Billet récapitulatif mois anglais 2013

Keep calm and read

-1er jour :

  • Expiation de Ian Mc Ewan chez Sylire, Denis et Val
  • L’enfant volé de Ian Mc Ewan chez Clara
  • La mort dans les nuages d’Agatha Christie chez Denis
  • Tea’s life chez Jainaxf
  • Downton Abbey saison 2 chez Eliza
  • La mort s’invite à Pemberley de PD James chez Adalana
  • L’affaire Jane Eyre de Jesper Fforde chez Valou
  • La dame du manoir de Wildfell Hall de Anne Brontë chez Lilas
  • Les innocents de Francesca Segal chez Choupynette
  • Rendez-vous avec la mort d’Agatha Christie chez Karine:)
  • Le journal de Bridget Jones de Helen Fielding chez Petit Speculoos
  • Harry Potter à l’école des sorciers de JK Rowling chez Lilly
  • Emma de Jane Austen chez George
  • Un interlude photographique chez Filipa
  • Resurrection Row de Anne Perry chez Bianca, Fanny et chez Céline
  • De grandes espérances, BBC (1999) chez Shelbylee
  • La vierge dans la glace de Ellis Peters chez Lydia
  • La traversée des apparences de Virginia Woolf chez Alexandra
  • Mansfield Park de Jane Austen chez Emily
  • Le temps des offrandes PL Fermor chez Mrs Pepys
  • Waterloo Necropolis de Mary Hooper chez Emma
  • Emma, BBC (2003) chez Somaja
  • L’embranchement de Mugby de Charles Dickens chez Mrs Figg
  • Tristan et Iseut de Béroul ici-même

-2éme jour :

  • Gosford Park de Robert Altman chez Virgule
  • Grimakin et l’Epouvanteur Tome IX chez Syl
  • Bennett et Mortimer de Anthony Buckeridge chez A propos des  livres
  • Dowton Abbey : la mode des années 1920 chez Eliza
  • South of the river de Blake Morrison chez Mrs B
  • Un petit jeu d’écriture chez Enna
  • La dame en blanc de Wilkie Collins chez Maggie
  • Une visite à Kensington Palace chez Filipa
  • Un peu de peinture chez Mrs Pepys
  • 1888, Jack l’Eventreur et les fantasmes victoriens de Roland Marx chez Belette
  • Oscar Wilde et le jeu de la mort de Gyles Brandreth chez Les p’tits cartons d’Emma
  • Le bûcher sous la neige de Susan Fletcher chez Cryssilda
  • Un goûter à Londres chez Petit Speculoos
  • Jane Austen ruined my life de Beth Pattillo chez Shelbylee
  • Le rock progressif chez Lydia
  • Emma de Jane Austen chez Novelenn

-3ème jour :

  • Ma cousine Phyllis de Elizabeth Gaskell chez Virgule et Anis
  • Cranford d’Elizabeth Gaskell chez Rachel et chez Chroniques Littéraires
  • Les confessions de Mr Harrison chez Chroniques Littéraires et chez Mrs Pepys
  • Affinités de Sarah Waters chez Val
  • Lost in Austen chez Lou
  • L’affaire Jane Eyre de Jasper Fforde chez Aline
  • Pommes de Richard Milward chez Adalana
  • The grey woman de Elizabeth Gaskell chez Karine:)
  • Un bûcher sous la neige de Susan Fletcher chez Bianca
  • Série Broadchurch chez Jainaxf
  • Les forestiers de Thomas Hardy chez Cléanthe
  • The Editors chez Lili
  • Emma de Jane Austen chez Bentos
  • Home sweet home : quatre maisons d’écrivain chez Alexandra
  • L’inconnu du Nord-Express de Alfred Hitchcock chez Shelbylee
  • Agent 6 de Tom Rob Smith chez Sharon
  • Song for Marion de Paul Andrew William chez Petit Speculoos
  • C’est toi qui choisis de Nick Sharrat et Pippa Goodhart chez Hérisson
  • Alimentaire, mon cher Watson ! chez Syl
  • Wondering about words de Judith Andreyev chez Lydia
  • You instead de David Mackenzie chez Filipa
  • Une belle canaille de Wilkie Collins chez Droopyvert
  • Brunch à Londres chez Hilde
  • Pension de famille de Margaret Durrell ici-même

-4ème jour:

-5ème jour :

  • Snobs de Julian Fellowes chez Alexandra
  • Sherlock Holmes et associés de Mack et Citrin chez Belette
  • Les dentelles de la reine chez Belette
  • Le château du comte de Polignac de Trollope chez Choupynette
  • Avec vue sur l’Arno de EM Forster chez Cléanthe
  • Une petite création d’Emma en l’honneur de Big Ben
  • L’exposition Titanic chez Filipa
  • It’s tea time chez George
  • Neverwhere de Neil Gailman chez Jainaxf
  • Gosford Park chez Lili
  • Les métamorphoses de Thomas Hardy chez Lou
  • Turner chez Mrs Peppys
  • Soie réclame le retour d’Emma Peel
  • Black mirror saison 1 chez Petit Spéculoos
  • Jane Eyre (2011) chez Romanza
  • Les fées du jardin de Beatrice Phillpotts chez Syl
  • Downton Abbey saison 1 chez Virgule
  • L’agent secret de Joseph Conrad ici-même

-6ème jour :

  • De la beauté de Zadie Smith chez Adalana
  • Le parfum de la chatte en noir et autres pastiches érotiques de romans policiers de Etienne Liebig chez Belette
  • Les faux-monnayeurs de Londres chez Belette
  • Dans la PAL de Books all around
  • Soeurs sorcières de Jessica Spotswood chez Coralie
  • The unlikely pilgrinage of Harold Fry de Rachel Joyce chez Enna et Mrs B
  • Stravaganza de Mary Hoffman chez Karine:)
  • The XX chez Lili
  • Marie Stuart de Stefan Zweig chez Lilas
  • Deep end de Jerry Skolimowski chez Malice
  • Mémoires d’un valet de pied de Thackeray chez Miss Léo
  • France de John Burningham chez Noctenbule
  • The holiday de Nancy Meyers chez Petit Speculoos
  • La malédiction du rubis de Philip Pullman chez Shelbylee
  • Trois souris d’Agatha Christie chez Soie
  • Un étranger dans le miroir et Un deuil dangereux de Anne Perry chez Somaja
  • A mother goose treasury de Kate Greenaway chez Syl
  • Resurrection Row d’Anne Perry chez The Frenchbooklover
  • Le chien des Baskerville de Arthur Conan Doyle chez The Frenchbooklover
  • Recette du carrot cake chez Trillian
  • La quête des ours d’Erin Hunter chez Zarline
  • Sabotage d’Alfred Hitchcock ici-même

-7ème jour :

  • La maitresse de l’attorney général chez Belette
  • Blackwell le pirate de la Tamise chez Belette
  • Velvet de Mary Hopper chez Books all around
  • Paola de Vita Sackville-West chez Choupynette
  • Harriet de Elizabeth Jenkins chez Clara
  • Boys don’t cry de Malorie Blackman chez Elodie
  • Pile et face chez George
  • Expiation de Ian McEwan chez Grominou
  • Great Granny Webster de Caroline Blackwood chez Karine:)
  • Lady Suasn, Les Watsons et Sanditon de Jane Austen chez Lilas
  • Barbes victoriennes au programme chez Lou
  • Cette main qui a pris la mienne de Maggie O’Farrell chez Maeve
  • La mort s’invite à Pemberley de PD James chez Mrs Figg
  • The Moneypenny diaries de Kate Westbrook chez Mrs Peppys
  • Rebecca de Daphné du Maurier chez Petit Speculoos
  • L’univers de Beatrix Potter chez Soie
  • Backstage de James/Boris Mirroir chez Sylire
  • Lennon de David Foenkinos chez Touloulou
  • Downton Abbey saison 2 chez Virgule

-8ème jour :

  • L’accro du shopping de Sophie Kinsella chez A propos des livres
  • Sherlock Holmes contre Jack L’éventreur de Ellery Queen chez Belette
  • Lady Susan de Jane Austen chez Cléanthe
  • Au temps du roi Edouard de Vita Sackville-West chez Emily
  • Les cinq sens et la recette des ginger nuts chez Enna
  • Dark island de Vita Sackville-West chez George, Bentos,  Shelbylee, Adalana, Eliza et ici-même
  • Plus jamais d’invités de Vita Sackville-West chez Lou
  • Les 39 marches d’Alfred Hitchcock chez Maggie
  • Capital de John Lanchester chez Mrs B
  • Sur la plage de Chesil de Ian McEwan chez Mrs Figg
  • Le gentleman florentin de Magdalen Nabb chez Sharon
  • La porte des limbes d’Erik Wietzer chez Shelbylee
  • Rebecca de Alfred Hitchcock chez Petit Speculoos
  • English breakfast chez Romanza
  • Instructions for heatwave de Maggie O’Farrell chez Val
  • Épisode de noël de Downton Abbey chez Virgule

-9ème jour :

  • Sherlock Holmes contre Jack l’Eventreur de James Hill chez Belette
  • La pluie avant qu’elle tombe de Jonathan Coe chez Enna et chez Bentos
  • La maison du sommeil de Jonathan Coe chez Denis et chez Petit Speculoos
  • English cars chez George
  • La reine des lectrices d’Alan Bennett chez Grominou
  • Le défi à Sherlock Holmes de Béatrice Nicodème chez Karine:)
  • Mysteries, Seule contre la loi chez Maggie
  • Lucian Freud chez Mrs Pepys
  • Les bienfaits de la mort de Lee Jackson chez Sharon
  •  La Madone de Pellini de Rivière et Federici chez Shelbylee
  • Sheperd’s pie chez Soie
  • Dido chez Somaja
  • Les confessions de Mr Harrison de Elizabeth Gaskell chez Syl
  • La vie très privée de Mr Sim de Jonathan Coe chez Sylire
  • Testament à l’anglaise de Jonathan Coe chez Val
  • Les forestiers de Thomas Hardy chez Virgule

-10ème jour :

  • Un, deux, trois…d’Agatha Christie chez Aline
  • Avant d’aller dormir de SJ Watson chez Bianca
  • Les contes de Beedle le barde de JK Rowling chez Books all around
  • Les mères de Samatha Hayes chez Clara
  • God save la France de Stephen Clarke chez Elodie
  • English indie rock chez Enna
  • Cruelles de Cat Clarke chez Filippa
  • Les enquêtes d’Enola Holmes : l’énigme du message perdu de Nancy Springer chez Manu, Shelbylee et chez Syl
  • Étrange suicide dans une Fiat rouge à faible kilométrage de LC Tyler chez Miss Léo
  • Prisoner’s wives chez Mrs B
  • Tamara Drewe de Psy Simmonds chez Mrs Figg
  • Les enquêtes d’Enola Holmes : l’affaire de Lady Alistair de Nancy Springer chez Mrs Pepys
  • La recette du sponge cake à la rhubarbe chez Petit Speculoos
  • Les brumes de Riverton de Kate Morton chez Val

-11ème jour :

-12ème jour :

  • Gosford Park de Robert Altman chez Adalana
  • Ripper Street chez Alexandra
  • Des voiles, des voiles et quelques marins chez Bentos
  • Waterloo Necropolis de Mary Hooper chez Bianca
  • Splat dit merci ! de Rob Scotton chez Coralie
  • Une visite de la maison de Dickens chez The Frenchbooklover
  • Carla’s song de Ken Loach chez Choupynette
  • Downton Abbey chez Emily
  • Les contes de Beedle le barde de JK Rowling chez Enna
  • Boys don’t cry de Malorie Blackmanchez Enna, chez Mrs B et chez Hérisson
  • Krine chez Filipa
  • Drôle de temps pour un mariage de Julia Strachey chez Lili
  • Rock progressif-When the pigs begin to fly chez Lydia
  • Tamara Drewe chez Posy Simmonds chez Maggie
  • Un duel dans le Yorkshire chez Petit Speculoos
  • Les enquêtes de Sherlock Holmes : l’aventure du ruban moucheté chez Somaja
  • Sans parler du chien de Connie Willis chez Syl
  • La mort s’invite à Pemberley de PD James chez Virgule

-13ème jour :

-14ème jour :

  • Being Elizabeth Bennet : create your Jane Austen Adventure de Emma Campbell Webster chez Books all around
  • Au coeur des ténèbres de Joseph Conrad chez Cléanthe
  • Case histories de Kate Atkinson chez Enna
  • On a de la chance de vivre aujourd’hui de Kate Atkinson chez Fanny
  • Elles de Virginia Woolf chez Lou
  • L’honneur des Winslow de David Mamet chez Malice
  • One good turn de Kate Atkinson chez Mrs B
  • L’intensité secrète de la vie quotidienne de William Nicholson chez Malice
  • Secrets de famille de Niall Johnson chez Petit Speculoos
  • The temptation of the Night Jasmine chez Shelbylee
  • Some english sound for the english month chez Touloulou
  • Parade’s end chez Trillian

-15ème jour :

-16ème jour :

  • Ce que j’aime en Angleterre chez Books all around
  • Jude l’obscur de Thomas Hardy chez Claudia Lucia
  • Sherlock Holmes selected stories d’Arthur Conan Doyle chez Cryssilda
  • Le mystère de Callender Square de Anne Perry chez Emily
  • Un visage d’ange de Lisa Ballantyne chez Hérisson
  • L’affaire du chien des Baskerville chez Hilde
  • Le signe des quatre de Arthur Conan Doyle chez Karine:)
  • Une étude en rouge de Arthur Conan Doyle chez Lydia
  • Le club du mardi et La sanctuaire d’Astarté d’Agatha Christie chez Mrs B
  • Cinquante nuances de Grey de EL James chez Enna, Syl et Val
  • Lady Susan de Jane Austen chez Petit Speculoos
  • 84, Charing Cross road de Helene Hanff chez Somaja
  • Miss Marple au club du mardi de Agatha Christie chez Sharon
  • Le sponge cake chez Touloulou
  • Une fille qui danse de Julian Barnes chez Val

-17ème jour :

-18ème jour :

-19ème jour :

-20ème jour :

  • Sherlock Holmes et le necronomicon t1et t2 chez Belette
  • La mort n’est pas une fin d’Agatha Christie chez Bentos
  • Dans la PAL de Books all around
  • Le mystère de Listerdale de Agatha Christie chez Cryssilda et chez Fanny
  • Les joyeuses commères de Windsor de Shakespeare chez Denis
  • Dans l’ombre des Tudors d’Hilary Mantel chez Emily
  • Le bal de la victoire de Agatha Christie chez Emma
  • La mort dans les nuages d’Agatha Christie chez Enna
  • La mort sur le Nil, les adaptations chez George
  • Les Beresford d’Agatha Christie chez Jainaxf
  • Quand rentrent les marins de Angela Huth chez Jostein
  • Un cadavre dans la bibliothèque de Agatha Christie chez Karine:)
  • Depeche mode et de la musique classique chez Laura
  • Le son anglais-3 chez Lili
  • La mystérieuse affaire de Styles de Agatha Christie chez Lydia
  • A l’hôtel Bertram de Agatha Christie chez Lou
  • Dead man’s folly de Agatha Christie chez Mrs B
  • Les variations Brashaw de Rachel Cusk chez Mrs Pepys
  • Dix petits nègres de Agatha Cjrsitie chez Novelenn
  • La dame du manoir de Wildfell Hall de Anne Brontë chez la Petite Biblioggeuse et chez Claudia Lucia
  • Othello de Shakespeare chez Shelbylee et Miss Léo
  • L’heure zéro d’Agatha Christie chez Soie
  • Mort sur le Nil de Andy Wilson chez Val
  • Graveney Hall de Linda Newbery chez Virgule
  • L’affaire Protheroe ici-même et chez Petit Speculoos
  • Hamlet de Shakespeare chez Yueyin

-21ème jour :

-22ème jour

-23ème jour :

-24ème jour :

-25ème jour :

-26ème jour :

-27ème jour :

-28ème jour :

-29éme jour :

-30éme jour :

Encore des bilans du mois chez La Petite Biblioggeuse, Petit Speculoos, Lou, Somaja, A propos des livres

Tristan et Iseut de Béroul

Tristan

La légende de « Tristan et Iseut » a traversé les époques et est bien connu de tous. Le manuscrit de Béroul, conservé à la BNF, est probablement le plus ancien. Il date des années 1150-1200. Un contemporain, Thomas d’Angleterre, en rédigea une autre version un peu après. Les deux auteurs cherchaient à unifier les différents récits, les différentes légendes orales qui circulaient en Cornouailles où se situe l’action. Le manuscrit de Béroul nous est parvenu incomplet, il en manque le début et la fin. L’histoire débute ici lorsque Tristan et Iseut trompent le roi Marc, caché dans un arbre, en se montrant indifférents l’un à l’autre. Comme on le sait, les deux jeunes gens ne sont tombés amoureux qu’à cause d’un philtre avalé par erreur. La magie était destinée au roi Marc et à son épouse Iseut. Après moults péripéties, c’est son neveu Tristan qui amena en Cornouailles Iseut l’irlandaise. C’est lors du voyage que le philtre fut bu. Ils tentent de garder secret leur passion mais ils finissent par être découverts par le roi Marc et doivent s’enfuir.

« Tristan et Iseut » est un roman d’aventures, il n’y a aucun temps mort dans le récit. Béroul enchaîne les épisodes les uns après les autres sans aucune transition, cela donne un petit côté frénétique au texte. Tristan affronte un géant, un dragon, fait un saut miraculeux, se déguise en lépreux (d’ailleurs Iseut est livrée par le roi à une bande de lépreux lubriques !), évite le bûcher et les amants sont dénoncés par un nain astrologue (oui je sais, cela faisait longtemps que je ne vous avais pas parlé de nain !). C’est épique, Tristan est un valeureux chevalier à la hauteur d’autres mythes comme Roland ou Lancelot.

L’histoire d’amour est en revanche très étonnante et hors du commun. Tristan et Iseut sont contraints à s’aimer, c’est une véritable souffrance. Ils doivent vivre reclus dans la forêt du Morrais, privés de tout et de leurs proches. « Dans la forêt, le pain leur manque beaucoup. Ils vivent de venaison et ne mangent rien d’autre. Qu’y peuvent-ils si leur teint s’altère ? Leurs habits tombent en lambeaux ; les branches les déchirent. Ils fuient longtemps à travers le Morrais. Tous deux souffrent de la même façon mais chacun grâce à l’autre oublie ses maux. La noble Iseut a toutefois très peur que Tristan, de son côté, appréhende qu’Iseut, brouillée à cause d e lui avec le roi, n’en vienne à regretter ce fol amour.  » Le roi Marc est en fait un bien noble personnage. Je trouve d’ailleurs que c’est le cas également de Tristan et Iseut, ce sont de beaux personnages tiraillés par des sentiments qu’ils n’ont pas voulu. Le philtre d’amour ne dure que trois ans chez Béroul, je ne vous raconte pas ce qu’il adviendra après si vous ne le savez pas !

Un grand classique, une grande légende d’origine celtique que j’étais contente de découvrir plus en détail.

Keep calm and read

Concours « Les amoureux de Sylvia » d’Elizabeth Gaskell

sylvia

En début d’année, je vous parlais de ce roman d’Elizabeth Gaskell où la jeune et insouciante Sylvia voyait sa vie gâchée par la jalousie de son cousin visant à l’empêcher d’épouser Charley Kinraid, le baleinier. Les éditions Points ont l’excellente idée de sortir ce roman en poche et vous propose dans gagner cinq exemplaires.

Pour remporter un exemplaire, il faudra identifier les auteurs du logo suivant :

This is England colors

Les gagnants seront ceux qui en auront reconnu le plus. Le concours s’adresse en priorité aux participants du mois anglais. Les réponses sont à envoyer à l’adresse suivante : plaisirsacultiver@yahoo.fr

Bonne chance à tous et merci aux éditions Points. Et vous avez jusqu’au lundi 3 juin pour donner vos réponses (merci Emma  de m’avoir indiqué mon oubli !)

LOGO_Points

Concours « Allmen et le diamant rose »

Allmen

Dans le premier tome de ses aventures, mon cher Allmen a eu le grand plaisir de tomber sur de splendides coupes libellules d’Émile Gallé. C’était donc cette réponse que j’attendais pour remporter l’un des exemplaires de « Allmen et le diamant rose ».

Les heureuses gagnantes sont :

  • Emma (Les p’tits cartons d’Emma)
  • Kathel
  • Shelbylee
  • Audrey
  • Emma (She wrote blue velvet)

Bravo aux gagnantes et j’attends vos adresses sur le mail : plaisirsacultiver@yahoo.fr

Merci à Julie et aux éditions Points pour ce concours.

LOGO_Points

Je vous retrouve demain pour un nouveau concours spécial mois Anglais.

De vieux os de Louise Welsh

Le professeur Murray Watson enseigne la littérature à l’université de Glasgow. Souhaitant effectuer des recherches approfondies en vue d’un livre, il prend une année sabbatique. Le sujet de son travail est un poète écossais méconnu : Archie Lunan. Ce dernier n’a en effet écrit qu’un seul et unique recueil de poèmes. Lunan est mort noyé à 25 ans. Murray souhaite rédiger une biographie de Lunan et part à la recherche de ceux qui aurait pu croiser sa route. Les archives de la bibliothèque d’Édimbourg étant bien minces et les personnes interrogées restant dans le vague, Murray décide de se rendre sur l’île de Lismore où Lunan perdit la vie en mer. Il espère pouvoir y rencontrer Christie Graves, la petite amie de Archie Lunan au moment de son décès.

« De vieux os » allie deux genres littéraires qui me plaisent beaucoup : le roman universitaire à la David Lodge et le roman à suspense. Murray s’absorbe complètement dans ses recherches, la littérature est tout sa vie. On voit bien qu’il est perdu dans sa vie personnelle, il couche avec la femme de son responsable, il ne s’est toujours pas remis de la mort de son père et se dispute sans cesse avec son frère Jack. Se plongeant dans la vie d’Archie Lunan pour mieux oublier la sienne, Murray fait en réalité le point sur sa propre existence.

Et cette quête identitaire et littéraire se fait sous la forme d’une enquête. Murray (le Dr Watson, un joli clin d’œil qui m’a beaucoup amusé) interroge des témoins de la vie d’Archie, recoupe les différents évènements, épluche les archives et finit par explorer le lieu où le poète est mort. Cette manière de mener l’intrigue est très ludique et rend rapidement le lecteur captif du livre.

Louise Welsh a également un sens aigu de l’atmosphère. Elle sait rendre l’ambiance des différents lieux parcourus par Murray. Revenant moi-même d’Écosse, j’ai été particulièrement sensible au rendu des lieux. J’ai, par exemple, parfaitement retrouvé l’ambiance de la capitale écossaise durant son grand festival d’été. L’île de Lismore m’a évoqué l’île de Lewis chère à Peter May et  l’île de Skye. On y trouve plus de moutons que d’habitants, le vent et la pluie sont omniprésents et il n’y a même pas de pub pour se réchauffer !

Louise Welsh a l’art de raconter une histoire, son roman à énigme est parfaitement maîtrisé et une fois ouvert il est impossible de le lâcher. Une belle découverte littéraire que je dois à ma kiltissime copine Cryssilda.

Allmen et le diamant rose de Martin Suter

Allmen

Johann Friedrich von Allmen ne change pas ses habitudes : il est totalement ruiné mais il garde  son train de vie luxueux. Certes il vit dorénavant dans la maison du jardinier, le précieux Carlos, mais cela de l’empêche pas d’avoir un abonnement à l’opéra, de fréquenter les palaces et de boire du champagne. Nous l’avions pourtant quitté avec de l’argent plein son compte en banque. Mais Allmen a fini par tout dépenser. Le voici donc contraint à créer une entreprise de détective : Allmen International Inquiries. Enfin créer est un bien grand mot, sans Carlos rien n’aurait pu se faire : « Pour être précis, ce n’était pas Allmen International qui avait réalisé les investissements. C’était Carlos. Il avait – et ce n’était pas le première fois depuis la création de l’entreprise – concédé à l’agence un prêt sur sa part  de la prime reçue pour les coupes aux libellules et sur ses économies personnelles. (…) A proprement parler, Allmen International Inquiries appartenait à Carlos Santiago de Leon. Mais comme son statut de clandestin le contraignait à rester un partenaire « silencieux », le registre du commerce n’avait gardé aucune trace de cette froide expropriation.  » Notre fine équipe réussit à se faire engager par un certain Montgomery qui la charge de retrouver un diamant rose de trente millions de livres. Montgomery connaît le contact de ceux qui ont fait le coup : un russe du nom de Sokolov. Allmen se met à sa poursuite.

Un mot me semble parfaitement convenir aux aventures d’Allmen : l’élégance. Le personnage l’est indéniablement, il est un véritable dandy aux goûts raffinés. L’argent est un détail, une préoccupation accessoire. L’affaire du diamant rose lui permet de continuer à fréquenter les palaces où il réussit à lier connaissance avec Sokolov. Bien entendu, la désinvolture et l’indolence d’Allmen font toujours irrésistiblement penser à notre Arsène Lupin national. Ils ont beaucoup en commun même si notre suisse a finalement choisi la légalité pour tenter de renflouer ses caisses. L’histoire du diamant rose va lui faire découvrir les méandres de la finance internationale et le pouvoir infini de l’informatique. Pour résoudre cette affaire, Allmen passera des ors de la haute société au glauque de bars de striptease tout en gardant un flegme parfait. Et rien de tout cela ne serait possible sans le talent discret de Carlos qui assure les arrières de son patron. Un duo qui reste efficace et cocasse.

L’élégance d’Allmen c’est également celle de Martin Suter et de son écriture. L’intrigue est rythmée et bien ficelée. Allmen est décidément un personnage séduisant et attachant que j’ai eu plaisir à retrouver. Si vous n’avez pas encore fait connaissance avec Allmen, je vous propose de le faire grâce à un jeu concours ouvert en priorité aux personnes ayant déjà laissé un commentaire sur ce blog.

Voici la question à laquelle vous devez répondre pour remporter l’un des cinq exemplaires :

Quel artiste est le créateur des coupes aux libellules qui étaient au centre du premier volet des aventures d’Allmen ?

J’attends vos réponses jusqu’au 29 mai à l’adresse suivante : plaisirsacultiver@yahoo.fr

Merci à Julie et aux éditions Points.

LOGO_Points

Week end de Peter Cameron

Lyle, critique d’art, part en week-end chez ses vieux amis Marianne et John. Ces derniers possèdent une splendide demeure au nord de l’État de New York au bord d’une rivière. Lyle n’y est pas venu depuis un an, depuis la mort de son compagnon Tony qui était le demi-frère de John. Il est d’ailleurs décédé dans la maison auprès de ses proches. Tony reste le lien qui unit Lyle à Marianne et John, même si leurs affinités intellectuelles sont fortes. Lyle ne vient pas seul passer le week-end chez ses amis. Il est accompagné de Robert qu’il vient à peine de rencontrer. Probablement un moyen de montrer qu’il a surmonté son chagrin. Mais la présence de cet inconnu va perturber les retrouvailles des trois amis.

C’est grâce à In Cold Blog et son billet sur le dernier roman de Peter Cameron (« Coral Glynn ») que j’ai découvert cet auteur américain. C’est avec beaucoup de délicatesse qu’il nous décrit ce week-end à la campagne. Chacun des participants est précisément décrit, ses sentiments sont mis à nu au fur et à mesure du séjour. Chacun est mal dans sa peau, plongé dans des émotions complexes et tourmentés. Marianne et John ont arrêté de travailler, leur richesse leur permet une totale oisiveté. Mais que font-ils réellement ? Marianne est dépressive, angoissée perpétuellement par ses réactions et celles des autres. John semble vouloir fuir les autres et se complait dans son jardin. Lyle ne s’est bien entendu pas remis de la mort de Tony, il ne pense qu’à lui et revit les moments passés avec lui. Malgré l’accueil cordial de Marianne, Robert ne sent pas à sa place. Il sait qu’il n’est qu’un pis-aller à Tony, un moyen d’équilibrer les forces en puissance. Toutes ces névroses ne peuvent qu’assombrir l’ambiance du week-end qui finira fort mal.

L’écriture de Peter Cameron est très belle, très lyrique. Je trouve qu’il déploie son talent dans les descriptions des paysages, des instants de vie sublimés par la nature. « Elle n’aurait pas dit que l’aurore était la plus belle heure de la rivière, dans le calme du soir, parfois, lorsque l’eau se teintait de violet, semblait presque cesser de couler, et reposait comme une meurtrissure au bas de la pelouse, Marianne se sentait au bord des larmes. Tandis que le matin, l’émotion n’entrait pas en jeu. Le flot était profond, froid, déterminé, plus limpide et doté d’un effet curatif. Elle remontait le cours jusqu’à un coin discret où des arbres tombés avaient créé un bassin tranquille, au fond sablonneux ». La nature paraît ample et paisible ce qui contraste singulièrement avec l’âpreté des sentiments de ses habitants.

Peter Cameron est un fin psychologue de l’âme humaine, se dégage de son œuvre beaucoup de tendresse et de subtilité.

L’ange du bizarre au musée d’Orsay

affiche

L’entrée de l’exposition se fait sous le regard halluciné du Nosferatu de Murnau. La riche et passionnante exposition, dont le titre est emprunté à Edgar Allan Poe, nous présente la naissance et les renaissances du romantisme noir. A chaque fois, le mouvement est lié à des soubresauts de l’histoire :

-la naissance vers 1770, à la veille de la Révolution et jusqu’en 1850 avec la Terreur et les guerres de Napoléon

-la renaissance vers 1860-1900 avec le symbolisme et la 2nd Révolution Industrielle ainsi que la guerre de 1870

-la redécouverte en 1920 par les surréalistes après le 1ère Guerre Mondiale

La Folie de Kate ( Fussli )La folie de Kate de Füssli

Tous ces évènements entraînent le doute, le questionnement. La raison du siècle des lumières ne semble pas en mesure de contrôler le monde ou d’empêcher les catastrophes. Il en sera de même dans les époques suivantes où l’on se questionne sur la force de la démocratie et de la science. Perdre le contrôle permet également de s’affranchir des conventions sociales ou morales. Devant un monde chaotique, la perte de repères semble des plus appropriée.

cauchemarLe cauchemar de Füssli (spéciale dédicace pour Maggie avec qui j’ai vu cette expo)

Les trois temps du romantisme noir se retrouvent autour de certains thèmes centraux. Les artistes émaillent leurs œuvres de références littéraires, mythologiques ou bibliques. Au début du mouvement, les références sont clairement littéraires : « Le paradis perdu » de Milton, les pièces de Shakespeare, « La divine comédie » de Dante, « Faust » de Goethe (exemple : « Dante et Virgile aux enfers » de Adolphe Bouguereau, « Les trois sorcières de Füssli, « Paolo et Francesca » de Delacroix ou « Ophelie » de Auguste Préault).

bouguereau-Dante et Virgile aux enfers de Bouguereau

Le symbolisme se tourne vers d’autres mythes où la femme est vénéneuse et dangereuse : Sphinx, Méduse, Salomé, Cléopâtre (ex: « Méduse » de Lucien Levy-Dhurmer, « Salomé » de Gustave Moreau, « Vampire » de Edvard Munch). Les surréalistes explorent l’oeuvre redécouverte du marquis de Sade et d’autres auteurs gothiques.

Medusa-Levy-LMéduse de Levy-Dhurmer

Le paysage est un thème central développé dès le début par les anglais notamment par Samuel Coleman ou John Martin. Leurs toiles montrent le chaos, des bâtiments en ruines ou en flammes. La version allemande est très différente avec des paysages à priori calme mais d’où se dégage l’étrangeté et qui confinent au sublime (ex: « Le portail du cimetière » de Caspar David Friedrich, « Paysage montagneux : ruines dans une gorge » de Karl Friedrich Lessing.

lessingPaysage montagneux de Lessing

On retrouvera cela chez les symbolistes dans les paysages se Spilliaert, Böcklin ou Williman Degouve de Nuncques.

WilliamDegouvedeNuncques+Nocturne atTheRoyalParkBrussels+1897+MuseedOrsayNocturne au parc royal de Bruxelles de Degouve

Max Ernst sera lui-même obsédé par la forêt (dans laquelle il est resté trop longtemps, n’est-ce pas Maggie ?) et son côté magique, mystérieux.

6.ernstForêt d’arêtes de Ersnt

L’imagerie gothique du romantisme noir est largement reprise par la suite par le cinéma. De nombreux extraits sont visibles tout au long du parcours de l’exposition : « Frankenstein » de James Whale, « Dracula » de Tod Browning, « Rebecca » d’Alfred Hitchcock, « La chute de la maison Usher » de Jean Epstein pour n’en citer que quelques uns.

NosferatuNosferatu de Murnau

Le musée d’Orsay nous offre une exposition très complète sur le mouvement du romantisme noir. De très nombreuses œuvres sont présentées pour nous offrir un large panorama historique. Laissez-vous emporter par les ténèbres !

Caspar_David_Friedrich_-_The_Cemetery_Gate_The_Churchyard_-_WGA8276Le portail du cimetière de CD Friedrich

Onze histoires de solitude de Richard Yates

onze-histoires-de-solitude

« Onze histoires de solitude » est un recueil de nouvelles de Richard Yates où l’on retrouve ses thèmes de prédilection : la solitude absolue des êtres, l’Amérique d’après la seconde Guerre Mondiale et l’écriture évoquée dans la toute dernière nouvelle.

Comme souvent, les personnages de Yates sont totalement seuls, désespérés par leur vie. « Docteur Jeu de Quille » parle de la difficulté de s’intégrer lorsque l’on est nouveau dans une classe. Le jeune Vincent Sabella ne sait plus quoi inventer pour se faire remarquer des autres enfants. Il ment, vandalise l’école et se sent toujours plus isolé. « Tout le bonheur du monde » se passe la veille du mariage de Grace et Ralph. Les deux amoureux ne vivent pas encore ensemble mais c’est déjà l’incompréhension qui règne entre eux. Chacun passe à côté du désir de l’autre.

La solitude, l’incompréhension, tout pour ne pas réussir sa vie ou passer à côté. Le personnage de « Sans peur et sans reproche » en est l’illustration. Walter aimait enfant mimer la mort du voleur dans des courses-poursuite avec ses copains. Il jouait toujours celui qui perdait jusqu’à en faire le leitmotiv de sa vie. « Il était indéniable que le rôle de bon perdant avait toujours eu pour lui un attrait immodéré. Pendant toute son enfance, il s’y était spécialisé, perdant crânement des combats contre des garçons plus forts, jouant mal au football dans le secret espoir d’être blessé et théâtralement emmené hors du terrain. (…) Le collège avait offert un champ plus vaste à son talent -il y avait des examens où échouer et des élections à perdre- et, plus tard, l’Air Force lui avait permis de rester seulement cadet, honorablement. Et maintenant, inévitablement, il semblait reprendre ses vieilles habitudes. » L’échec habite l’œuvre de Richard Yates. 

S’y dessine également une image de l’Amérique post seconde Guerre Mondiale. Un pays au passé glorieux qui n’a plus l’occasion de valoriser son image. Dans « Le mitrailleur », le héros ne trouve plus sa place dans la société. Il ressasse ses souvenirs de l’armée auprès de ses collègues, de jeunes marins dans un bar. Il est en manque d’action, d’héroïsme même si le sien fut plus que limité. C’est une Amérique en pleine mutation, on le voit dans « Une petite fête pour Noël ». Deux classes, deux institutrices diamétralement opposées : l’une est proche de ses élèves, enseignant dans la bonne humeur ; l’autre est old school, sévère, distante et moralisatrice. Deux époques qui s’affrontent.

Encore une fois, Richard Yates nous montre la face sombre de l’Amérique, celle des perdants, des laissés pour compte de la vie. L’écriture de l’auteur est toujours d’une grande lucidité, d’une grande mélancolie.

Merci à Christelle et aux éditions Robert-Laffont pour cette lecture.

Challenge Myself

Luke et Jon de Robert Williams

Luke a 13 ans lorsque sa vie bascule. Sa mère meurt dans un accident de voiture. L’adolescent se retrouve seul avec son père qui sombre peu à peu dans l’alcoolisme pour calmer sa douleur. Faute d’argent, ils doivent déménager. Ils se retrouvent alors dans la banlieue d’une petite bourgade. La maison est fissurée de partout, remplie de vieux meubles et défraîchie. Luke et son père sont engourdis par leur chagrin. Mais un élément va doucement venir perturber leur triste quotidien et peu à peu l’illuminer. Jon, un voisin, commence à venir chez eux. Jour après jour, il s’installe et fait dévier le cours des choses.

« Luke et Jon » est le premier roman réussi de Robert Williams, libraire à Manchester. Le pari n’était pourtant pas évident. Tout d’abord Robert Williams choisit comme narrateur un adolescent, ce qui est souvent risqué car le ton sonne faux. Ici tout sonne juste : les préoccupations de Luke, ses réactions face au monde et sa langue sont parfaitement crédibles. Ensuite, Robert Williams prend le parti de bien charger la barque de ses personnages. Jon est dans une situation sociale encore plus désespérée que celle de Luke. Il est orphelin et vit avec ses grands-parents grabataires. Leur maison est au bord de la ruine et Jon craint la visite des services sociaux et son envoi à l’orphelinat. Cela fait beaucoup pour les deux jeunes personnages principaux ! Mais étonnamment cela passe très bien, Robert Williams use de beaucoup de délicatesse et de poésie pour décrire le quotidien des deux garçons.

L’amitié est leur bouée de sauvetage, elle leur permet d’affronter la dureté de leur situation, les brimades et les humiliations à l’école. Et chacun a une passion qui transcende le quotidien. Luke peint les paysages qui l’entourent, il s’absorbe dans leur contemplation. Jon lit tout ce qui lui passe par la main, sa mémoire phénoménale retient tout, il est une véritable encyclopédie. Le père de Luke va également s’en sortir grâce à son talent de sculpteur sur bois. Il a l’idée de réaliser un grand cheval qu’il déposera en forêt, caché. les promeneurs tomberont dessus par hasard, s’étonnant de découvrir l’œuvre au milieu de nulle part. Une idée magnifique qui montre bien toute la poésie de ce roman.

« Jon et Luke » est un très joli premier roman sur deux adolescents qui unissent leur solitude, leur souffrance pour affronter le monde.