Tessa de Margaret Kennedy

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Albert Sanger est un compositeur et un chef d’orchestre anglais qui mène une vie de bohême avec sa troisième femme et sept enfants. Ils passent l’été dans leur maison du Tyrol autrichien où ils reçoivent des amis et connaissances. L’un d’eux est un compositeur prometteur et talentueux, Lewis Dodd, 35 ans. Tessa, l’une des filles de Sanger, est secrètement amoureuse de lui. L’adolescente est certes la préférée de Lewis mais il la considère toujours comme une enfant. Tessa dégage pourtant un charme singulier. « Il l’avait toujours considérée comme la plus jolie fleur du bouquet. C’était une délicieuse petite friponne abandonnée, et tout à fait de son goût. Elle l’amusait toujours. Et chose étrange, elle était innocente. C’était bizarre à dire de l’une des filles de Sanger, mais c’était la vérité. Innocente était le seul mot qu’il pût trouver pour la solitude sauvage et pleine de fantaisie de son esprit. » Mais lorsque Sanger meurt brutalement, la famille se désagrège. Tessa et ses frère et sœurs sont confiés à l’un de leurs oncles. Leur cousine, Florence, vient les chercher et elle tombe sous le charme de Lewis, au grand désespoir de Tessa.

Après avoir été conquise par « Le festin », j’ai prolongé ma découverte de Margaret Kennedy avec son roman le plus connu « Tessa » (« The constant nymph » en vo). Ce roman, publié en 1924, a effectivement eu beaucoup de succès et il a été adapté plusieurs fois au cinéma et au théâtre (notamment par Jean Giraudoux). « Tessa » est un roman qui a beaucoup de charme, comme « Le festin » nous sommes entre la comédie de mœurs et le drame. La famille Singer, atypique et originale, est tout de suite très attachante. L’éducation fantasque des enfants, leur passion pour la musique, leur impossibilité à se plier à toute forme d’autorité, tout cela dresse un portrait singulier et sympathique du « cirque Singer » comme la famille est surnommée. Les personnages sont tous parfaitement dessinés et Tessa se détache indéniablement par sa fragilité mais également sa détermination à aimer Lewis Dodd.

Ce milieu artistique bohême, qui évoluent loin des règles de la société anglaise, est parfaitement bien décrit. L’autrice nous offre de très belles pages sur la musique, notamment le concourt de Lewis à la fin du roman, et questionne le comportement de ses personnages : être artiste excuse-t-il tous les comportements ?

Ma deuxième lecture de Margaret Kennedy a été aussi probante que la première et j’espère avoir l’occasion de découvrir d’autres romans de cette autrice.

Traduction Louis Guilloux

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