La jeune femme et la mer de Catherine Meurisse

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Une jeune dessinatrice française vient passer quelques temps en résidence au Japon pour « renouveler sa banque d’images mentales par trop occidentales« . Durant son séjour, elle va croiser la route d’un tanuki facétieux, d’un peintre japonais qui cherche à peindre la femme idéale sans y parvenir, une jeune femme mystérieuse qui tient une auberge thermale.

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« La jeune femme et la mer » est un mélange d’éléments autobiographiques (Catherine Meurisse s’est rendue au Japon en 2018 et 2019) et de références à « Oreiller d’herbe » de Natsume Sôseki (notamment pour le personnage du peintre japonais). Comme souvent chez Catherine Meurisse, l’art et la nature se mélangent dans ses pages. La dessinatrice compare ce qu’elle connaît à ce qu’elle découvre. L’Ophélie de Millais côtoie la vague d’Hokusai, la maison de ses parents dans le Poitou apparaît au milieu dans lac. La narratrice est saisie durant son séjour par cette « familière étrangeté » devant les paysages japonais. Elle s’interroge sur notre rapport à la nature, au vivant. Ici, ce lien est contradictoire : la nature est respectée, vénérée mais il faut néanmoins s’en protéger (typhon, tsunami). Et pour ce faire, on défigure les paysages avec des murs de béton face à la mer ou dans les montagnes pour éviter les glissements de terrain.

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« La jeune femme et la mer » allie le conte, la poésie et l’humour. Comme le dit Catherine Meurisse, sa dessinatrice est comme « Alice au pays des merveilles », elle suit le tanuki et passe de l’autre côté du miroir. Elle y découvre Nami, la mystérieuse jeune femme qui est capable de prédire les cataclysmes en effleurant l’eau. Des fantômes habitent également les paysages de la campagne nipponne. Ceux-ci dégagent une infinie poésie qui est sans cesse contre-balancer par de l’humour et la cocasserie du tanuki.

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 La plume et l’aquarelle de Catherine Meurisse font encore des merveilles dans « La jeune femme et la mer », certaines pleines pages, représentant des paysages, sont splendides. L’alliance du merveilleux et du prosaïque fonctionne à la perfection et je me suis à nouveau régalée à lire le travail de Catherine Meurisse.

2 réflexions sur “La jeune femme et la mer de Catherine Meurisse

  1. j’adore ce qu’elle fait! j’ai lu récemment son ouvrage sur Delacroix, je l’avais emprunté, je me le suis procuré par la suite, tant j’ai adoré! je note immédiatement ce titre!

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