Le dernier été en ville de Gianfranco Calligarich

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Installé à Rome depuis quelques années, Leo Gazzara vit en dilettante : « J’allais tous les jours voir la mer. Un livre en poche, je prenais le métro pour Ostie et passais une bonne partie de la journée à lire dans une petite trattoria sur la plage. Puis je rentrais en ville et allais flâner du côté de la Place Navone où je m’étais fait des amis, des gens qui erraient comme moi, essentiellement des intellectuels aux têtes de réfugiés et aux yeux pleins d’attente. »  Leo passe de bar en bar, de chambre d’hôtel en chambre d’hôtel et travaille sporadiquement au Corriere dello sport. Sa vie de dandy aurait pu se poursuivre ainsi mais le soir de ses trente ans, il croise la route de la renversante Arianna. Leo en tombe désespérément amoureux et tente de suivre les va-et-vient de cette beauté évanescente.

« Le dernier été en ville » a été publié en 1973 et il est devenu un roman culte en Italie. Cela n’est pas surprenant au vu de la qualité du texte qui n’avait encore jamais été traduit en France. Le roman oscille entre la légèreté et une ambiance crépusculaire. L’intrigue se déroule à la fin des années 60 et s’ouvre l’été. L’insouciance enivre aussi vite que l’alcool. Et pourtant, Leo traine une mélancolie existentielle. Né pendant la guerre, il cherche sa place et un sens à sa vie. Il est presque un personnage fitzgeraldien qui se brûle les ailes aux lumières de la fête. Le roman de Gianfranco Calligarich est d’ailleurs émaillé de nombreuses références littéraires : « Lord Jim », « Martin Eden », Dylan Thomas, Hemingway et surtout Marcel Proust. Leo lit des passages de « Du côté de chez Swann » à Arianna qui promène le livre dans sa voiture.

L’écriture du roman est extrêmement visuelle, elle nous plonge dans les ruelles, les places de Rome, la plage d’Ostie. Les déambulations de Leo dans la ville évoque inévitablement « La dolce vità » de Fellini. Et comme dans les films du réalisateur, Rome n’est pas qu’un décor. La ville, magnétique et incandescente en été, se prête si bien aux flâneries, elle absorbe ceux qui s’y promènent avant qu’ils se lassent d’elle.

« Le dernier été en ville » est une merveille où l’insouciance et le désenchantement se mélangent, où un jeune homme s’abandonne et se perd dans le tumulte des fontaines romaines.

Traduction Laura Brignon

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