Happy Sweden de Ruben Östlund

Le cinéma du nord de l’Europe nous prouve depuis quelque temps déjà son incontestable originalité. Les films de Lars von Trier, Thomas Vinterberg ou Aki Kaurismaki étonnent,  amusent ou dérangent, mais laissent rarement indifférent.

« Happy Sweden » est une alternance de scènes qui, mises bout à bout, nous racontent cinq histoires sans lien entre elles : lors d’une réception, l’hôte prend un feu d’artifice dans l’œil et refuse d’être conduit à l’hôpital ; deux adolescentes font une virée alcoolisée un soir et passent à deux doigts de la tragédie ; dans une école, une prof est témoin d’une correction qu’inflige un de ses collègues à un gamin et le lui reproche en public dans la salle des profs ; un conducteur de car refuse de repartir tant que la personne qui a commis une dégradation dans les toilettes ne se dénonce pas ; pendant un week-end entre potes, l’un d’eux est contraint à un acte sexuel sous l’œil amusé des autres.

Cinq histoires banales en elles-mêmes, mais qui toutes disent la difficulté pour chacun de se situer par rapport aux autres, de trouver le bon équilibre entre affirmation de soi et intégration au groupe. Ceci est symbolisé par cette scène où l’instructrice montre le dessin de deux bâtons de longueur inégale à un élève et lui demande lequel est le plus long. L’élève répond juste et la prof pose la même question aux autres élèves, complices. Ceux-ci désignent, hilares, le bâton le plus court. Elle renouvelle l’expérience plusieurs fois jusqu’à ce que l’élève donne sciemment la mauvaise réponse. Lorsqu’elle lui demande pourquoi il a fait cela, il répond : « A cause des autres ».

Les autres, ce sont aussi les spectateurs, que la mise en scène du réalisateur inclut dans le jeu : chaque séquence est un plan fixe de plusieurs minutes, où les acteurs sont filmés de loin, de dos ou de trois-quarts, derrière une porte vitrée ou à travers la soute à bagages du car, parfois seules les jambes apparaissent, ou bien encore un personnage est hors-champ, tout ceci nous donnant l’impression d’être là quelque part et de surprendre une conversation, des gestes, nous plaçant plus que jamais en position de voyeur et nous confortant dans notre rôle de témoins passifs.

 « Happy Sweden » brosse un portrait acide de la société suédoise – mais il pourrait s’agir de toute autre société -, et montre sans les juger les petites lâchetés du quotidien, la peur de la solitude, la tentation du conformisme, les affres de l’orgueil, en somme les faiblesses de ses compatriotes. On sourit quelquefois, mais c’est souvent un sourire de commisération. De la dérision naît la gravité. Un film intéressant et réussi.

La mezzanine de Nicholson Baker

Le résumé de « La mezzanine » de Nicholson Baker est des plus simple : un homme casse un lacet de chaussure et décide d’en racheter un lors de sa pause déjeuner. Voilà tout, rien de plus que cette infime intrigue ne nous est raconté. Mais cet achat est l’occasion de multiples digressions sur le monde moderne qui entoure notre employé de bureau. Chaque objet est décrypté, rien n’est anodin et tout peut faire appel à des souvenirs, être source de questionnement.

Le lacet de chaussure cassé est par exemple le départ d’une longue analyse sur l’usure et les raisons de celle-ci. Notre narrateur tente de comprendre pourquoi ses deux lacets se sont cassés à deux jours d’intervalle. Cela le plonge dans la perplexité et le ramène à l’origine de la paire de souliers : « D’accord, il aurait lâché tôt ou tard : les lacets étaient d’origine et les chaussures celles-là mêmes que m’avaient achetées mon père deux ans auparavant quand j’étais entré dans cette boîte, pour y prendre mon premier boulot après mes études-cette rupture marquait donc une date sur le plan sentimental. »

Tout y passe dans cet inventaire à la Prévert des objets du quotidien : les escalators et leur nettoyage, les sacs en papier montrant que « (…) son possesseur mène une vie riche et active, emplie de courses urgentes. », les briques de lait qui remplacent malheureusement les bouteilles de lait livrées à domicile, etc, etc, etc…

La vie de notre employé de bureau n’est rythmé que par les objets qui l’entourent, les autres personnes ont peu de place dans son imaginaire. Les grandes étapes de sa vie défilent dans sa mémoire grâce aux objets et semblent être ses uniques repères temporels. Son passage à l’âge adulte est marqué par une découverte essentielle à l’homme moderne : comment mettre du déodorant alors que l’on est déjà habillé? La réponse est simple : il faut s’inspirer du portrait de Napoléon par Ingres et glisser sa main dans le bouton défait de sa chemise!

Nicholson Baker nous présente un monde moderne rendu absurde par la multiplication des objets supposés rendre nos vies plus simples. Le cerveau du narrateur ne cesse de réfléchir sur l’utilité de chaque chose. Son esprit, ses yeux sont mobilisés en permanence par des avancées technologiques, son paysage eest totalement rempli de choses parfaitement indispensables à son bien-être. « Je comptais sur la présence des appareils comme on compte sur une haie bien taillée à un certain carrefour, ou sur une affiche aux couleurs passées dans la vitrine de la teinturerie, une nourriture visuelle sur le chemin pour rentrer chez moi. » En fait de nourriture, cela ressemble plus à une pollution visuelle qui empêche notre narrateur de penser plus sérieusement ou même de lire pendant son heure de repas.

« La mezzanine » est une oeuvre réellement surprenante dans le fond et dans la forme. Nicholson Baker choisit de se moquer de notre monde moderne à travers cette énumération d’actes quotidiens qui peuvent sembler bien anodins. L’humour fait passer avec plus de légèreté les obsessions du héros. La forme peut également dérouter le lecteur. Nicholson Baker utilise les notes de bas de page avec excès. Il est capable pendant 2 pages 1/2 de nous démontrer la supériorité de la mug sur la tasse classique! Il nous explique son amour des notes de bas de page par d’autres auteurs qui « (…) savaient que la vérité ne s’obtient pas en naviguant tranquillement de paragraphe en paragraphe, mais qu’il lui faut son lit protecteur de citations, de guillemets, d’italiques et de langues étrangères (…). Ils connaissent le plaisir anticipé, après un coup d’oeil d’ensemble sur la double-page suivante, de ces lignes écrites en tous petits caractères qui leur dispenseraient d’autres exemples et un nouveau savoir. »

Vous l’aurez compris, l’absurde est le maître mot de ce roman, absurde qui envahit notre quotidien sans que l’on y prenne garde. « La mezzanine » est une charge drôlissime contre la modernité et qui nous sort de nos habitudes de lecteur. Ouvrez les yeux sur votre quotidien, il est plus foisonnant et délirant qu’il n’en a l’air!

La recluse de Wildfell Hall de Anne Brontë

« La recluse de Wildfell Hall » est le second roman de la cadette des soeurs Brontë, Anne. Le premier, « Agnès Grey », a été publié en 1847, celui-ci en 1848 sous le pseudonyme de Acton Bell. Les trois soeurs avaient en effet envoyé leurs manuscrits aux éditeurs sous des pseudonymes masculins pour avoir plus de chance d’être publiées.

L’histoire de « La recluse de Wildfell Hall » commence à l’automne 1827. Le narrateur est Gilbert Markham, un fermier de 24 ans. Dans le village, une nouvelle habitante vient de s’installer à Wildfell Hall. Elle se nomme Helen Graham, est veuve, mère d’un fils de cinq ans, reste très réservée et à l’écart de la vie sociale de la petite communauté. Son logement se prête d’ailleurs fort bien à l’isolement :  » Près du sommet de cette colline, à 2 miles environ de Linden-Car, se dressait Wildfell Hall, une vieille bâtisse de l’époque élisabétahaine, construite en sombres pierres grises, vénérable et pittoresque, mais sans aucun doute aussi froide que triste à habiter, avec ses épais meneaux de pierre, ses petites vitres treillissées, ses soupiraux rongés par le temps et son isolement. »

La nouvelle arrivée suscite immédiatement l’intérêt de tous. Gilbert Markham ne fait pas exception et son attention devient de plus en plus tendre. Mais il ne comprend pas l’attitude froide et distante d’Helen alors même qu’ils passent beaucoup de temps ensemble. Elle ne veut pas approfondir ses relations avec Gilbert : »(…) si vous ne pouvez vous contenter de me regarder comme une amie…une amie sincère, sans passion, maternelle ou fraternelle, je dois vous prier de me laisser seule à présent, et de me laisser seule désormais. » Cette solitude est rapidement l’objet des pires rumeurs sur la moralité d’Helen. Elle doit alors s’expliquer auprès de Gilbert.

Là s’ouvre un deuxième récit dont le narrateur est Helen elle-même. A travers son journal intime, elle nous raconte son mariage avec Arthur Huntingdon qui ne se déroula pas exactement comme la jeune fille romantique l’avait imaginé. « Il n’est pas non plus un mauvais mari; mais ses notions de devoir et de bonheur conjugal sont opposées aux miennes. Si l’on en juge par l’apparence, son idée est que la femme est faite pour aimer l’homme avec dévotion et pour rester à la maison. Elle doit attendre son mari, l’amuser, pourvoir à son confort de toutes les façons possibles, tant qu’il lui plaît de rester avec elle. Quand il est absent, elle doit veiller à ses intérêts domestiques et autres et patienter jusqu’à son retour. Peu importe ce qu’il fait pendant ce temps. »

« Le recluse de Wildfell Hall » est un des premiers romans féministes. Helen, déçue par son mariage, revendique sa liberté et défie son mari. Les femmes ne sont que secondaires dans le couple et doivent tout mettre en oeuvre pour être agréables aux hommes. Anne Brontë n’était bien entendu pas de cet avis, Helen en est la preuve mais également Esther qui ne cède pas à la pression sociale et attend l’amour véritable.

On trouve dans « La recluse de Wildfell Hall » des thématiques proches « Des hauts de Hurlevent » de Emily Brontë. Notamment celui de la violence sauvage des hommes (même le charmant Gilbert peut réagir de manière violente) et surtout l’alcoolisme qui les détruit. Branwell Brontë, le frère d’Anne, était lui-même alcoolique ce qui le mena à une déchéance physique mortelle.

J’ai beaucoup apprécié cette lecture même si l’écriture de Anne est moins fluide que celle de ses deux soeurs. Les thématiques, le réalisme social en font une oeuvre tout à fait intéressante. Anne confirme l’extraordinaire créativité artistique de la famille Brontë.

Nous autres d'Eugène Zamiatine

Cela fait mille ans que la terre est soumise au pouvoir de l’Etat unique. Depuis la Guerre de Deux Cents ans, les hommes vivent dans des villes séparées par des « immensités vertes », chacune entourée du Mur Vert qui la préserve de la nature sauvage. Pour parvenir au bonheur, l’état de liberté a été supprimé. Chaque instant de la vie est planifié, programmé. Chaque activité humaine – travail, loisirs, éducation, repos, repas, sexualité, etc. – est organisée selon « un système d’éthique scientifique, basé sur les opérations d’arithmétique ». L’inattendu, l’imprévu ont été réduits au maximum. C’est le règne de la rationalité appliquée à l’organisation sociale, à laquelle chacun apporte « un sacrifice paisible, réfléchi et raisonnable ».

Les êtres humains sont les rouages d’une machine au bon fonctionnement de laquelle doivent tendre tous leurs actes et pensées. Ils « sont fondus en un seul corps aux millions de mains », – le total l’emporte sur l’unité. Ils ne sont plus désignés par un nom, mais par un numéro composé d’une lettre et d’un chiffre. Ils vivent dans des bâtiments de verre transparents, car ils ne doivent rien cacher de leur vie. Les Gardiens veillent par ailleurs à ce que cette harmonie perdure, sous l’égide du Bienfaiteur, « aussi sage et aussi cruel que le Jéhovah des anciens ». Le narrateur, D-503, est mathématicien et le constructeur de l’Intégral, engin « électrique en verre et crachant le feu », chargé de porter la bonne nouvelle du « bonheur mathématique et exact » aux habitants d’autres planètes, dans le but de les « soumettre au joug bienfaisant de la raison ». L’Intégral transportera des traités, poèmes et autres écrits « célébrant les beautés et la grandeur de l’Etat Unique ». « Nous autres » est la contribution de D-503, ensemble de notes où il consigne ce qu’il pense, ou plutôt, – ce qui revient au même -, ce que nous autres pensons. La vie de D-503 sera bouleversée par sa rencontre avec une femme, I-330, qui l’éveillera à des sentiments nouveaux et l’amènera à prendre conscience de son individualité, autant d’hérésies dans « la vie mathématiquement parfaite de l’Etat Unique ». 

« Nous autres » fut écrit par l’ingénieur, mathématicien et écrivain Eugène Zamiatine (1884-1937) en 1921 et interdit par la censure soviétique. En 1931 Zamiatine fut contraint à l’exil, à Paris, où il mourut. Le roman paraît pour la première fois en 1924 dans une édition en anglais. Il exerça une réelle influence sur d’autres contre-utopies écrites plus tard et beaucoup plus connues : « 1984 » de George Orwell, « Le meilleur des mondes » d’Aldous Huxley, ou encore « Fahrenheit 451 » de Ray Bradbury. Il fut ainsi l’un des pionniers d’un genre destiné à anticiper l’effroi du totalitarisme, qu’il soit inspiré par le socialisme, le fascisme, le scientisme ou le capitalisme. Désespérant et glaçant par bien des aspects, ce livre garde cependant foi en l’humanité et nous rappelle, comme l’écrivit Zamiatine dans un essai, que « seuls les hérétiques, rejetant le présent au nom de l’avenir, sont l’éternel ferment de la vie et assurent l’infini mouvement en avant de la vie ». A méditer en ces temps de capitalisme triomphant à l’échelle planétaire.

  

Becoming Jane de Julian Jarrold

« Becoming Jane » est une évocation de la vie de Jane Austen et surtout un hommage à son oeuvre.

La jeune Jane (Anne Hathaway) vit avec sa famille dans un presbytère et passe son temps à écrire. Ses parents sont peu fortunés et espèrent que leurs deux filles  feront de beaux mariages. La soeur de Jane est déjà fiancée et Jane semble promise à Tom Wislet, un riche héritier. Le problème c’est que Jane n’envisage pas le mariage sans amour et elle n’a aucun sentiment pour Tom Wislet. Sur ce Henry, l’un des frères de Jane, revient après des études à Oxford. Il ramène dans ses bagages l’un de ses amis : Tom Lefroy (James McAvoy). Tous deux menaient une vie de débauche à Londres et la vie à la campagne leur semble bien insipide. Jane trouve ce garçon bien arrogant et désagréable. Ils se chamaillent avant de se rendre compte qu’ils s’aiment. Malheureusement Tom est pauvre et son oncle, qui subvient à ses besoins, est contre ce mariage.

« Becoming Jane » est un film très plaisant, très agréable à regarder. Il ne s’agit bien évidemment pas d’un biopic au sens strict du terme puisque l’on sait peu de choses de la vie intime de Jane Austen. Il y a quelques références bien réelles comme le fait que le père était révérend, que la famille n’était pas riche, que l’un des frères de Jane était handicapé, etc… Le reste du film m’a fait penser à l’oeuvre elle-même. Le couple Jane et Tom nous rappelle celui de « Pride and Prejudice » : Elizabeth Bennett et Mr Darcy. Les deux commencent par se détester avant de céder à l’amour. Elizabeth refuse également de se marier sans sentiment réciproque. On pense aussi à « Northanger Abbey » lorsque Tom emmène Jane chez Ann Radcliffe. Jane Austen a mis au coeur de son roman « Les mystères d’Udolphe » de Ann Radcliffe pour ridiculiser les jeunes femmes effrayées par les romans gothiques.

Ce qui est intéressant également c’est l’évocation de la vie d’une femme auteure au XIXème. Ann Radcliffe explique à Jane qu’il est difficile d’être épouse et auteure car ce métier donne une bien mauvaise réputation. Celle-ci écrit d’ailleurs des livres remplis de dangers, de terreurs bien loin de sa vie quotidienne. Jane Austen choisit la voie de la critique des moeurs de la bourgeoisie qu’elle côtoie, sans doute ce choix était plus osé pour son époque.

« Becoming Jane » est un divertissement réussi, avec de bons acteurs et l’esprit austinien y est respecté. C’est frais, léger, un bon moment à passer dans la campagne anglaise!

 

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L'instinct d'Inez de Carlos Fuentes (Blogoclub)

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« L’instinct d’Inez » de Carlos Fuentes traite de deux histoires d’amour en parallèle. La première est contemporaine et la seconde remonte à la nuit des temps.

1999, Salzbourg, Gabriel Atlan-Ferrara a 92 ans et va diriger pour la dernière fois le « Faust » de Berlioz. Au crépuscule de sa vie, le chef-d’orchestre réfléchit au temps qui a passé, à ce qu’a été sa vie. « Un sceau de cristal qui contenait peut-être tous les souvenirs de la vie, mais dont la matière était aussi fragile que ces souvenirs, était-il un objet dangereux? En le regardant, posé ainsi sur son trépied devant la fenêtre, entre la ville et lui, le vieil homme se demanda si la perte de ce talisman de verre signifierait aussi la perte de la mémoire. «  Le « Faust » n’est pas pour rien dans cette évocation de la mémoire, cette oeuvre est intimement liée à une cantatrice : Inez. C’est d’ailleurs cette dernière qui a offert le sceau de verre à Gabriel. Ils se sont rencontrés à trois reprises, à chaque fois lors d’une représentation de « Faust » en 1940, 1949 et 1967. Ils se sont aimés sans pouvoir rester ensemble, empêchés par les forces obscures du destin.

Parallèlement se développe une autre histoire, celle de a-nel et ne-il à une époque préhistorique. Une histoire d’amour qui se développe en des temps difficiles au milieu d’une société archaïque. a-nel et Inez semblent être la même personne, ou l’une est l’ancêtre de l’autre. Le cycle de la vie se rejoue sans cesse avec les mêmes êtres à des époques différentes. La mémoire est au centre de cett oeuvre de Carlos Fuentes, « L’instinct d’Inez » semble être une méditation mélancolique sur la vie et la mort. « Mais en son for intérieur, il se disait : Notre vie est un recoin transitoire dont le sens est de faire exister la mort. Nous sommes le prétexte à la vie de la mort. La mort rend présent tout ce que nous avions oublié de la vie. » Il faut souligner que Carlos Fuentes a dédié son livre à son fils mort en 1999.

Je dois avouer être restée totalement extérieure à cette histoire. J’ai notamment été totalement rebutée par les chapitres concernant le couple préhistorique. Ces passages sont très symbolistes et je n’en ai pas compris la signification. « C’est ce que lui dira son instinct. La « chose perdue » sera un ancien village qui sera toujours pour elle à venir, il n’a jamais déjà été, il sera déjà parce qu’elle y connaîtra le bonheur qu’elle n’a pas perdu, mais qu’elle y retrouvera.  » Ce type de phrases est pour moi absolument abscons, à la limite de l’ésotérisme. Ces chapitres coupent l’histoire de Gabriel et d’Inez qui me semblait nettement plus intéressante et se suffisant à elle-même.

Ma première (et dernière?) rencontre avec l’auteur mexicain n’a pas été une réussite. J’espérais découvrir grâce à ce livre un nouvel univers, un nouvel auteur, mais je n’y ai trouvé que de l’ennui.