Lorsque sa mère décède, Mary Yellan n’a d’autre choix que de rejoindre sa tante en Cornouailles. Son oncle, Joss Merlyn, y tient l’Auberge de la Jamaïque. La rencontre avec celui-ci, après un long et éprouvant voyage, est assez froide et rude. La tante de Mary, Patience, semble terrorisée par son mari et sa force brutale. L’ambiance est sombre, lugubre à l’auberge qui se situe sur une lande désolée et venteuse. Tous les habitants de la région ont peur de Joss Merlyn et se tiennent loin de l’auberge. Rapidement, Mary découvre que son oncle a des activités illégales et qu’il a probablement du sang sur les mains. Elle décide pourtant de rester pour essayer de sortir sa tante des griffes de Joss Merlyn. Et puis, il y a Jem Merlyn, le jeune frère de Joss qui ne la laisse pas totalement indifférente.
Daphné du Maurier a écrit un roman d’aventures romantique à la manière des sœurs Brontë. Les paysages sauvages et hostiles qui entourent l’auberge font irrésistiblement penser à la lande des « Hauts de Hurlevent » : « Le vent cinglait le toit et les torrents de pluie, dont la violence allait croissant maintenant que les collines n’offraient plus leur abri, fouettaient les vitres avec une malignité nouvelle. De chaque côté de la route, la campagne s’étendait, sans limite. Pas d’arbre, pas de chemins, aucun groupe de chaumières, aucun hameau, mais, mille après mille, la lande aride, noire et inexplorée, se déroulant comme un désert vers quelque invisible horizon. » Daphné du Maurier a l’art de placer son lecteur dans une ambiance sombre, glaçante et très prégnante tout au long du récit.
Mary Yellan aurait pu naitre sous la plume de Charlotte Brontë. Cette jeune femme de 23 ans est téméraire, indépendante, elle a le courage d’affronter son oncle. Elle semble n’avoir peur de rien, de personne. C’est un très fort personnage féminin qui est au centre de ce roman comme l’est Jane Eyre dans celui de Charlotte.
L’intrigue mystérieuse qui se noue autour de l’auberge et de Joss Merlyn est au départ captivante. Mais malheureusement, j’ai démêlé les écheveaux de l’histoire avant la fin qui du coup m’a parue moins captivante.
Malgré cette petite réserve, j’ai pris un grand plaisir à lire « L’auberge de la Jamaïque » dont l’atmosphère sauvage et tumultueuse m’a totalement séduite.




















