Pour le bicentenaire de la publication de « Orgueil et préjugés », les éditions Folio ont eu la bonne idée de rééditer le roman dans un joli coffret. En complément du chef-d’œuvre de Jane Austen, le coffret contient également une nouvelle intitulée « Amour et amitié ». Je vous ai déjà parlé de « Orgueil et préjugés », de sa finesse psychologique, son humour cinglant envers la société georgienne, l’exquise délicatesse de l’écriture de Jane Austen. En bref, ce livre est pour moi (et pour beaucoup d’entre vous) un incontournable de la littérature anglaise.
« Amour et amitié » fait partie des textes de jeunesse de l’auteur. Il fut achevé en 1790 alors que Jane Austen n’a pas encore quinze ans. Comme « Lady Susan », il s’agit d’une fiction épistolaire. Isabel demande à son amie Laura de raconter sa vie à sa fille Marianne. La vie de Laura fut rocambolesque et agitée. Après un coup de foudre expéditif (mariage à la clef quelques heures après la rencontre), Laura et son mari Edward sont en butte à la jalousie de la famille du jeune homme et doivent affronter une poursuite pour dettes, un emprisonnement, une fuite éperdue en Écosse et la mort brutale d’Edward. Ce type de péripéties invraisemblables fait penser au « Candide » de Voltaire qui lui aussi accumule les mésaventures. Mais il s’agit surtout pour Jane Austen de se moquer des romans sentimentaux très en vogue à l’époque. Elle en utilise d’ailleurs les codes : coups de foudre, fortes émotions, des coïncidences qui s’enchaînent (la plus belle étant un grand-père qui retrouve, dans une auberge au fin fond de l’Écosse, ses quatre petits-enfants qu’ils n’avaient jamais vus auparavant !), la lutte contre l’adversité. Jane Austen y raille surtout l’exacerbation des sentiments à l’excès et la sensiblerie. Laura passe son temps à tomber en pâmoison à la moindre émotion ! Se croyant supérieure aux autres grâce à sa profondeur de sentiments, elle méprise et juge son prochain au premier coup d’œil : elle refuse de lier connaissance avec une Bridget car ce prénom est vulgaire et celle qui le porte forcément grossière et inculte. On apprend également que les ronflements sont signe d’ignorance et d’un manque de délicatesse, pas la peine de s’intéresser à la personne qui les produit !
Comme vous le voyez, Jane Austen s’est beaucoup amusé à écrire cette petite histoire destinée à divertir sa famille et elle approfondira sa critique de ce type de roman dans « Northanger Abbey » rédigé en 1798-99.
Les éditions Folio et moi-même vous proposons de gagner deux coffrets « Orgueil et préjugés ». Pour gagner, il faudra répondre à la question suivante :
–Quel auteur comparait les romans de Jane Austen à « un exquis travail au petit point » ?
La réponse se trouve sur mon blog et vous avez jusqu’au 25 juillet pour me donner votre réponse à l’adresse suivante : plaisirsacultiver@yahoo.fr
Bonne chance à tous et merci à Lise et aux éditions Folio !




















