Trois jours pour la joie d’Olivier Bruneau

« Un beau mariage, avec un homme doux et attentionné, deux enfants magnifiques, une villa d’architecte dans un lotissement de Châtenay-Malabry et un poste à responsabilités très bien payé… Je cochais toutes les cases du bonheur. » Pourtant Hélène ne va pas bien. Après un burn-out et un « accident » avec le bus 74 place Clichy, elle décide de tout plaquer et de placer son destin entre les mains de Jordan Stevens, un populaire auteur et coach en développement personnel.  Hélène s’est inscrite à un séminaire de trois jours à la Défense. De nombreux ateliers sont organisés, ainsi que des meetings où Jordan motive et galvanise ses troupes. Malgré son enthousiasme, Hélène finit par avoir des doutes sur la méthode employée par Jordan.

Je découvre avec ce roman, Olivier Bruneau qui poursuit ici un cycle, entamé avec « Insomnia », nommé « Les damnés du capitalisme ». « Trois jours pour la joie » explore cette injonction au bonheur de nos sociétés contemporaines. Le discours de Jordan est odieux puisqu’il explique que le bonheur ne dépend que de chacun, aucunes contingences sociétales, aucun déterminisme n’existent pour lui. Il est brutal avec ses groupies, les oblige à faire des choix de vie radicaux. Dans ce huis clos de plus en plus étouffant, Hélène est l’unique narratrice de ces trois jours de séminaire. Le lecteur vibre, s’inquiète, se crispe au fil de ses pensées changeantes, instables, de ses enthousiasmes, de ses doutes. Le personnage d’Hélène est très intéressant, à la psychologie finement analysée par Olivier Bruneau.

« Trois jours pour la joie » est un court roman, intense, haletant qui décortique intelligemment les travers de notre époque. J’ai maintenant hâte de lire « Insomnia ».

La voie de Gabriel Tallent

Dans le sud du désert de Mojave, Dan et Tamma sont en dernière année de lycée. Les deux amis ont une passion pour l’escalade et ils s’entrainent tous les matins avant d’aller en cours. Une fois leur diplôme en poche, ils souhaitent partir sur les routes pour pratiquer leur sport. Tout pour fuir l’endroit où ils ont grandi. La mère de Dan a connu un grand succès littéraire dans sa jeunesse mais elle est plongée depuis dans une dépression qui la paralyse. Tamma est méprisée par sa mère et son petit ami dealer de drogues. En dehors de l’escalade, Tamma est une jeune femme rebelle, insolente qui n’a aucune chance de rentrer à l’université au vu de ses résultats scolaires. Ce qui n’est pas le cas de Dan, étudiant sérieux et brillant. Ses parents le poussent d’ailleurs à poursuivre ses études et à s’éloigner de sa meilleure amie.

Comme de nombreux lecteurs, j’avais été totalement éblouie par le premier roman de Gabriel Tallent « My absolute darling ». Huit ans après avoir connu un succès fulgurant, il revient avec un deuxième roman très éloigné du premier, ce qui est une excellente chose. Malgré tout, on retrouve dans « La voie » des familles déficientes, maltraitantes surtout dans le cas de Tamma. Celle-ci pourrait être une cousine de Turtle, l’héroïne de « My absolute darling ». Elle est revêche, asociale, obsédée par la sexualité et vulgaire. Vue comme cela, elle ne semble pas très sympathique mais c’est pour moi le personnage le plus intéressant du roman, la plus téméraire et la plus attachante. La force de son amitié avec Dan est au cœur du roman, tout comme leurs questionnements sur leurs choix de vie après le lycée. L’escalade sert bien entendu de métaphore de la vie, de la recherche de la voie à suivre et des difficultés qui seront à traverser.

Malgré quelques longueurs, « La voie » est le récit touchant d’une formidable amitié où Gabriel Tallent montre à nouveau sa capacité à imaginer des personnages forts et marquants.

Traduction Laura Derajinski

Les habitantes de Pauline Peyrade

Emily vit dans la maison de sa grand-mère depuis l’âge de neuf ans mais elle n’en est pas l’unique propriétaire. Après la mort de sa grand-mère, son père et sa demi-sœur souhaitent vendre. Des lettres arrivent jusqu’à Emily qui tente au départ de les ignorer. Elle vit dans ce hameau, au cœur d’une forêt, de collines, retirée avec sa chienne Loyse. Elle travaille dans la ferme d’Aude qui vit également seule avec sa chienne. La jeune femme n’imagine pas un seul instant pouvoir habiter ailleurs.

En exergue de son deuxième roman, Pauline Peyrade a placé un poème d’Emily Brontë qui fut sa source d’inspiration pour son personnage principal. Elles partagent toutes deux un attachement viscéral au lieu qu’elles habitent et à leur chien. Elles font corps avec leur environnement, avec les paysages qui les entourent. Chez Pauline Peyrade, le vivant bruisse à chaque page, il frémit, gronde et murmure. « L’été grésille au-dessus de la maison. Le ciel cuit, le lierre sèche sur les pierres, visité par les guêpes et les pucerons. Des papillons de nuit meurent dans les angles des combles, des mouches volent près du plafond. Des courants d’air chaud parcourent l’ombre, ralentissent au-dessus du lit. A l’intérieur d’un cône de terre et de plantes jaunes, sous l’appui de la fenêtre qui regarde le jardin, une hirondelle tourne sur elle-même. » Qu’ils soient arbres, insectes, oiseaux, mammifères, tous habitent ce lieu au même titre qu’Emily. Pauline Peyrade apporte une grande attention à l’ensemble du vivant, le décrit minutieusement dans une langue poétique, sensorielle, organique. Le roman pourra déconcerter ses lecteurs, en son cœur il garde une étrangeté, une opacité qui m’ont séduite et intriguée.

« Les habitantes » est un roman surprenant qui questionne notre manière d’habiter un lieu, de le regarder tout en ne mettant pas l’homme au centre de son environnement.

 

Les années souterraines de Hugo Lindenberg

« L’enfance, ce chemin de ronces, je m’en suis extirpé avec tant de hâte. Elle réside tout entière, images, goûts, sensations, entre les parois de cet immeuble du quinzième arrondissement de Paris, chez mon père, où j’ai croupi dix ans, du jour de la mort de ma mère à mes quinze ans. Je n’y pense jamais, mais la nuit je le retrouve en rêve, cet appartement. » Après la mort de sa belle-mère, le narrateur, architecte installé en Californie, doit revenir à Paris pour vider l’appartement de son père. Dans ce lieu, il a vécu une enfance malheureuse. Son père le négligeait autant que la propreté de son intérieur. Le narrateur tourne autour de son ancien immeuble, erre dans le quartier, s’installe dans un hôtel à proximité, rate un colloque à Berlin sans réussir à franchir la porte de l’appartement où il a grandi.

J’avais beaucoup aimé le premier roman d’Hugo Lindenberg « Un jour ce sera vide ». J’ai retrouvé dans « Les années souterraines » tout ce qui m’avait séduite à l’époque : le récit d’une enfance douloureuse et solitaire, une extrême sensibilité et une grande qualité de la langue. Dans son dernier roman, Hugo Lindenberg interroge profondément la paternité. Son narrateur n’a pas le désir d’avoir des enfants contrairement à sa compagne Rebecca. Elle espère que son voyage le réconciliera avec son enfance. L’indifférence de son père se double du poids de la Shoah, qui de manière insidieuse, influence la descendance des rescapés. Mais « Les années souterraines » n’est pas qu’un roman sombre, le séjour du narrateur à Paris sera également l’occasion de belles rencontres : Solange, une jeune veuve et son fils, Ali qui a repris le bar-hôtel de son père, Enzo le jeune thésard/gardien d’immeuble et les habitants de l’immeuble ayant connu son père.

Avec son dernier roman, Hugo Lindenberg confirme son talent, sa capacité à se placer à hauteur d’enfant avec délicatesse et à rendre les sentiments les plus complexes au travers d’une magnifique écriture.

Kes de Barry Hines

Billy Casper vit dans une ville minière décatie du nord de l’Angleterre. Son père est parti, sa mère est souvent absente et son frère aîné Jud se défoule sur lui. A l’école, les choses ne se passent pas mieux. Le frêle garçon est souvent pris comme souffre-douleur par les autres élèves. L’enseignement se fait à coup de punition et d’humiliation. Seul Mr Farthing sait être l’écoute de ses élèves et il décèle chez Billy une lumière. Celle-ci lui vient de Kes, un faucon crécerelle qu’il a recueilli. Billy, qui s’ennuie à l’école, lit des livres sur la fauconnerie pour apprivoiser l’oiseau.

« Kes » a été publié en 1968 et il fut adapté l’année suivante par Ken Loach (le film a d’ailleurs été tourné à Barnsley, Yorkshire, ville de naissance de Barry Hines). L’univers de l’écrivain et celui du réalisateur se correspondent parfaitement et Ken Loach adaptera d’autres textes de Hines. Le monde de Billy est celui de la classe ouvrière pauvre. Négligé par sa mère, abandonné par son père, le jeune garçon traine avec de mauvais garçons, fait de nombreuses bêtises. Son horizon est plus que bouché et son avenir est tout tracé : la mine dès qu’il quittera l’école à 15 ans. Il y a des scènes très marquantes de maltraitance comme celle où le prof de gym empêche Billy d’aller manger parce que le match de foot n’est pas fini et l’oblige ensuite à rester de longues minutes sous l’eau glacée. En miroir de ce moment violent, s’offre au lecteur une scène superbe de fauconnerie devant les yeux émerveillés de Mr Furthing.

« Kes » est un roman d’apprentissage cruel, brutal, d’un réalisme saisissant. La relation entre Billy et son faucon est bouleversante de beauté.

Traduction Clémentine Gauthiers

 

Le livre de Sève de Charlotte Monsarrat

« La Mère n’a pas de nom.

Parmi les innombrables femmes enfermées dans le Roncier, certaines pleurent, d’autres font semblant de croire qu’un jour elles pourront sortir. Peu font l’effort de se rappeler qu’au-delà des branches il y a un monde, celui où courent les animaux libres. La plupart ne rêvent plus et n’imaginent rien. Elles n’ont jamais connu autre chose. » Ces femmes sont là pour enfanter et leur progéniture leur est enlevée si elle s’avère de sexe masculin. Les filles resteront dans le Roncier pour, un jour, devenir mère à leur tour. La Mère entend un jour des voix, elle retient un mot, duramen, qu’elle décide de donner en prénom à sa fille. Plus tard, Duramen fera de même avec sa petite sœur qu’elle nommera Sève. Des prénoms, des identités qui leur donneront de la force et le courage de s’extirper du Roncier. Mais seule Sève y arrivera.

« Le livre de Sève » est un très joli conte écologique où l’homme n’est plus au sommet de la chaine alimentaire. La nature a repris ses droits. Mais quelques communautés ont survécu au cœur de la forêt. Sève va aller à leur rencontre et elle va notamment faire la connaissance d’un crieur, un passeur d’histoires qui va lui apprendre à écrire. La très poétique idée de Charlotte Monsarrat est que Sève va raconter son histoire en Ogham, une langue où les lettres ont la forme des arbres et de leurs branches. Le roman est un hommage aux mots, à la puissance de l’imagination. C’est également un texte sur la force du lien entre deux sœurs, entre Sève et Duramen qui veulent conquérir leur liberté.

Entre « La servante écarlate » et « Roman de Ronce et d’Epine », « Le livre de Sève » nous entraine dans un univers surprenant, organique, tour à tour féérique et inquiétant, aux côtés d’une héroïne formidable de courage et d’abnégation.

 

Les fantômes de Shearwater de Charlotte McConaghy

L’île de Shearwater se situe en plein océan austral. En plus des otaries, des albatros, des manchots royaux et des gorfous de Schlegel, elle abrite Dom Salt et ses trois enfants, Raff, Fen et Orly, qui habitent dans le phare. Shearwater accueillait des chercheurs scientifiques partis depuis peu. La famille Salt va également bientôt quitter l’île qui risque à tout moment d’être submergée. Dom a, jusqu’au départ, la garde de la précieuse réserve de graines établie par le scientifiques. « La Réserve mondiale de semences de Shearwater a été construite pour résister à toutes sortes d’attaques du monde extérieur ; sa fonction était de survivre à l’espère humaine, de continuer d’exister au cas où un groupe d’individus devrait un jour recréer à partir de zéro la chaine alimentaire qui nous nourrit. » Un soir de tempête, une femme gravement blessée s’échoue sur la plage. Rowan va être soignée par les habitants du phare qui vont s’interroger sur sa présence dans ces eaux hostiles et glacées.

Après « Migrations », je continue ma découverte de l’œuvre de Charlotte McConaghy. On retrouve ici ses préoccupations pour l’environnement. Dans ce roman, la catastrophe n’a pas encore eu lieu mais les signes avant-coureurs sont là : submersion de l’île, incendies en Australie, conservation des graines. Les paysages, les éléments, superbement décrits, ainsi que les animaux sont partie prenante de l’intrigue. Ces derniers font également partie des fantômes du titre puisque l’île a abrité des chasseurs de phoques et de baleines (certains passages m’ont fait penser à « L’île des chasseurs d’oiseaux » de Peter May).

L’intrigue se déroule à huis clos, de manière polyphonique, chaque personnage prend la parole à tour de rôle. Le climat entre eux est tendu et l’on comprend dès le début que les non-dits et les mensonges plombent les relations entre Rowan et la famille Salt. Tout le sel de l’histoire se situe là puisque les personnages sont attachants et que l’on redoute ce que l’on va apprendre sur eux.

« Les fantômes de Shearwater » se dévore, j’ai apprécié la puissance évocatrice des descriptions de la nature, les personnages particulièrement bien campés et je suis ravie de savoir qu’il me reste à découvre le deuxième roman de Charlotte McConaghy « Je pleure encore la beauté du monde ».

 

Le parlement de l’eau de Wendy Delorme

Le parlement de l’eau a été convoqué pour faire le constat de l’état dramatique de ses différentes entités : les glaciers fondent, les nappes phréatiques se vident, de nombreux cours d’eau sont pollués, asphyxiés, leurs trajets contraints par l’homme et parfois même enterrés comme la Rize dont le tracé et la source sont devenus mystérieux. Mais le parlement de l’eau s’est également réuni pour aider Esprit à écrire un roman. Celui-ci se déroule en 2050, une époque où l’eau vient à manquer et où une petite communauté tente de se rapprocher de la nature tout en la respectant.

Le dernier roman de Wendy Delorme est très dense avec ses trois niveaux de récit (le parlement de l’eau, le récit d’anticipation en 2050 et le quotidien d’Esprit qui l’écrit) qui s’entremêlent constamment et qui apportent beaucoup d’originalité à l’intrigue. « Le parlement de l’eau » est extrêmement documenté, comme en témoigne la bibliographie à la fin du livre et qui comporte des romans, des essais, des archives.

Wendy Delorme place son roman dans le bassin rhodanien (de Lyon jusqu’à Sète) et donne beaucoup de données géographiques, techniques qui sont parfois un peu ardues et peuvent ralentir le récit. L’autrice exprime, dans ce roman polyphonique, la nécessité de repenser notre rapport à l’eau et l’aménagement du territoire. Elle présente de nombreux éléments factuels montrant les aberrations de notre traitement de l’eau : pollution de l’eau, bétonisation excessive qui empêche l’eau de pénétrer dans le sol, élevage intensif, centrales nucléaires (5 sur le cours du Rhône), mégabassines.

Comme Rémi David dans « Prélude à la goutte d’eau », Wendy Delorme se questionne sur la possibilité d’une personnalité juridique donnée aux entités aquatiques. La politique française irrigue également son propos (dissolution de l’assemblée qui entraine une instabilité propice à la montée de l’extrême droite). Bien évidemment, tout est lié et tout peut influer sur notre façon de considérer notre environnement.

« Le parlement de l’eau » est un roman foisonnant (sans doute un peu trop) qui fait parler l’eau sous toutes ses formes et nous fait réfléchir sur l’usage que nous avons fait jusqu’à présent.

 

La nuit retrouvée de Lola Lafon et Pénélope Bagieu

C’est l’anniversaire d’Hélène et pour fêter ça ses trois enfants sont venus dans sa maison des Landes. La soirée se déroule à merveille entre bulles de champagnes, taquineries et jeux de société. La cinquantaine passée, Hélène apprécie sa vie calme, bien ordonnée (à 20h15 précises il faut sortir la chienne et les verres ne doivent pas être dépareillés !) Pourtant, sa fille a souvent l’impression que sa mère est au bord des larmes. Hélène se remémore alors le premier été après son divorce, le premier été qu’elle passait seule avec ses enfants en bas âge. Un été qui aurait pu changer totalement sa vie.

Lola Lafon et Pénélope Bagieu unissent leurs talents pour nous raconter une vie en retrait ou un secret est enfoui depuis tant d’années. Hélène a choisi le bonheur de ses enfants plutôt que le sien. On ne sent pas de regrets chez elle mais une nostalgie profonde. Ce qui est touchant, c’est ce qu’elle cache de son histoire à sa fille. Malgré les années, elle reste pudique sur ses sentiments. Cela rend le personnage d’Hélène très touchant. Les premières pages de la bande dessinée montrent à quel point elle s’est dédiée à ses enfants et qu’elle a créé un lien très fort avec eux. Les couleurs vives, chaleureuses de Pénélope Bagieu, sa mise en page, qui alterne grandes cases et zooms sur certains détails ou gestes, servent parfaitement cette histoire tendre et émouvante.

La vie entière de Timothée de Fombelle

« J’écris ces mots. J’invente des allées inconnues, des places, des bals, des forêts. Je cours loin devant moi. J’invente l’endroit où nous attend tout ce qu’on ne vivra jamais. Il est minuit. J’écris vite parce que les lignes sont des années. »  1944, dans sa chambre parisienne, Claire attend Blanche, son chef de réseau. Depuis treize mois, la jeune femme de 19 ans tape « les feuilles volantes » qu’il vient lui dicter à 17h presque chaque jour. Au fur et à mesure, Claire est tombée amoureuse de cet homme dont elle ne connaît pas le véritable nom. Ce soir, il est en retard. Elle ne doit pas l’attendre au-delà de trente minutes. Pourtant, Claire ne quitte pas son appartement. Pour conjurer le danger ou faire advenir ce dont elle rêve, elle imagine la vie qu’ils auront tous les deux après la guerre : les enfants, les amis, les vacances, les saisons qui passent, la vieillesse. « je veux être vieille avec une écharpe rose le soir pour aller dîner. Je veux avoir eu le temps d’oublier. » 

Les soixante-dix-sept pages du dernier roman de Timothée de Fombelle contiennent bel et bien une vie entière. Lui, accoutumé à de belles sagas romanesques, nous offre ici un bijou de concision. Dans ce court texte se mélangent avec fluidité le passé, le présent et le futur de Claire. Timothée de Fombelle passe d’un temps à l’autre pour englober la vie de son personnage, ses aspirations, ses rêves, tous les détails et sensations qui composent le quotidien. Le temps presse, le danger la guette et pourtant Claire se laisse porter par son imaginaire, par son amour pour cet homme qu’elle connait à peine. Le texte, qui résulte de ses rêveries, est bouleversant, imprégné par l’urgence de la situation.

Timothée de Fombelle fait décidément partie de mes écrivains préférés. Qu’il écrive pour les enfants ou pour les adultes, son écriture reste délicate, précise et sensible.