Un plan simple de Scott Smith

Hank Mitchell est comptable dans une petite ville reculée de l’Ohio. Il mène une vie paisible, plutôt aisée avec sa femme enceinte. Il aura toujours tout fait pour que sa famille ne manque de rien, pour ne pas connaître le sort de ses parents qui durent vendre leur ferme après une faillite. Ils décédèrent dans un accident de voiture. Depuis, chaque année pour l’anniversaire de leur père, Hank et son frère Jacob, qui ne sont pas très proches, se rendent au cimetière. Ce 31 décembre 1987 ne se déroule pas comme les précédents. Jacob vient chercher son frère avec son pick-up à bord duquel se trouvent son chien et son ami Lou. Pour éviter un renard, le pick-up dérape sur la route verglacée, s’immobilise. Le chien en profite pour s’échapper et pour prendre en chasse le renard. C’est en cherchant le chien que les trois hommes vont découvrir la carcasse d’un petit avion accidenté au milieu de la forêt. Le pilote est bien évidemment mort mais dans le cockpit, Hank découvre un sac contenant quatre millions de dollars. Les trois comparses décident de les garder mais ne commenceront à les dépenser que dans six mois. Une idée qui semble sensée et raisonnable mais qui se révèlera lourde de conséquences.

« Un plan simple » est un formidable roman noir, haletant et à l’ironie glaçante. C’est le récit d’un engrenage infernal, sanglant dans lequel se trouve piégé un homme ordinaire. Hank pensait avoir tout ce dont il rêvait dans la vie mais l’argent change tout : « En nous ouvrant les portes du rêve, l’argent nous avait amenés à mépriser notre existence présente. Mon boulot au magasin, notre maison pré-fabriquée, l’agglomération qui nous entourait, tout cela faisait déjà partie du passé dans notre esprit. Étriquée, grise, invivable, telle était notre situation avant que nous ne devenions millionnaires. » Et pour que cette vie nouvelle advienne, Hank va aller très, très loin dans l’horreur. Plus notre héros s’embourbe dans ses crimes, ses mensonges et plus il est fataliste comme si la violence était sa seule option pour s’en sortir. Hank aurait du se rappeler que l’argent ne fait pas le bonheur.

Si vous aimez l’ambiance de « Fargo » (le film et la série), « Un plan simple » est un roman qui va forcément vous plaire. Sa mécanique implacable, efficace, est aussi terrible pour ses héros qu’elle est réjouissante pour ses lecteurs.

Traduction Eric Chédaille

Les causes perdues de Violet Trefusis

Emilie Rateau, jeune femme née à Poitiers, est embauchée comme préceptrice de la nièce de la comtesse Gertrude de Béanthes à Paris. Dans un hôtel particulier somptueux, la comtesse mène une vie très austère et sa pingrerie est légendaire. Elle veut conserver tout son héritage pour Ghislain, son neveu, qui la flatte à chacune de ses visites. Emilie et la jeune Yolande ont la vie dure : peu de nourriture, pas de chauffage, aucun amusement. C’est la baronne Solange de Petitpas, la cousine de la comtesse, qui a proposé ce poste à Emilie en pensant l’aider. La baronne vit à Poitiers et avait de l’affectation pour le père photographe de la jeune fille.

Violet Trefusis, membre de la haute société anglaise, a écrit ce roman en français en 1941 et il faut souligner la très grande qualité de son écriture. « Les causes perdues » est une étude de mœurs se déroulant dans l’aristocratie française. Le roman est composé de deux parties. La première est consacrée à la vie d’Emilie chez la comtesse alors que la deuxième se déroule à Poitiers dans l’entourage de la baronne (elle parle notamment de jeune femme qui héritera du frère de la baronne). Les portraits sont piquants, plein d’une ironie mordante. Mais l’ensemble est assez décousu, on perd totalement de vue Emilie Rateau dans la deuxième partie alors que son journal ouvre le roman.

Je découvre Violet Trefusis, qui fut l’amante de Vita Sackville-West, avec ce roman qui malheureusement ne m’a pas totalement convaincue malgré une écriture remarquable.

Terres promises de Bénédicte Dupré La Tour

Cet incroyable premier roman nous plonge dans le far-west sans que ni date ni lieu ne soient jamais précisés. Bénédicte Dupré La Tour joue avec l’imaginaire de son lecteur et les codes du genre : la ruée vers l’or, une terre promise que l’on cherche toujours plus loin au-delà des montagnes, des massacres de natifs, des saloons où l’on trouve des prostituées. Chaque chapitre est consacré à un personnage et pourrait être en soi une formidable nouvelle. Mais « Terres promises » est bien un roman choral puisque on recroise les personnages d’un chapitre à l’autre. Des lettres entrecoupent ce roman, celles d’Eliott Burns qui écrit à ses proches avant d’être exécuté. Son histoire est l’une des plus belles et touchantes du livre.

Bénédicte Dupré La Tour nous montre l’envers du décor, les perdants du nouveau monde. Le ton des chapitres est assez sombre, cruel. Les vies des personnages sont faites de violence et de brutalité. L’autrice écrit de très beaux personnages féminins comme Eleanor Dwight, la prostituée, Kinta, la veuve native ou Rebecca Strattman, mariée à un homme beaucoup plus âgé. Chacune tente de prendre son destin en main, de conquérir une forme de liberté, chacune sera brutalisée par les hommes. L’espoir est une denrée rare dans ces terres promises qui sont sauvages et âpres.

Le premier roman de Bénédicte Dupré La Tour est sidérant de maîtrise et d’habileté dans sa construction. L’autrice nous offre une fresque captivante dans une langue fluide et d’une grande beauté.

Absolument et pour toujours de Rose Tremain

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A l’âge de 15 ans, Marianne Clifford tombe éperdument amoureuse de Simon Hurst, un jeune homme de 18 ans qu’elle a rencontré dans une boom. Il est beau, prometteur puisqu’il va tenter l’examen d’entrée à Oxford. Après avoir perdu sa virginité à l’arrière de la voiture de Simon, Marianne se languit de lui dans son pensionnat. Elle néglige ses études puisque son avenir est tout tracé : elle va épouser Simon. Malheureusement, le jeune homme rate son examen et déçoit profondément les espoirs de ses parents qui décident alors de l’envoyer à la Sorbonne. Loin des yeux, loin du cœur, Simon écrit peu à Marianne qui dépérit. L’avenir dont elle avait tant rêvé s’effondre.

« Absolument et pour toujours » nous permet de suivre le destin de Marianne à travers le temps et de voir le cours prit par sa vie après le départ de Simon. Une fois devenue adulte, Marianne continue à vivre avec le fantôme de la vie dont elle avait rêvé. Elle semble tout faire par dépit, sans réelle envie. Le personnage de Marianne est follement romanesque, plein de fantaisie, pétillant et avec un humour piquant. J’ai pris plaisir à la suivre durant le roman, à la voir chercher sa place, sa propre voix. Rose Tremain évoque également les relations parents-enfants dans les années 50 faites de non-dits, de secrets enfouis et d’une froideur qui est en fait de la pudeur.

J’ai été séduite par « Absolument et pour toujours », par son personnage principal attachant, par sa fin qui éclaire de manière différente l’histoire que l’on vient de lire.

Traduction Françoise du Sorbier

La disparue de la réserve Blackfeet d’Anaïs Renevier

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Aux Etats-Unis, une femme native disparaît toutes les huit heures dans une grande indifférence. Ashley Loring Heavyrunner est l’une d’elle. En juin 2017, elle se rend à une fête dont elle ne reviendra jamais. Elle avait 20 ans et sept ans après sa disparition, son corps n’a toujours pas été retrouvé. Anaïs Renevier a mené une enquête rigoureuse et passionnante sur Ashley et plus largement sur les très nombreuses disparitions de femmes natives aux Etats-Unis (mais c’est le cas aussi au Canada). 

Plusieurs facteurs expliquent ces disparitions, ces meurtres et le désintérêt des autorités. Les Amérindiens subissent des violences depuis cinq siècles, ils ont été méthodiquement exterminés, aussi bien physiquement qu’économiquement et culturellement. Leur situation aujourd’hui découle de ce massacre originel. Dans les réserves, la pauvreté est endémique, la drogue et l’alcool y font de terribles ravages. Ce sont de plus de très vastes territoires, isolés, comme la réserve des Blackfeet, au cœur d’une nature sauvage et dangereuse. Anaïs Renevier explique également très bien l’inaction récurrente des autorités. La réserve dépend de deux forces de l’ordre (police tribale, police d’Etat) et de deux agences fédérales (FBI et BIA). Chacune se renvoie la balle lors de disparitions et rien n’avance. « Les enquêtes passent à la trappe, les dossiers ne sont jamais instruits. Dans le cas d’Ashley Loring Heavyrunner et dans toutes les affaires de disparitions, la question est encore plus difficile à trancher, il n’existe aucune certitude qu’un meurtre a été commis. » Les familles ne peuvent compter que sur elles-mêmes. Dans le cas d’Ashley, sa sœur Kimberley a fait en sorte qu’elle ne soit pas oubliée. Elle a organisé des battues dans la réserve, des marches et est allée jusqu’au Congrès pour témoigner. Depuis deux ans, Loxie, la mère d’Ashley et Kimberley, a repris le flambeau sans malheureusement obtenir plus de résultats. 

Anaïs Renevier dresse un constat dramatique et consternant sur la situation des femmes natives aux Etats-Unis. Une enquête qui nous éclaire sur un sujet dont on entend peu parlé ce côté-ci de l’Atlantique. 

Ouvriers, artisans du beau selon Caillebotte de Dominique Auze

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En s’appuyant sur « Les raboteurs de parquets » de 1875, Dominique Auzel dresse le portrait de Gustave Caillebotte, mort brutalement à l’âge de 45 ans en 1894. C’est au travers de différentes voix, de différentes époques que s’esquisse l’image du peintre, dont la vie privée a conservé une part de mystère. L’auteur donne la parole à l’un des raboteurs du tableau, à Caillebotte lui-même, à son frère Martial, à sa compagne Charlotte Berthier, à Monet, à un jeune étudiant de 2020. Dominique Auzel trace ainsi le parcours de Caillebotte de ses débuts en peinture à sa reconnaissance au travers d’une vente aux enchères chez Christie’s à New York en novembre 2020 où le J. Paul Getty Museum fit l’acquisition de « Jeune homme à sa fenêtre ».

« Ouvriers, artisans du beau selon Caillebotte » entre en résonnance avec l’exposition actuellement visible au musée d’Orsay. « Je cherche à saisir l’homme moderne dans les espaces publics et privés, oublier les fonds neutres, vides et désincarnés de l’académisme pour redonner une place à mes contemporains, dans leur propre environnement. » C’est exactement ce qui est souligné dans l’exposition. A travers les tableaux exposés et ce livre, on découvre aussi sa passion pour le nautisme inoculée par Alfred Sisley, le dévouement de Caillebotte au groupe des impressionnistes auquel il participera et dont il deviendra collectionneur, son goût partagé avec Monet pour l’horticulture. Dominique Auzel souligne la générosité (envers ses amis, envers l’Etat français à qui il légua sa collection), la discrétion de Gustave Caillebotte mais aussi la formidable modernité de ses cadrages, des thématiques présentes dans ses œuvres.

« Ouvriers, artisans du beau selon Caillebotte » éclaire la personnalité du peintre et son travail. Le livre de Dominique Auzel est une excellente entrée en matière pour l’exposition du musée d’Orsay.

King Winter’s birthday de Jonathan Freedland et Emily Sutton

Winter

C’est l’anniversaire du roi Hiver et il souhaite organiser une fête spéciale. Il veut faire venir ses frères et ses sœurs : la reine Printemps, le roi Eté et la reine Automne. Le roi Hiver se souvient avec émotion des moments passés ensemble durant l’enfance et il est enchanté d’accueillir sa famille dans son palais. Mais pendant que la fratrie festoie, de drôles d’évènements se déroulent dehors. La nature est déboussolée.

« King Winter’s birthday » est un très joli conte qui met en avant le respect de la nature, du rythme des saisons. En prenant connaissance de l’origine de cette histoire, on peut y voir d’autres thématiques. Jonathan Freedland s’est inspiré d’un texte écrit par Ullrich Alexander Boschwitz, un juif allemand qui fut interné dans un camp sur l’île de Man en 1939. C’est là qu’il rédigea ce conte. « King Winter’s birthday » peut alors être lu comme un retour à l’ordre normal des choses après une période chaotique. Le texte évoque aussi le fait d’être séparé de ses proches et de les retrouver dans ses souvenirs. Le contexte historique de son écriture rend ce conte particulièrement émouvant. Il est sublimé par les splendides dessins d’Emily Sutton, l’une de mes illustratrices favorites. Les illustrations sont lumineuses, colorées et regorgent de détails.

Un véritable régal que cet album aussi bien pour sa beauté formelle que pour sa touchante histoire.

Bilan 2024

Une nouvelle année pointe son nez, l’heure du bilan 2024 est donc venue. Le total de mes lectures se montent à 105 livres (romans, BD, albums confondus). Il est toujours difficile de choisir mais j’ai conservé six romans qui ont été des coups de cœur :

Best romans

1-« La petite bonne » de Bérénice Pichat : remarquablement écrit dans une langue poétique et merveilleuse, ce roman raconte la rencontre de trois solitudes avec délicatesse et pudeur.

2-« Willibald » de Gabriela Zalapi : dans ce roman, l’autrice poursuit son exploration de son histoire familiale commencée avec « Antonia » et poursuivie par « Illaria ». Les trois textes m’ont enchantée mais j’ai été encore plus touchée par Willibald, ce personnage élégant, cosmopolite, mystérieux au destin tourmenté.

3-« Sur l’île » d’Elizabeth O’Connor : un premier roman qui déploie une atmosphère et une écriture d’une rare beauté pour nous parler du destin d’une jeune femme sur une île sauvage et hostile du Pays de Galles à la veille de la seconde guerre mondiale.

4-« Ironopolis » de Glen James Brown : encore un premier roman qui sidère par la maîtrise de son auteur. La construction est époustouflante, elle mélange les genres littéraires, brasse les époques et les générations pour dresser le portrait d’une ville ouvrière du nord de l’Angleterre.

5-ex-aequo : « Sous la menace » de Vincent Almendros, un roman à l’atmosphère lourde, inquiétante et qui se révèle totalement glaçant. « D’acier » de Silvia Avallone, ce roman réaliste, social met en scène deux adolescentes qui vont perdre leurs illusions et leur insouciance dans une ville frappée par la désindustrialisation.

J’ai achevé cette année 2024 avec trois formidables titres des éditions du Typhon qui montrent à quel point cette maison d’édition est précieuse et son catalogue varié : « Un plan simple » de Scott Smith qui décrit un engrenage sanglant et infernal, un polar bien noir comme je les aime ; « Roman de Ronce et d’Epine » où la talentueuse Lucie Baratte nous emmène à nouveau dans l’univers du conte aux côtés de sœurs jumelles plongées dans une forêt mystérieuse et menaçante ; « Muncaster » de Robert Westall où une gargouille de cathédrale sème le trouble chez un cordiste venu réparer la girouette.

Pour les albums et bande-dessinées, j’en ai sélectionnés cinq :

Best albums

1-« Copenhague » de Pandolfo et Risbjerg : réjouissante, loufoque, drôle, tendre, cette bande-dessinée, dont l’intrigue est une enquête autour de la sirène de la capitale danoise, est un pur régal.

2-« Rose à l’île » de Michel Rabagliati : Paul part s’isoler sur une île de l’estuaire du Saint Laurent, sa fille l’y rejoint. Ce premier roman illustré de Michel Rabagliati est le récit lumineux et doux d’une reconstruction au cœur d’une nature accueillante et luxuriante.

3-« King Winter’s birthday » de Jonathan Freedland et Emily Sutton : Emily Sutton est l’une de mes illustratrices préférées et son dernier album est une merveille. Ce conte met en avant le respect de la nature et du rythme des saisons. Il parle également de la douleur d’être séparé des siens.

4-« La route » de Manu Larcenet : le dessinateur adapte le roman de Cormac McCarthy avec brio et rend parfaitement l’atmosphère violente, menaçante et sombre de ce monde dévasté.

5-« Les Pizzlys » de Jérémie Moreau : encore un titre où la place de la nature est prépondérante et qui montre les ravages du changement climatique. Le travail sur la couleur, le graphisme de l’album m’ont totalement séduite.

Best ciné

Mon année de cinéma a été marquée par cinq films et ce sont deux films d’animation qui arrivent en tête :

1-« Flow, le chat qui n’avait plus peur de l’eau » de Gints Zilbalodis : un chat va devoir affronter une montée des eaux subite et va trouver de l’aide auprès d’autres animaux. La qualité de l’animation, la beauté des décors et paysages font de ce film un bijou qui rappelle l’univers d’Hayao Miyazaki.

2-« Mon ami robot » de Pablo Berger : l’histoire d’une amitié improbable entre Dog et un robot commandé sur internet, que de tendresse et de délicatesse dans ce film dont les personnages sont infiniment touchants. Et la bande-son des années 70-80 est top !

3-« L’histoire de Souleymane » de Boris Lojkine : un film immersif, haletant, tendu, bouleversant qui ne laisse aucun répit à son personnage, un jeune guinéen sans papier qui tente de survivre à Paris.

4-« The outrun » de Nora Fingscheidt : adapté du livre d’Amy Liptrot, ce film est le récit d’une rédemption, celle de son héroïne Nora qui doit se débarrasser de ses démons et part seule sur une île du nord de l’Ecosse balayée par les vents. La beauté des paysages, la construction du récit, le talent de Saoirse Ronan en font un film marquant.

5-« Emilia Perez » de Jacques Audiard : un pari fou et périlleux que cette comédie musicale qui raconte le changement de sexe d’un narcotrafiquant.  Pari réussi grâce à une mise en scène flamboyante, des actrices incroyables, une musique parfaite, Jacques Audiard n’est décidément jamais là où on l’attend.

2024 s’achève pour laisser la place à 2025, je vous souhaite de très belles fêtes de fin d’année et une nouvelle année lumineuse, joyeuse, riche de rencontres, de lectures et de gourmandises !

Le clarinettiste manquant de Cyril Hare

Hare

Francis Pettigrew, un ancien avocat, s’est installé à la campagne à la fin de sa carrière pour faire plaisir à sa jeune épouse. Celle-ci fait partie de l’orchestre du Markshire et, contre son gré, Francis a été désigné trésorier de l’association en charge de celui-ci. Il s’ennuie copieusement aux réunions préparatoires des concerts. Pour le prochain, le chef d’orchestre Clayton Evans souhaite inviter une violoniste de renom : Lucy Egal. Il se trouve qu’elle est l’ex-femme de Robert Dixon, membre également de l’association de l’orchestre de Markshire. Les choses se mettent peu à peu en place (le choix du programme, trouver un premier clarinettiste malgré les difficultés) et le concert peut enfin avoir lieu. Mais un tragique évènement va venir interrompre la représentation.

J’avais beaucoup apprécié « Meurtre à l’anglaise » qui reprenait les codes du whodunit de l’âge d’or. Et de nouveau, je me suis délectée de la lecture du « Clarinettiste manquant ». Le livre fut publié en 1949 et il fait partie d’une série mettant en scène Francis Pettigrew. Le personnage est un clin d’œil à la carrière de Cyril Hare qui fut lui-même magistrat. Le roman se situe dans la campagne anglaise dans une petite communauté qui offre une belle galerie de personnages. L’intrigue est bien menée avec son lot de fausses pistes et d’individus patibulaires. Et comme dans « Meurtre à l’anglaise », Cyril Hare fait la part belle à un humour subtil so british.

Ce roman de Cyril Hare s’inscrit parfaitement dans la tradition du whodunit anglais et il ravira les amoureux du genre.

Traduction Mathilde Martin

Le pull de Noël de Cecilia Heikikilä/Comment le père Noël descend de la cheminée de Mac Barnett et Jon Klassen

En cette veille de Noël, je vous propose deux albums jeunesse. Le premier est signé de l’illustratrice suédoise Cecilia Heikkilä. Le chat Fransson part se promener dans la ville pour se réchauffer. Les trottoirs sont recouverts d’une épaisse couche de neige mais heureusement notre petit félin porte un pull en laine bien chaud. La ville est en fête et Fransson croise des habitants en quête de cadeaux, une chorale de souris, le boulanger qui prépare des bretzels à la cannelle. Ce qu’il n’a pas vu, c’est qu’au fur et à mesure de sa balade, son pull s’est tout détricoté ! Comment va-t-il pouvoir survivre au froid ? Cet album nous plonge dans l’atmosphère de Noël avec de très jolies illustrations dans des tons sourds et ce fil de laine rouge qui parcourt chaque page. L’histoire est très tendre, chaleureuse et réconfortante. Et pour les amoureux des livres, elle s’achève dans une librairie !

Grâce à mon amie Emjy, j’ai découvert « Comment le Père Noël descend dans la cheminée » de l’américain Mac Barnett qui pose sans son album la question la plus importante de Noël. Elle en entraine d’autres : est-ce que le Père Noël rétrécit pour passer sans encombre dans la cheminée ? Est-ce qu’il salit son beau costume avec la suie ? Que se passe-t-il lorsqu’il n’y a pas de cheminée ? Cet album est vraiment très amusant, plein de malice et de fantaisie. Ce livre est un excellent moyen d’attendre et de guetter la venue du Père Noël.