
A Paris, en avril 1934, quarante hommes sont allongés sur le sol devant le parvis de Notre-Dame. Ces hommes sont là pour être ordonnés prêtres. Avant que le cardinal ait pu prononcer un mot, la police, emmenée par le commissaire Boulard, fend la foule venue assister à la cérémonie. Le commissaire recherche l’un des hommes allongés au sol : le jeune Vango Romano. Ce dernier réussit à fuir en escaladant de manière extraordinaire la façade de la cathédrale. Mais un mystérieux tireur tente de le tuer durant son ascension. C’est grâce à une hirondelle que Vango a la vie sauve et qu’il peut s’évader. Sans cesse poursuivi, Vango ne sait même pas pourquoi la police veut l’arrêter. Il découvre rapidement qu’il est accusé du meurtre du frère Jean, son seul ami au séminaire. Une course-poursuite s’engage avec la police mais elle n’est pas la seule à rechercher Vango. Celui-ci doit faire éclater son innocence et trouver la vérité sur ses origines, lui l’orphelin sauvé d’un naufrage au large des îles éoliennes.
Les éditions Folio ont eu l’excellente idée de sortir ce roman jeunesse dans leur collection adultes. Il aurait été dommage que ceux qui ne connaissent pas la littérature jeunesse (c’est mon cas mais je me soigne) passent à côté de ce petit bijou. « Vango » est un extraordinaire roman d’aventures qui est la quête d’identité de Vango Romano sur fond de bouleversements historiques. Timothée de Fombelle nous entraîne à Paris, à Berlin, à Everland en Ecosse, à Salina en Italie, en Russie de 1918 à 1936 pour ce premier tome. Nous montons à bord du célèbre Graf Zeppelin, nous croisons Joseph Staline, nous nous réfugions dans un monastère invisible où les moines fuient Hitler ou Al Capone. C’est un tourbillon, c’est palpitant, virevoltant et l’intrigue est addictive. Les rebondissements et les découvertes tiennent le lecteur en perpétuelle haleine.
« Vango » c’est également une incroyable et attachante galerie de portraits. Vango est un jeune homme charismatique, talentueux dans de nombreux domaines mais il est, comme le lecteur, ignorant de ses origines. Ce jeune homme mystérieux s’attire la sympathie et la bienveillance de Hugo Eckener, le propriétaire du Zeppelin qui tente de résister à la montée du fascisme, le père Zefiro, fondateur du monastère invisible où se cachent un marchand d’armes russe, la Taupe, jeune fille riche qui tue son ennui en escaladant les immeubles de Paris. Et puis, il y a Ethel, l’orpheline écossaise qui retrouva le goût de vivre grâce à un voyage en Zeppelin aux côtés de Vango et qui cherche à le retrouver et à le protéger.
Timothée de Fombelle brasse toutes ces thématiques, y imbrique ses personnages avec beaucoup de talent et une grande intelligence dans la construction de son intrigue. Un conseil : procurez-vous le tome 2 avant d’atteindre la dernière page du tome 1, cela vous évitera de trépigner d’impatience comme je l’ai fait en attendant la suite des aventures de Vango.
Merci aux éditions Folio pour cette découverte.
