
Elizabeth Richmond, 23 ans, travaille comme secrétaire dans un musée. Elle vit avec sa tante Morgen depuis de nombreuses années. Les deux femmes ont une vie monotone et très routinière. La tante régit d’une main ferme la vie de sa nièce mais également son compte en banque. Elizabeth se met alors à souffrir d’importantes migraines. Elle semble inconsciente de certains de ses actes. Morgen l’emmène chez un médecin, puis un psychiatre, le docteur Vray, qui pratique l’hypnose.
« Le nid » a été publié en 1954, quelques années avant « La maison hantée ». Le malaise est prégnant dès les premières pages du roman. Shirley Jackson excelle à installer des atmosphères inquiétantes. Le mal-être d’Elizabeth se traduit par des personnalités multiples mises à jour durant les séances d’hypnose. Un excellent chapitre du roman montre une Elizabeth en fuite à New York, l’autrice nous fait pénétrer dans son esprit perturbé, embrouillé. L’état psychique de l’héroïne permet d’interroger la place des femmes dans la société américaine. Elizabeth se doit d’être sage, docile, effacée. Dès le début de sa maladie, elle est qualifiée d’hystérique.
Contrairement à ses futurs romans, « Le nid » ne comporte que peu d’ellipse. Le texte est ici trop explicatif et bavard notamment dans les deux chapitres consacrés au docteur Vray.
Malgré les qualités de sa première partie, « Le nid » n’est pas le plus marquant des romans de Shirley Kackson. On y retrouve néanmoins sa capacité à créer des atmosphères étranges, déstabilisantes et son questionnement sur la place des femmes.
Traduction Clément Martine
Moi qui pensais commencé par celui-ci pour découvrir les textes de Shirley Jackson, je pense que je commencerai plutôt par l’incontournable « La maison hantée » ! Merci pour ton retour 🙂
Ah dommage. .. On lira plutôt les autres alors !