Vanda de Marion Brunet

Vanda

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vanda élève seule son fils de 6 ans, Noé, son bulot. Tous deux habitent dans un cabanon de pêcheurs en bord de mer, sans fenêtre et sans confort. Vanda est femme de ménage dans un hôpital psychiatrique, intérimaire donc précaire. Cette vie sur un fil va basculer lorsque Simon, le père biologique de Noé, revient à Marseille pour l’enterrement de sa mère. Il ne savait pas qu’il était père et s’accroche à ce fils qu’il vient de découvrir. Il veut le sauver de la galère dans laquelle il vit avec sa mère mais aussi de cette dernière, trop excessive, trop exclusive. Vanda prend très mal les velléités de paternité de Simon et craint le pire. « Elle le sait, la venue de l’autre et son insistance à la revoir sont autant de signes. Ça vient pareil à un grain, la couleur du ciel qui change avant la tempête. Le corps de son fils la rassure, une réalité palpable, ce qu’elle a de meilleur. Eux deux, tout seuls. Rien que son fils et elle, il n’y a que ça qui compte vraiment, au final. »

J’avais découvert Marion Brunet avec « Sans foi ni loi » et j’ai été enchantée de retrouver sa plume concise, brute et toujours juste. « Vanda » est un roman noir, une tragédie, un drame social. L’auteure donne la parole aux invisibles de la société, ceux qui vivent à la marge et dont la colère gronde. La révolte couve dans les lignes de Marion Brunet, les raisons et manifestations en sont nombreuses : le mouvement des gilets jaunes, la répression policière, les contrats précaires, les immeubles insalubres qui s’effondrent. Vanda évolue dans ce monde-là et elle est dévorée par la rage. L’auteure nous offre ici un personnage atypique, flamboyant, digne face aux revers du destin et aux jugements des autres. Vanda fuit la « normalité », se débat pour conserver sa liberté et sa relation fusionnelle avec son bulot. Le déterminisme social va pourtant la rattraper. Jamais Marion Brunet ne juge ses personnages, c’est avec empathie qu’elle nous parle de Vanda, cette femme à l’instinct presque bestiale, hyper-sensible qui aime passionnément l’odeur du cou de son bulot.

Marion Brunet signe avec « Vanda » une vibrante tragédie aux personnages incarnés, vivants et attachants. La justesse, la précision de sa plume me donnent envie de la retrouver très rapidement.

 

4 réflexions sur “Vanda de Marion Brunet

  1. De cet auteur, j’ai beaucoup aimé « L’été circulaire », le thème en est aussi le déterminisme social, mais traité sous l’angle de l’adolescence. Un roman noir également, très dense. Je note donc ce nouveau titre.

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