La maison haute de Jessie Greengrass

« Et tout ce temps, dehors, ce qu’elle seule parvenait à regarder en face : les printemps précoces et les étés trop longs, les hivers soudains, imprévisibles, qui venaient de nulle part avec leur lot d’inondations, de glace ou de vent, ou qui ne venaient pas, laissant les jours succéder aux jours dans une humidité poisseuses, les feuilles pourrir sur les arbres et les oiseaux chanter en décembre et nicher plutôt que de migrer, si bien que, lorsque enfin la neige tombait, ils gelaient sur les branches et mouraient. »  Francesca est une activiste écologiste qui continue à alerter le monde alors que les catastrophes se multiplient, laissant seuls son jeune fils Pauly et sa belle-fille adolescente Caro. Lors d’un voyage périlleux aux USA, le père des enfants leur demande de quitter leur appartement pour rejoindre leur maison près de la mer dans le Suffolk. C’est là que Caro découvre toute l’anticipation de Francesca : la maison sur les hauteurs est remplie de vivres, de vêtements et équipée d’un générateur. Sa belle-mère a également engagé une jeune femme, Sally, et son grand-père pour les épauler.

La narration de « La maison haute » tisse les récits de trois personnages : Sally, Caro et Pauly. Tous trois vont devoir apprendre à vivre ensemble, à survivre malgré un monde qui s’effondre autour d’eux, malgré la peur, la rage ou la culpabilité qui peuvent les habiter. Le formidable roman de Jessie Greengrass m’a beaucoup fait penser à « Migrations » de Charlotte McConaghy. Dans les deux romans, il ne s’agit plus de combattre le réchauffement climatique mais bien d’y survivre. Malgré l’âpreté de la situation, l’espoir est bien présent. L’héroïne de « Migrations » s’accroche à la persistance des sternes arctiques. Ici, il renaît grâce aux liens qui se nouent entre les personnages, le soin que chacun porte à l’autre. Des moments de joie peuvent encore exister au milieu des tempêtes et des inondations : un pique-nique sur la plage, un repas de Noël avec le pasteur, l’observation de deux aigrettes.

« La maison haute » est un roman empreint, paradoxalement, de douceur, d’espoir et d’humanité. Les personnages sont infiniment touchants et l’amour qui les unit l’est tout autant.

Traduction Sarah Gurcel

La correspondante de Virginia Evans

Depuis 1948, Sybil Van Antwerp envoie des lettres à ses amis, sa famille, des écrivains dont elle apprécie l’œuvre, le fils d’un ami, des administrations, etc… Aujourd’hui à la retraite après une carrière dans le droit, elle continue inlassablement à écrire chaque jour même si sa vue commence à décliner, ce qu’elle cache à ses enfants.

Le premier roman de Virginia Evans est composé des lettres écrites ou reçues par Sybil et le tout forme un portrait pointilliste de cette vieille dame au caractère bien trempé. L’autrice manie parfaitement l’ellipse en ne mettant pas forcément les réponses aux différents courriers.  Cette correspondance nous permet de découvrir une femme ayant eu une carrière riche dans laquelle elle s’est beaucoup impliquée, qui s’est éloignée de ses enfants et adore partager ses lectures avec sa meilleure amie. Certains échanges ne m’ont pas semblé très utiles (comme celles où elle souhaite s’inscrire à des cours à l’université) et donnent le sentiment que l’autrice s’éparpille. Sybil est un personnage peu sympathique au début, elle a son franc-parler mais sa correspondance nous révèlera ses failles, ses souffrances et sa capacité à changer, à reconnaître ses erreurs. In fine, l’histoire de Sybil m’a touchée.

La forme épistolaire du roman, l’attachement de son héroïne à l’art de la correspondance, la fluidité de son écriture rendent le roman de Virginia Evans très plaisant à lire.

Traduction Leïla Colombier

Laura de Vera Caspary

New York début des années 40, le corps sans vie de Laura Hunt est retrouvé dans son appartement par sa femme de ménage. Elle a été tuée d’un coup de fusil en plein visage. Mark McPherson est chargé de cette enquête. Il rencontre les proches de la victime : Waldo Lydecker, écrivain et mentor de Laura, Shelby Carpenter, avec qui elle devait se marier le lendemain de sa mort. A force de les côtoyer, de fouiller son appartement, McPherson a l’impression de l’avoir connue. « Il avait appris à connaître Laura, non pas avec sa seule intelligence mais aussi avec tous ses sens. Ses doigts avaient touché des étoffes qui avaient connu le contact de son corps, ses oreilles avaient entendu le frou-frou de ses vêtements de soie, son nez avait humé les différents arômes, si entêtants, de ses parfums. » Mais qui était réellement Laura Hunt ?

« Laura » a été écrit en 1943 par Vera Caspary et adapté l’année suivante par Otto Preminger avec la sublime Gene Tierney dans le rôle titre. L’autrice a construit son roman de manière polyphonique avec quatre narrateurs : Waldo, Shelby, Mark et Laura elle-même. Chacun des trois hommes livre sa version, sa vision de la jeune femme. Alors qu’elle était indépendante (une publicitaire talentueuse et renommée), les hommes, qui la croisent, projettent sur elle leurs fantasmes, leurs désirs, leurs besoins de possession. Laura est une toile blanche et sa personnalité nous semble mouvante au fur et à mesure des témoignages. Muse, amie, épouse, objet de collection pour Waldo, idéal féminin, Laura endosse tous ses rôles sans le vouloir. Toute l’originalité du roman tient dans cette construction polyphonique, dans l’appropriation par chaque homme du personnage féminin pourtant émancipé.

« Laura » est un formidable et passionnant roman noir évoquant également les changements dans le statut des femmes dans la société américaine.

Traduction Jacques Papy

Bilan 2025

 

L’heure du bilan de l’année a sonné ! Comme chaque année, je reviens sur mes lectures et films préférés. Il a été fort difficile de choisir parmi mes 107 lectures de 2025 mais voici mes classements pour les romans, pour les BD et albums :

1- « Ida ou le délire » d’Hélène Bessette : sans conteste la lecture qui m’a le plus marquée cette année. Une écriture singulière, intense qui nous raconte la vie d’une domestique méprisée par ceux qui l’emploient.

2-  » Terres promises » de Bénédicte Dupré la Tour : mon année littéraire commençait très forte avec ce remarquable premier roman totalement maîtrisé qui nous entraîne dans un far-west aussi réelque fantasmé.

3- « L’histoire de Mother Naked » de Glen James Brown : son premier roman « Ironopolis » figurait dans mon classement des meilleures lectures de 2024. Glen James Brown ne m’a pas déçue avec son second texte jubilatoire, réjouissant qui porte la voix de l’irrévérencieux ménestrel Mother Naked.

4- « Les sœurs Field » de Dorothy Whipple : j’attendais depuis longtemps de découvrir cette autrice anglaise et ce roman fut à la hauteur de l’attente. Dorothy Whipple parle avec beaucoup de modernité de sororité et de domination masculine.

5- « Perit déjeuner chez les Nikolidès » de Rumer Godden : encore une autrice que je voulais découvrir depuis longtemps et j’ai été totalement happée par ce roman superbement écrit dont l’atmosphère indienne est saisissante. 

Impossible de ne pas citer également le très touchant texte d’Adèle Yon « Mon vrai nom est Élisabeth », l’extraordinaire et tragique amitié de « Juno et Legs » imaginée par Karl Geary, le captivant et terrifiant « Baignades » d’Andrée A. Michaud, l’élégance et la modernité d’Elizabeth von Arnim dans « Love » et la très enlevée fresque sociale de Michelle Gallen dans « Du fil à retordre ».

J’ai choisi cette année quatre BD ou albums  :

1- « Deux filles nues » de Luz : la narration extrêmement originale et pertinente vaut en soi le détour mais le propos est également traité avec beaucoup d’intelligence et de finesse. Du Grand art.

2- « Jane Austen, une vie entre les pages » de Janine Barchas et Isabel Greenberg : cette biographie graphique de Jane Austen est une réussite tant sur le fond que sur la forme. Mélange de documentation et de spéculation, le récit est vivant, pétillant et poignant. 

4- « Hiver » de Fanny Ducassé : le nouvel album de Fanny Ducassé est absolument délicieux  et il regorge de trouvailles originales et poétiques. Les dessins sont sublimes  et merveilleux.

5- « Multicolore » de Léa Maupetit : j’apprécie depuis longtemps le travail d’illustratrice de Léa Maupetit qui a,  cette fois, également écrit les textes de cet album passionnant et  instructif sur la couleur.

Comme pour les livres, j’ai choisi cinq films coups de cœur pour illustrer mon année 2025 :

1- « Sirât » d’Oliver Laxe : le film sidérant d’Oliver Laxe est une incroyable expérience sensorielle qui nous entraîne dans les confins du désert marocain avec une bande de marginaux déglingués.

2- « Partir un jour » d’Amélie Bonnin : le charme irrésistible de ce film tient au choix de ses acteurs tous formidables, aux parties chantées qui rehaussent les sentiments, à la délicatesse avec laquelle la réalisatrice aborde la nostalgie de l’enfance, la relation parents- enfants.

3- « Mémoires d’un escargot » d’Adam Elliot : ce film d’animation s’adresse aux adultes et retrace la vie déchirante de Grace Pudel qui aime passionnément les escargots. C’est bouleversant, cocasse, singulier, une merveille !

4- « L’étranger » de François Ozon : le défi d’adapter le roman d’Albert Camus était de taille mais il est relevé haut la main par François Ozon qui a su rester fidèle à l’œuvre tout en s’en affranchissant. Le noir et blanc, la performance de Benjamin Voisin, les choix de mise en scène font de ce film une réussite éclatante. 

5- « Amélie et la métaphysique des tubes » de Liane-Cho Han et Mailys Vallade : l’enfance d’Amélie Nottomb au Japon est un régal de poésie, de fantaisie et un éblouissement visuel qui rappelle l’univers de Miyazaki.

Je souhaite également citer le bouleversant film de Walter Salles »Je suis toujours là », le saisissant « On vous croit » de Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys, le magnifique « Tu ne mentiras point » de Tim Mielants avec un remarquable Cillian Murphy (ne l’est-il pas toujours ?), l’étonnante et originale histoire d’amour  de « L’amour au présent » de John Crowley et l’infiniment touchant dernier film de Romane Bohringer « Dites-lui que je l’aime ».

Il ne me reste plus que vous souhaiter une très belle, enrichissante et joyeuse année 2026 ! 

 

 

Mortel Noël de Denis Michelis

« L’histoire pourrait commencer ainsi : « Il était une fois, de l’autre côté de la frontière, un charmant village niché au cœur d’une petite montagne paisible. Tout autour se déployait une forêt dont le feuillage vert tendre abritant une multitude d’animaux. Lièvres, écureuils, renards, paons, chevreuils, faisans, biches et surtout des cerfs dont on peut parfois croiser le regard blasé au détour d’un bois touffu. » A l’écart du village se trouve un chalet vers lequel se dirige une famille : une mère, son fils adolescent Oliver et son nouveau compagnon Klaus. Oliver n’est guère enthousiaste à l’idée de passer les fêtes dans un chalet chelou dont l’accès à la cave est bizarrement fermé à double tour. Heureusement, le jeune homme, qui a été privé de son téléphone portable, peut écrire dans son journal et fumer des joints.

Denis Michelis nous offre avec « Mortel Noël » un conte de Grimm revisité à la sauce macabre. A l’intérieur de son roman, il invente même trois contes horrifiques lus par Oliver. L’adolescent est le narrateur exclusif de cette histoire et la question de sa fiabilité se pose tout au long du roman (il n’aime pas Klaus et sa mère Hildegard et il est accro au cannabis). Oliver est d’ailleurs un personnage peu aimable, insupportable et irrespectueux. Les fêtes de Noël de la famille finissent par ressembler à un croisement entre « Festen » et « Barbe bleu » ! 

Denis Michelis détourne avec humour (noir l’humour) le conte de Noël et le cosy mystery pour nous offrir une lecture délectable et fort divertissante. 

 

Multicolore de Léa Maupetit

J’apprécie depuis de nombreuses années le travail de Léa Maupetit et notamment sa série d’ouvrages en collaboration avec Emmanuelle Kecir-Lepetit (« Fleurs », « Oiseaux », « Insectes », « Arbres »). Ce qui me plait particulièrement dans ses livres et illustrations, c’est son emploi de couleurs vives, éclatantes. Son dernier ouvrage, dont elle a également écrit les textes, témoigne de son émerveillement face à la couleur : « La couleur m’enchante et me fascine et je suis assaillie en permanence de nombreuses interrogations. D’où vient-elle ? Comment obtenir ce bleu que j’aime tant ? Est-ce que la couleur existe si on ne la regarde pas ? Voit-on tous les mêmes couleurs ? Pourquoi réagit-elle différemment selon les heures de la journée ? » Autant de questions auxquelles Léa Maupetit essaie de répondre dans « Multicolore ».

Le livre se nourrit de l’expérience d’illustratrice de son autrice mais également d’expériences et découvertes scientifiques (par exemple : Isaac Newton et la décomposition de la lumière blanche en différentes couleurs, l’immense nuancier de Michel-Eugène Chevreul au 19ème siècle). Léa Maupetit revient sur les fondamentaux (couleurs primaires, secondaires), sur les ondes lumineuses qui nous permettent de voir les couleurs, sur ce qui fait une couleur (teinte, saturation luminosité) mais également sur l’origine des noms donnés aux couleurs, sur leur procédé de fabrication (pigments naturels et synthétiques). Le sujet est inépuisable et les nuances des couleurs infinies. Le livre est superbement illustré avec des nuanciers, des planches botaniques, des objets du quotidien qui étayent le propos.

« Multicolore » est un ouvrage didactique, accessible aux plus jeunes, ludique où l’on sent toute la passion et l’enthousiasme de Léa Maupetit pour son sujet. 

Hiver de Fanny Ducassé

Hiver est une petite fille qui vit seule avec son père dans un château glacé recouvert de mascarpone. Sa mère mourut le jour de sa naissance et elle lui laissa un coussin brodé et un coffre fermé à clef. Elle ne pourra l’ouvrir que le jour de ses douze ans. En attendant cette date, Hiver reste dans le château silencieux où son père, profondément triste, se transforme peu à peu en ours polaire.

De Fanny Ducassé, j’avais déjà eu le plaisir de lire « Rosalie et le langage des plantes » et « Un automne avec M. Henri ». « Hiver » est un récit d’apprentissage en forme de conte où une petite fille de douze ans va enfin découvrir le monde extérieur. L’histoire est infiniment poétique et originale : le nom des personnages (la marraine d’Hiver se nomme Rubis), le château recouvert de mascarpone, etc… Les dessins se déclinent en rouge et blanc et sont absolument splendides. Les détails foisonnent, même les encadrements des textes sont fins et délicats.

Le nouvel album de Fanny Ducassé est un enchantement visuel et l’histoire d’Hiver est touchante et pleine de charme.

Un hiver au féminin, nouvelles à lire au coin du feu

Les toutes jeunes éditions Honorine nous propose un recueil de nouvelles sous le signe de l’hiver. S’y trouvent quinze écrivaines d’époques et de pays différents. Certaines sont très connues comme Edith Wharton, Elizabeth von Arnim, Margaret Atwood, Louisa May Alcott, Anaïs Nin, d’autres malheureusement sont oubliées comme Agnès Sapper, Selma Lagerlof ou sont de jeunes autrices comme Francesca Manfredi ou Geneviève Boudreau.

Plusieurs nouvelles portent bien entendu sur les fêtes de Noël, la joie des enfants et le bonheur de partager ces moments avec ceux qui sont plus pauvres. C’est le cas avec les filles du Docteur March ou « Un heureux réveillon » de Katherine Mansfield. J’ai beaucoup apprécié « Noël chez les Osborne » de Lucy Maud Montgomery où des enfants, blasés devant l’arrivée des fêtes, redécouvrent la magie de Noël en organisant une fête pour des enfants démunis de leur voisinage.

Mais les nouvelles du recueil ne sont pas que chaleureuses et réconfortantes. Edith Wharton nous entraîne aux frontières du fantastique avec « Ensorcelée », la plus longue nouvelle du recueil. La solitude et la mélancolie accompagnent les personnages de Francesca Manfredi dans « Ce qu’il reste » et l’héroïne d’Anaïs Nin dans « Les roses rouges ». Colette se remémore les Noëls passés, le temps qui s’écoule si vite dans « Rêverie du nouvel an ».

Parmi ces nouvelles, certaines m’ont séduite par leur ton ironique, leur humour glaçant. C’est le cas de « Matelas de pierre » de Margaret Atwood qui offre à son héroïne l’occasion de se venger en Arctique d’un homme surgi de son passé. Elizabeth von Arnim place son Noël traditionnel bavarois à l’aube de la seconde guerre mondiale jetant ainsi un voile sur les festivités familiales. Avec plus de légèreté, Stella Gibbons nous décrit le Noël solitaire d’une romancière, installée récemment à la campagne, qui ne souhaite aucunement se marier mais l’ironie du sort en décidera autrement.

« Un hiver au féminin » nous offre des nouvelles aux tons très variés, aux voix très affirmées et singulières. De quoi nous accompagner superbement durant l’hiver.

La collision de Paul Gasnier

Le 6 juin 2012, dans le quartier de la Croix Rousse à Lyon, une femme à vélo est percutée par une moto. Le conducteur, Saïd, roulait à 80 km/h en roue arrière et il perdit le contrôle de son véhicule. La cycliste décédera une semaine après l’accident. Cette femme était la mère de Paul Gasnier, aujourd’hui journaliste à Quotidien. Dix ans plus tard, lors de la campagne présidentielle, les propos d’un candidat d’extrême-droite vont l’emmener à interroger les faits douloureux vécus en 2012. « La correspondance entre mon vécu et son fantasme politique n’a pas cessé de me hanter depuis cette campagne présidentielle, où il faut martelé que l’immigration provoquait de la délinquance et qu’il était urgent d’en protéger les Français. Il fallait le reconnaître : l’extrême-droite avait mis le doigt, avec talent, sur cette confusion et cette colère que j’avais intimement vécu. » Pour dépasser cette colère, « pour comprendre à défait de pardonner », Paul Gasnier va enquêter avec rigueur sur le fait divers qui a bouleversé sa vie. Il s’appuie sur les rapports médicaux, de police, le dossier d’instruction, le récit de témoins pour essayer d’appréhender la généalogie de la violence urbaine. A partir de l’histoire de sa mère et de celle de Saïd, il élargit son propos, essaie de saisir ce qui fracture la France aujourd’hui. Paul Gasnier mélange le récit à l’enquête avec sérieux, sans pathos et avec humanisme. La sobriété et le recul, dont il fait preuve, n’empêchent pas l’émotion et l’on sent la douleur profonde, le deuil terrible qui frappa une famille unie et sans histoire.

« La collision » est un texte remarquable d’intelligence, de réflexion et de justesse où la colère ne met pas à mal les convictions de son auteur.