Un marché noir de Bérénice Pichat

« Septembre 1941. Elle a faim. Ça fait longtemps, maintenant. (…) Sa vie se déroule dans un brouillard devenu si familier qu’il ne la révolte plus. Elle avance à tâtons. Elle a tout le temps froid. Même les gestes les plus ordinaires lui demandent des efforts, se font dans la douleur. Ses crampes d’estomac l’épuisent. »  Servane a 16 ans, elle vit avec son beau-père dans le 17ème arrondissement de Paris. Elle a réussi à trouver un mi-temps dans une boulangerie mais cela ne suffit pas à combler la faim de ses proches. En 1943, elle croise une ancienne camarade de classe  qui ne semble pas souffrir des restrictions. Elle propose à Servane de convoyer des valises pour un réseau secret. Elle y croise Grégoire qui lui confie des missions importantes. L’adolescente se sent enfin utile en résistant face à l’occupant. Mais Grégoire est-il bien celui qu’il prétend être ?

Le premier roman de Bérénice Pichat, « La petite bonne », avait été un coup de cœur et j’attendais avec impatience son deuxième roman. A nouveau, l’autrice choisi d’écrire un roman historique. Comme dans « La petite bonne », l’intrigue met en parallèle plusieurs voix, celles des deux personnages centraux. Le récit de Servane ouvre « Un marché noir » puis celui de Grégoire, qui s’appelle en réalité Paul, reprend la même chronologie que le premier. La deuxième partie éclaire la première d’une lumière très différente. La vérité de Paul n’est pas celle de Servane. Entre les deux récits se révèlent les zones grises de l’histoire, ici celles des mercantis, des trafiquants du marché noir. Ce qui est très intéressant dans cette double narration, c’est que Bérénice Pichat ne juge pas ses personnages : ni la naïveté de Servane, ni l’immoralité de Paul. La période était tellement troublée que les frontières entre le bien et le mal semblent plus floues. L’autrice dessine à nouveau très finement la psychologie de ses personnages.

Le deuxième roman de Bérénice Pichat m’a totalement séduite par sa construction, la justesse de son écriture et sa fin si déchirante.

Une réflexion sur “Un marché noir de Bérénice Pichat”

  1. J’ai beaucoup aimé La petite bonne. Donc ton retour me donne envie de vite découvrir ce nouveau roman. Merci.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.