace et ne se laisse pas impressionner par les esprits de Noël, ni par Dieu. Scrooge a ici plus de nuances et la morale du conte n’est pas aussi nette que chez Dickens.

L’histoire est servie par un dessin splendide, les décors notamment, urbains et enneigés, sont particulièrement réussis. Les passages fantastiques sont à la hauteur de ce que Dickens a imaginé et sont saisissants.

La relecture du conte de Noël de Charles Dickens par José-Luis Munuera est savoureuse et pertinente. Elle interroge la place de la femme à l’époque victorienne et nous présente un personnage au fort caractère qui n’a pas l’intention de se renier. Un personnage qui est finalement moins détestable que son double masculin. Une très belle bande dessinée au graphisme remarquable.

 

Nettoyage à sec de Joris Mertens

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François mène une vie solitaire à Bruxelles. Sa routine l’amène chaque jour au kiosque de Maryvonne, le seul rayon de soleil de sa journée, pour jouer au lotto. Il se rend ensuite au café Monaco avant de rejoindre la blanchisserie Bianca où il est livreur. Pas d’augmentation en vue malgré sa rigueur et son assiduité, rien ne semble vouloir éclaircir ou alléger la morne vie de François. La météo semble également se liguer contre lui, une pluie drue ne cesse de tomber. Lors d’une livraison, le destin semble enfin sourire à François.

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J’avais été enchantée par « Béatrice », la précédente bande dessinée de Joris Mertens que je vous recommande à nouveau. Cette fois encore, la BD de Joris Mertens est un bijou graphique. Il joue allègrement avec la composition des pages : plein et double page, découpage à la verticale, à l’horizontale, encadrement blanc et noir quand le destin de François semble vouloir basculer, c’est un régal à lire. Le dessin est également somptueux, très sombre, la pluie et le ciel bas donnent le ton à l’histoire. Celle-ci se déroule dans un décor très urbain. Le macadam, les immeubles, les embouteillages nous plongent dans Bruxelles qui est bien plus qu’un décor. 

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Le scénario de « Nettoyage à sec » est celui d’un roman noir, où comment la vie d’un homme ordinaire peut basculer. La vie de François ne connaît que peu de lumière et malgré son austérité, il nous est rapidement sympathique. La vie, dont il rêve, s’esquisse dans quelques cases lumineuses. On aimerait que le destin lui offre une seconde chance et que la pluie cesse de détremper son costume noir.

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Le graphisme de Joris Mertens, sa mise en page sont une nouvelle fois saisissants et remarquables. « Nettoyage à sec » confirme le talent du dessinateur belge qui a créé en deux bandes dessinées un univers singulier.

Céleste de Chloé Cruchaudet

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Arrivant à Paris du fin fond de la Lozère à l’âge de 22 ans, Céleste Albaret y rejoint son mari Odilon, chauffeur de son état. Ne sachant rien faire, ni ménage ni cuisine, l’employeur de son mari lui propose de porter ses colis. Il se trouve que celui-ci n’est pas ordinaire puisqu’il s’agit de Marcel Proust. Il offre rapidement à Céleste de venir le seconder à plein temps. Dans l’appartement de l’écrivain, elle apprend l’art du téléphonage, à renvoyer les fâcheux, devient experte en essence de café et en paperolles.

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J’avais lu les mémoires de Céleste Albaret intitulées « Monsieur Proust » et j’avais trouvé l’admiration qu’elle portait à l’écrivain particulièrement touchante. J’étais donc ravie de retrouver Céleste grâce à la talentueuse Chloé Cruchaudet. Et cette bande-dessinée a été un énorme coup de cœur. Elle nous plonge dans l’intimité de Marcel Proust, dans son quotidien où Céleste joue tous les rôles et se démène pour son confort. Mais le plus beau dans ces pages est la façon dont Chloé Cruchaudet matérialise le processus de création de l’artiste. La dessinatrice y fait preuve d’une merveilleuse inventivité.

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La dessinatrice arrive également à rendre compte de la singularité de la relation qui se noue entre Céleste et M. Proust. Totalement improbable, cette amitié n’aurait jamais du exister. Céleste, modeste et naïve, va pourtant se rendre indispensable au génial dandy souffreteux et névrosé. Un duo étonnant qui est magnifié par les dessins virevoltants et élégants de Chloé Cruchaudet. A chaque lieu, sa couleur, l’aquarelle sublime l’ensemble et le texte de la Recherche s’inscrit tout naturellement dans le dessin.

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« Céleste » est le premier volet d’un diptyque dont je suis impatiente de découvrir la suite. Un bijou, une merveille, il ne faut manquer cette bande-dessinée sous aucun prétexte.

Moon river de Fabcaro

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C’est lors du tournage d’un western que Betty Pennyway, la célèbre actrice de « Orgasmes bourguignons », est victime d’une odieuse agression : quelqu’un lui a dessiné une bite sur la joue. Le lieutenant Hernie Baxter est chargé de l’enquête. Un indice, laissé sur les lieux du crime, pourrait le mettre sur une piste : le criminel a laissé son cheval dans la chambre de Betty. Baxter va-t-il faire éclater la vérité ? Le tournage du film pourra-t-il reprendre ? Et surtout Betty Pennyway pourra-t-elle réaliser son rêve de visiter la Mayenne en Twingo ?

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Retrouver Fabcaro est toujours un grand bonheur et « Moon river » est un excellent cru qui devrait vous donner des crampes aux zygomatiques. Cette parodie de film noir des années 50 est absolument hilarant et l’humour de son auteur est toujours aussi absurde. En parallèle de cette enquête trépidante (seulement pour Baxter puisque le coupable nous est révélé page 13), Fabcaro nous explique la genèse et la réalisation de sa BD. Ses problèmes physiques, le manque d’enthousiasme de ses proches pour le pitch de « Moon river », une fermière acariâtre qui lui hurle dessus quand il va acheter son foin, il n’est pas très en forme notre dessinateur. Mais c’est toujours avec humour et autodérision que Fabcaro nous parle de sa lassitude et de son envie d’arrêter la BD. Espérons que son hernie discale le laisse tranquille afin que nous puissions encore profiter de son talent.

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Encore une fois, je me suis régalée à la lecture de la dernière BD de Fabcaro, son humour décalée est imparable et toujours aussi réjouissant.