
Un soir où M et Mme Darling étaient sortis et où Nana la chienne-garde d’enfants était attachée dans la cour de derrière, Peter Pan vint enlever Wendy et ses deux frères John et Michael. Il les emmena au Pays Imaginaire : « De toutes les Cythères, l’Ile de l’Imaginaire est la mieux abritée et la plus dense, pas du genre qui s’étire en longueur avec d’ennuyeuses distances d’une aventure à l’autre mais pleine comme un œuf. Le jour, quand on y joue, avec la nappe et les chaises, elle n’a rien d’effrayant ; mais deux minutes avant de s’endormir, elle devient presque vraie. C’est pourquoi l’on a inventé les veilleuses. » Pour Wendy et ses frères, cette île merveilleuse devient bien réelle. Ils y rencontrent la troupe de Peter : les enfants perdus, tombés de leur berceau ils furent recueillis par lui. Grâce à l’arrivée de Wendy, ils vont connaître le plaisir d’avoir une maman. Mais ils ne sont pas seuls, Wendy et ses frères rencontrent des fées, des sirènes, des indiens et des pirates. A leur tête, l’ennemi juré de Peter Pan : le terrible capitaine Crochet. Les dangers sont grands au Pays de l’Imaginaire et les aventures des enfants seront palpitantes.
Je n’avais jamais lu l’œuvre de JM Barrie et j’ai été enchantée par son univers fantaisiste où les oiseaux sont soupe au lait et les chapeaux peuvent se transformer en cheminée. Au centre de ce monde est Peter Pan, ce « (…) charmant petit gars, vêtu de feuilles et des résines qui suintent des arbres. » Il est orgueilleux, vantard, fanfaron. Il tue les enfants perdus qui grandissent car lui a décidé qu’il ne grandirait jamais. Il refuse l’âge adulte et ses désillusions. Sa vie est un tourbillon d’aventures, de rencontres (il oublie tout très vite ce qui lui évite de souffrir). Ce personnage fantasque sait aussi être galant avec Wendy, héroïque face au capitaine Crochet et qui pleure la nuit pendant ses cauchemars. La dualité du personnage principal se retrouve chez les autres. Wendy est prête pour l’aventure, elle joue le jeu de Peter Pan. Mais elle est aussi l’archétype de la femme victorienne, elle rêve uniquement d’être une bonne mère de famille. La fée Clochette, folle d’amour pour Peter, est jalouse et tente de tuer Wendy. Le capitaine Crochet (qui s’est fait manger la main par un crocodile qui a également avalé une montre dont le tic-tac permet au capitaine de se méfier) est bien sûr le mal incarné, l’ennemi à abattre. Mais il n’est pas complètement antipathique. Il lutte avec panache et a le sens de l’honneur.
« Peter Pan » de JM Barrie a amplement mérité sa réputation de chef-d’œuvre. L’univers qu’il a créé est incroyablement imaginatif, ses personnages sont ambigus et attachants.




















