Lorsque nous les avions quittés à la fin de « La dernière séance », Sonny avait perdu un œil suite à une bagarre avec Duane. Tous deux convoitaient la même fille, la plus belle de Thalia au Texas, Jacy. Suite à cet incident, Duane s’était engagé dans l’armée, ne pouvant plus regarder son meilleur ami en face. Vingt-sept ans plus tard, nous retrouvons les deux amis, toujours à Thalia. Sonny en est même le maire. Duane, quant à lui, a fait fortune dans le pétrole. Mais la crise est passée par là et au début du roman, il est à la tête d’une dette de douze millions de dollars. Il est également le père de quatre enfants tous plus beaux les uns que les autres mais également tous complètement barrés : « Dickie, leur fils de 21 ans, avait été élu le plus beau garçon du lycée de Thalia tout au long de ses études secondaires. Nellie, elle, avait remporté une fois le titre dans la catégorie jeunes filles alors qu’elle était en seconde, mais des jaloux s’étaient arrangés par la suite pour qu’on ne vote plus pour elle. Quant à Jack et Julie, ils étaient, pour autant qu’on le sache, les plus beaux jumeaux du Texas. Dickie gagnait sa vie en vendant de la marijuana et Nellie, avec trois mariages en l’espace d’un an et demi, pulvérisait sans doute le record d’Elizabeth Taylor dans ce domaine avant sa 21ème année. Mais personne ne pouvait nier qu’ils étaient beaux tous les quatre. » Il faut ajouter qu’à 11 ans les jumeaux sont les pires garnements de tout le comté, un exemple de leurs méfaits : ajouter du LSD dans les céréales des pasteurs dans leur camp de vacances. Mais la folie furieuse de la famille de Duane s’étend à l’ensemble de la ville et cela ne va pas s’arranger avec la célébration du centenaire de Thalia.
Dans ce deuxième volet consacré à Thalia, c’est Duane qui passe au premier plan. Au milieu des loufoqueries des habitants (les maris et les femmes échangent leur partenaire comme nous changeons de chaussettes), Duane semble être la seule personne saine d’esprit et capable de raisonner. Mais il finit par avoir du mal à contrôler la situation, surtout quand la sublime Jacy fait son retour à Thalia. Duane est alors plongé dans une véritable crise d’identité où se mêlent la culpabilité et la peur de mal faire. Tout cela le paralyse et l’empêche de comprendre ce qui se passe autour de lui et il y a de quoi faire durant le centenaire qui s’achève en une omelette géante !
« Texasville » est beaucoup plus drôle que « La dernière séance », tout part en vrille. Mais derrière cette loufoquerie, Larry McMurtry nous montre une Amérique totalement désemparée et ayant perdu tous ses repères. Désopilant mais pas seulement.





















