La faute d’Alessandro Piperno

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Fils unique, le narrateur a grandi à l’est de Rome entre un père et une mère aussi dissemblables que possible. Le père est représentant d’électroménager, affectueux fantasque et dépensier. La mère est professeur de mathématiques, austère et énigmatique. Les problèmes d’argent minent de plus en plus la vie de la famille, les disputes s’enveniment. « Seul quelqu’un qui est né dans une zone sismique ou sur les flancs d’un volcan en activité peut se faire une idée relativement juste de ce que signifie venir au monde dans une famille endettée jusqu’au cou. Même si vous n’y pensez pas toute la journée, vous développez de formidables capacités de perceptions, exaltées par une imagination catastrophiste. Le niveau d’alerte est tel qu’il en perd tout caractère extraordinaire. » A l’adolescence de notre narrateur, la situation est extrêmement chaotique et c’est à ce moment que la famille de sa mère refait surface. Elle, qui n’a jamais voulu en parler, emmène son mari et son fils à un Seder de Pessah chez les Sacerdoti. Le narrateur découvre alors qu’il est juif mais également que cette branche de son arbre généalogique est très aisée. Sa vie va changer du tout au tout.

J’ai eu l’immense plaisir de découvrir la plume raffinée d’Alessandro Piperno avec ce texte qu’il a écrit comme un roman victorien contemporain. « La faute » a en effet l’ampleur des romans anglais du 19ème siècle et on y suit le destin d’un enfant jusqu’à l’âge adulte. Son histoire sera faite de rebondissements, d’un terrible drame qui lui fera changer de vie, de nom et de milieu social. Le narrateur, qui n’a pas de prénom, revient sur sa vie dans cette confession qui mêle la tragédie à la comédie. Son changement d’identité occasionnera chez lui un fort sentiment d’imposture et de culpabilité qui le rongera durant toute sa vie. 

Le cœur du roman d’Alessandro Piperno est la famille, il en étudie ses dysfonctionnements et ses ravages. Le narrateur, devenu écrivain, questionnera sans cesse son identité, son histoire tourmentée, son malaise face à sa famille. « Ma muse c’était la famille. Une muse noire et récalcitrante avec laquelle je ne pactiserais jamais. » 

« La faute » est un roman savoureux, foisonnant, délectable et bourré d’ironie. Roman d’apprentissage, fresque familiale, il nous offre une étude psychologique approfondie de son narrateur, anti-héros intranquille. Une histoire brillamment romanesque.

Traduction Fanchita Gonzalez Batlle

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