Gentleman Jack, HBO

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1832, Anne Lister revient chez elle à Halifax dans la propriété que son oncle lui a légué, Shibden Hall. Il s’avère qu’Anne s’est trouvée forcée à retourner chez elle après une histoire d’amour malheureuse. Malgré cette contrariété, Anne va se réacclimater à la région et elle décide de reprendre le domaine en main. Elle s’occupe du paiement des loyers, des renouvellements de bail de ses métayers et surtout elle veut se mettre à exploiter la mine de charbon qui se trouve sur ses terres. Elle va alors se confronter aux frères Rawson, ses voisins, qui pillent sa mine depuis des années. En plus de rétablir son domaine, Anne veut une vie personnelle heureuse. Elle cherche donc la femme idéale pour partager sa vie. Anne veut s’affranchir de toutes les conventions sociales mais elle éprouvera quelques difficultés à trouver quelqu’un d’aussi courageux qu’elle.

Gentleman-Jack

Sally Wainwright aime les personnages féminins forts et indépendants comme elle nous l’a précédemment montré dans « Happy valley » et « Walk invisible » (deux séries que je vous conseille vivement si vous ne les avez pas déjà vues). Dans cette nouvelle série, son personnage principal ne déroge pas à cette règle. Sally Wainwright s’est inspirée de la véritable Anne Lister (1791-1840) qui était surnommée Gentleman Jack (d’ailleurs la série a été tournée dans la véritable propriété de Anne Lister, Shibden Hall). Elle a laissé un journal très fourni (on la voit dans la série écrire chaque jour) et surtout codé. Ses relations féminines devaient rester un minimum secrètes, Anne les assumait mais elle protégeait ainsi ses amantes d’autant plus que certaines étaient mariées.

Gentleman Jack - Ep 3

Anne Lister est un personnage extraordinaire, indépendante, aimant voyager, capable de tenir tête aux hommes dans les affaires et s’intéressant à de nombreux domaines. Elle est surtout quelqu’un qui refuse les concessions. Lorsqu’une amie lui suggère d’épouser un homme pour faire taire les rumeurs, elle lui dit vouloir vivre avec quelqu’un qu’elle aime. Et elle pense l’avoir trouvé en la personne de Ann Walker, une riche héritière qui peine à trouver un mari au grand dam de sa famille. Ces deux personnages féminins sont interprétés par deux actrices remarquables : Suranne Jones (« Docteur Foster ») et Sophie Rundle (« Happy valley », « The Blentchley circle », « Brief encounters » et « Peaky Blinders »). Le reste du casting est à la hauteur des deux actrices principales.

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Sally Wainwright apporte beaucoup d’humour dans cette histoire. Anne Lister m’a fait penser à Fleabag puisqu’elle s’adresse directement aux spectateurs pour des apartés. Le rythme est enlevé à l’image de son personnage principal qui ne peut rester en place. Les séries contemporaines ont déjà abordé la thématique de l’homosexualité, des transgenres mais il est original de voir ces mêmes thématiques dans une série historique. J’aurais un seul petit bémol, il porte sur une intrigue secondaire, celle de Thomas Sowden, métayer de Anne Lister. Cette histoire ne me semble pas apporter grand chose à l’intrigue principale. Et surtout elle nous éloigne d’Anne qui est un personnage tellement fort et énergique que l’on aimerait ne pas la quitter une seconde.

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Avec « Gentleman Jack », Sally Wainwright nous montre à nouveau l’étendue de son talent et elle nous présente un personnage féminin charismatique, puissant et incroyablement indépendant pour le 19ème siècle.

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Le dimanche des mères de Graham Swift

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C’était le 30 mars 1924, le jour du dimanche des mères. Chaque année à cette date, les aristocrates donnaient une journée de congé à leurs domestiques pour qu’ils rendent visite à leurs mères. Ces familles, portant pour nombre d’entre elles le deuil de leurs fils partis au front, voient le monde changé autour d’eux et essaient de s’accrocher à leurs traditions : « Étrange coutume que ce dimanche des mères en perspective, un rituel sur son déclin, mais les Niven et les Sheringham y tenaient encore, comme tout le monde d’ailleurs, du moins dans le bucolique Bershire, et cela pour une même et triste raison : la nostalgie du passé. Ainsi les Niven et les Sheringham tenaient-ils sans doute encore plus les uns aux autres qu’autrefois, comme s’ils étaient fondus en une seule et même famille décimée. » Jane Fairchild, la bonne des Niven, est orpheline. Ce n’est donc pas sa mère qu’elle ira voir ce 30 mars 1924 mais son amant, Paul Sheringham, fils de l’aristocratie qui va bientôt se marier. Ce 30 mars 1924, ils se retrouvent, pour la dernière fois et cette journée restera  à jamais gravée dans l’esprit de Jane.

Je découvre avec bonheur la plume de Graham Swift avec ce roman. A travers les détails de cette journée de 1924, l’auteur dessine le destin de Jane et nous montre en quoi ce 30 mars fut décisif dans sa vie. La lumière, les odeurs, les sensations s’inscrivent durablement dans son esprit et ils cristallisent ses envies, son ambition. Graham Swift, à travers quelques phrases disséminés dans le roman, nous projette dans le futur de Jane lorsqu’elle est très âgée. Le texte est sa réminiscence de ce jour crucial, les mots sont lumineux et nimbés d’une douce nostalgie.

Bientôt, après cette belle et chaude journée de 1924, Jane quittera les Niven et connaîtra une belle destinée. A l’apogée de Jane répond le déclin des grandes familles aristocratiques. L’après 1ère Guerre Mondiale sonne le glas d’un monde. La modernité va peu à peu balayer les traditions de cette classe sociale qui se pensait éternelle. Les domestiques, comme Jane, peuvent aspirer à une autre vie. La série « Downton Abbey » ou « La partie de chasse » de Isabel Colegate montraient bien ce basculement, cette disparition lente mais inéluctable des traditions de l’aristocratie anglaise. Un monde disparaît pour laisser sa place à un autre.

« Le dimanche des mères » est un roman remarquable de concision éclairé par une écriture splendide, sensible et subtile.

 

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Rendez-vous avec le mystère de Julia Chapman

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A la mort de sa mère, Jimmy Thornton découvre avec surprise son testament. Mrs Thornton lègue bien entendu ses biens à son fils mais également à sa fille Olivia. Le problème, c’est ce que Livvy Thornton est décédée dans un accident de voiture vingt quatre ans plus tôt. Le notaire de la famille, Matty Thistlethwaite, ne trouvant pas de certificat de décès, il décide d’engager Samson O’Brien, détective privé, récemment de retour à Bruncliffe. Le notaire insiste pour que Samson travaille avec Delilah Metcalfe. Contrairement à Samson, sa famille est originaire de la ville et elle saura mettre en confiance les habitants. L’affaire devrait cependant se régler rapidement. Il ne s’agit certainement que d’un problème administratif… Samson et Delilah vont découvrir que la mort de Livvy Thornton cache bien des secrets.

« Rendez-vous avec le mystère » est le 3ème tome de la série de Julia Chapman, les détectives du Yorkshire. Comme dans les deux précédents tomes, ce qui est plaisant pour le lecteur, c’est de retrouver les habitants de Bruncliffe. Julia Chapman a le don de créer des personnages attachants que l’on a plaisir à retrouver : Delilah, son fort caractère, son indépendance et son chien Calimero, Samson et ses multiples secrets sur sa vie passée de policier infiltré, les pensionnaires de la maison de retraite de Fellside Court, Will Metcalfe, le frère rugueux de Delilah, Ida Capstick, la femme de ménage de Samson et Delilah qui ne parle jamais pour ne rien dire, etc… L’univers de Bruncliffe permet aux lecteurs de se sentir en terrain conquis, dans une ambiance cosy à souhait !

Dans ce troisième tome, l’intrigue commençait très bien. Cette histoire de certificat de décès était intéressante et permettait beaucoup de développements et de pistes (fausses ou véritables). Mais malheureusement, Julia Chapman nous donne beaucoup trop d’indices évidents et l’on comprend rapidement quel va être le dénouement. Et à certains moments, Samson et Delilah m’ont semblé vraiment lents à comprendre ou à faire le lien entre différentes informations. En tant que lectrice, j’ai besoin d’être surprise par le dénouement ou par la qualité de déduction de l’enquêteur. Un peu plus de mystère, de suspens ne nuirait pas à l’intrigue.

« Rendez-vous avec le mystère » nous permet de replonger dans l’univers sympathique de Bruncliffe dont les personnages sont attachants. L’enquête, même si elle partait bien, se révèle trop évidente à élucider. Le tout manque singulièrement de mystère contrairement au titre du roman…

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Love de Angela Carter

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Lee et Buzz sont frères, ils ont été élevés par leur tante après que leur mère ait été internée dans un hôpital psychiatrique. Les deux frères sont très indépendants, originaux et inséparables. Pourtant à 18 ans, Buzz part en Afrique du Nord sans son frère. Lorsqu’il revient Lee a épousé une jeune femme prénommée Annabel. Buzz habite chez eux, n’ayant aucunement l’intention de travailler. Annabel et Buzz deviennent rapidement complices car ils ont une certaine étrangeté en commun. Le trio devient au fil du temps très toxique.

« Love » est le premier roman d’Angela Carter que je lisais et je dois avouer en être ressortie perplexe. L’univers de cette auteure est assez déroutant. « Love », dont le titre est extrêmement ironique, est une histoire d’amour cruelle marquée par les névroses de ses personnages. Le mariage de Lee et Annabel est voué à l’échec dès le départ. Elle est « (…) capable de toutes les nuances de la mélancolie, depuis la tristesse indolente jusqu’au désespoir le plus noir. » Lui, place la liberté au-dessus de tout et il « (…) montrait la même froideur et le même détachement dans ses relations avec les femmes car, pour accéder à la liberté, il fallait obligatoirement être dégagé de toute responsabilité. » Ils se marient pourtant pour satisfaire les parents d’Annabel. Le fait de se plier aux conventions sociales va d’emblée pourrir les relations des deux partenaires. La présence de Buzz, toxique et totalement barré, accélère la désintégration du couple. Le trio est mu par des pulsions violentes et morbides. Angela carter crée un véritable malaise, une ambiance mortifère qui met mal à l’aise à la lecture de son roman. La quatrième de couverture parle d’un féminisme radical, je dois avouer avoir plaint autant Annabel que Lee qui sont tous les deux embarqués dans un véritable cauchemar.

« Love » est un roman déstabilisant tant l’histoire de ce trio est étouffante et tant leurs relations sont imprégnées de perversité.

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Fleabag, saison 1 et 2

 

Je n’avais pas eu l’occasion de vous parler de « Fleabag », la saison 2 me permet heureusement de le faire. « Fleabag » (sac à puces) a tout d’abord été crée par Phoebe Waller-Bridge sur scène. La créatrice et actrice, à l’origine également de la formidable série « Killing Eve », a ensuite décidé de tirer une série de son spectacle. Et je l’en remercie car « Fleabag » est une série vraiment originale, drôle et tragique à la fois.

Fleabag a la trentaine, elle tient un café qu’elle a créé avec sa meilleure amie Boo. Celle-ci est malheureusement morte dans des conditions que nous découvrons au fur et à mesure de la première saison. La jeune femme est proche de la dépression et son entourage ne va pas beaucoup l’aider. Sa mère est décédée ; son père est en couple avec la marraine de ses filles qui ne perd aucune occasion de les rabaisser ; sa sœur Claire est psychorigide et elle est mariée à un homme détestable. Pour couronner le tout, le café,  de Fleabag, qui a pour thématique les cochons d’Inde, est désespérément vide. Pour oublier ses problèmes, l’héroïne se console en ayant de très nombreux amants qui valent le détour ! Entre celui qui a les dents de Bugs Bunny, celui qui aime les petits seins et celui qui collectionne les dinosaures, le tableau est des plus réjouissant ! Cette première saison culminait dans une sexhibition où sont exposés les œuvres de la belle-mère et où l’humiliation de Fleabag sera à son comble.

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La deuxième saison s’ouvre de manière magistrale avec notre héroïne le nez en sang dans les toilettes dans restaurant. Nous découvrirons à travers l’épisode que cette scène est la conclusion d’un repas de famille ! Tout a l’air pourtant d’aller mieux pour notre trentenaire, elle semble avoir repris les choses en main et son café fonctionne à merveille. Le seul hic, c’est qu’elle tombe sous le charme du prêtre catholique (qui a peur des renards…) qui doit unir son père et sa belle-mère et qu’elle rencontre lors du dîner (jeu de massacres) familial.

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« Fleabag » est une série originale par sa forme. En effet, l’héroïne crée un lien tout particulier avec les spectateurs en faisant des apartés à la caméra. Tout au long des deux saisons, elle commente ce que nous voyons à l’écran, ce qu’elle vit. Le ton de ces apartés est très libre, très ironique et plein d’autodérision. Phoebe Waller-Bridge parle de tous les sujets sans aucun tabou ce qui peut parfois donner des scènes ou des dialogues assez trash. Les règlements de compte en famille sont à chaque fois des moments d’anthologie où l’ironie, la violence verbale et physique sont à leur summum. C’est cru, cynique et terriblement réjouissant ! Les dialogues sont extrêmement rythmés et ciselés ce qui est essentiel à une bonne comédie. Mais « Fleabag » n’est pas qu’une comédie. La verve et l’humour de l’héroïne ne servent qu’à masquer sa culpabilité, sa tristesse et son immense sentiment de solitude. Et le casting de la série est absolument fabuleux à commencer par Phoebe Waller-Bridge qui est formidable, Olivia Colman qui réalise encore une performance incroyable, Bill Paterson, Sian Clifford, Andrew Scott dans la saison 2 et tous les autres qui participent pleinement à la réussite de cette série (mention spéciale au discours féministe de Kristin Scott-Thomas dans la saison 2).

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« Fleabag » est une comédie au goût amer, féministe et au ton particulièrement cru. Les acteurs, les dialogues, la mise en scène, tout concoure à faire de cette série une oeuvre originale, drôle et touchante à la fois. Une réussite totale qui malheureusement ne durera que deux saisons. J’ai hâte de découvrir la suite du travail de Phoebe Waller-Bridge.

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L’héritier, une histoire d’amour de Vita Sackville-West

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Miss Chase, propriétaire du domaine de Blackboys, vient de mourir. La propriété revient à son unique neveu qu’elle connait peu, Mr Chase, qui réside et travaille à Wolverhampton. Les notaires de Miss Chase s’empressent de régler la succession et surtout la vente du domaine et de ses dépendances qui leur rapportera un bon pourcentage. Mr Chase est un homme morne, pauvre, vivant dans un appartement et ne sachant que faire d’une demeure dans le plus pur style élizabéthain. Contraint à rester à Blackboys en attendant la vente, Mr Chase découvre sa propriété, ses jardins, les agriculteurs qui cultivent ses terres. Il sent confusément qu’il s’inscrit dans une tradition et se sent soudainement serein.

« L’héritier, une histoire d’amour » est un roman où l’on retrouve de manière flagrante son auteure derrière la trame de l’histoire. Vita Sackville-West était extrêmement attachée aux lieux où elle a vécu. Ce fut le cas du château de Sissinghurst qu’elle acheta en 1930 avec son mari Harold Nicolson et qu’ils aménagèrent à leur goût. Mais l’achat de ce château était le résultat d’une séparation douloureuse : celle de Vita avec le château élizabéthain où elle avait grandi, Knole. Son père décède en 1928 et n’ayant pas d’héritier mâle, le château revient à un oncle selon la loi anglaise.

Ce que Vita exprime dans « L’héritier », c’est un attachement viscéral à une terre, à une propriété. Mr Chase n’a aucun lien avec sa famille. Il savait qu’une fois sa tante décédée, il allait hériter de Blackboys. Mais cela restait très lointain, la propriété était désincarnée. Les jours passés là-bas vont lui apprendre l’importance de sa lignée, de son appartenance à Blackboys et à sa famille. La maison symbolise ses racines, la tradition à laquelle appartiennent les Chase. Il découvre également la beauté des jardins : « Il connut l’odeur âcre de l’herbe coupée, et la caresse de la rosée sur ses chevilles. (…) Il connut le coup de bec du pivert sur les troncs d’arbres et à midi, le roucoulement fort énamouré, fort ensommeillé, des pigeons dans les hêtres.  Il connut le bourdonnement repu de l’abeille qui butinait, le grincement de la sauterelle le long des haies. Il connut le giclement du lait dans les sceaux, les meuglements indolents dans les étables. Il connut le merveilleux éclat d’un pétale dans un rayon de soleil, sa limpidité fibreuse, semblable à la transparence de cornaline de doigts de femme devant une lampe puissante. » 

« L’héritier, une histoire d’amour » est un texte qui ressemble à Vita Sackville-West et qui souligne son attachement à ses origines, à sa terre.

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Bonne nuit, Monsieur Tom! de Michelle Magorian

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Au début de la deuxième Guerre Mondiale, les enfants de Londres et de sa banlieue sont envoyés à la campagne pour les protéger. William Beech se retrouve ainsi à Little Weirwold. Il est emmené dans la maison de Tom Oakley, à côté du cimetière du village. Tom vit seul avec son chien et il accueille le jeune garçon en grognant. Le vieil homme s’est refermé sur lui-même après la mort de sa femme Rachel. Mais Tom ne va pas rester bourru bien longtemps devant William. Il va rapidement comprendre que l’enfant, réservé et craintif, a été maltraité par sa mère. Tom va alors tout faire pour mettre à l’aise William et lui permettre de se sentir mieux.

« Bonne nuit, Monsieur Tom ! » est un roman extrêmement touchant. Les deux personnages principaux sont émouvants et on s’attache à eux immédiatement. Chacun a souffert, chacun s’est éloigné du monde extérieur. Tom et William vont s’apprivoiser, se rapprocher. Tous les deux vont s’ouvrir, s’épanouir au contact de l’autre. Michelle Magorian les entoure bien avec toute une galerie de personnages également attachants à commencer par Zach, lui aussi un enfant londonien réfugié à la campagne, qui deviendra le meilleur ami de William.

Mais Michelle Magorian ne nous raconte pas une jolie histoire sucrée. Elle n’oublie pas que son intrigue se déroule pendant la guerre. Son roman est émaillé de drames terribles. William va traverser des épreuves physiques et morales horribles pour un si jeune garçon. L’une des scènes m’a véritablement fait froid dans le dos. « Bonne nuit, Monsieur Tom ! » est un roman dur qui ne cache pas les horreurs de la guerre et qui montre la résilience de William.

« Bonne nuit, Monsieur Tom ! » est le terrible roman d’apprentissage d’un jeune garçon en temps de guerre. Un très joli roman jeunesse aux personnages extrêmement attachants.

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