En 1864 à Londres, la jeune Sarah O’ Reilly a réussi à se faire embaucher au London Mercury où elle compose les pages du journal à l’imprimerie. Elle, et sa sœur Ellen, sont irlandaises et orphelines. Elles vivent dans le quartier pauvre et insalubre de Devil’s Acre. Sarah est intelligente et curieuse. Elle se fait rapidement remarquer par Lily Korechnya qui rédige une chronique récurrente sur les femmes d’exception. Elle prend la jeune Sarah sous son aile. Par ailleurs, Lily établit le catalogue de bijoux de lady Cynthia Herbert. Cette dernière a rapporté d’Inde neuf pierres magnifiques exposées pour le moment dans un musée londonien. Ces pierres appartiennent au maharajah de Bénarès qui souhaite en faire un navaratna, un talisman sacré. Mais la route des pierres est parsemée de cadavres.
« La neuvième pierre » de Kylie Fitzpatrick est une déception. Après avoir lu et adoré « Code 1879 » dans la même collection, je m’attendais à un roman policier de qualité. Mais ici point d’enquête autour des meurtres et donc il n’y a aucun suspense. Le livre est entièrement centré sur l’évolution de Sarah O’Reilly et tient plus du roman d’apprentissage que du policier. Cela n’est pas inintéressant puisqu’il permet d’aborder la place de la femme à l’époque victorienne. Mais l’intrigue principale n’est pas supposée être l’émancipation d’une jeune irlandaise dans le Londres du XIXème siècle. Sarah et Lily sont des personnages plutôt attachants mais la plupart des autres sont traités très rapidement à l’instar d’Ellen, la jeune sœur. Il faut néanmoins reconnaître à Kylie Fitzpatrick un sens de l’atmosphère. Les deux villes où se déroule l’intrigue, Londres et Bénarès, sont bien rendues et décrites. On sent parfaitement toute la misère et l’abandon de Devil’s Acre, toutes les couleurs, les épices et l’écrasante chaleur de Bénarès.
« La neuvième pierre » est un roman policier qui ne tient pas ses promesses, ne développant pas du tout son enquête et qui finit par ennuyer.


























