Michael Kenna est un photographe anglais qui fit à plusieurs reprises des donations au musée Carnavalet. A l’occasion de l’une d’elle et de la sortie d’un livre sur la France, le musée nous propose une exposition d’une cinquantaine de ses œuvres consacrées à Paris.
Les photographies de Michael Kenna sont exclusivement en noir et blanc et les tirages sont extrêmement travaillés, fins. Ce sont toujours de petits formats.

L’homme n’apparait jamais sur les photos. Michael Kenna présente une ville de Paris mystérieuse, fantomatique. Une capitale qui semble du coup totalement hors du temps, rien n’indique l’époque à laquelle les photos ont été prises. D’ailleurs l’artiste parcourt la ville depuis une trentaine d’années et il est impossible de classer chronologiquement les photographies exposées au musée Carnavalet.
Michael Kenna a des motifs favoris : les ponts qui permettent les jeux de reflets et qui sont des traces du travail des hommes ; la tour Eiffel le symbole absolu de Paris que le photographe montre sous toutes ses coutures.

Les œuvres de Michael Kenna sont extrêmement graphiques, les contrastes entre ombre et lumière sont accentués. Les cadrages sont bien entendu très soignés, très étudiés. Les poses sont longues, ces photographies sont loin de l’esthétique instantanée d’Henri Cartier-Bresson ou de Christopher Eggleston.

Les photographies épurées de Michael Kenna sont empruntes de poésie, d’intemporalité. La ville de Paris est magnifiée par la qualité des cadrages et des tirages du photographe anglais. N’hésitez pas à y aller, l’exposition est en effet gratuite puisqu’elle est mélangée aux collections permanentes du beau musée Carnavalet.




© Henri Cartier Bresson







© Maman Baobab


