
En février 1587 au château de Fotheringhay, c’est la fin de Marie Stuart. Sa cousine, Elizabeth Ière, l’a condamnée à mort. Marie sera décapitée, sa tête montrée à la foule. A Londres, à l’auberge de la tête de la reine, la troupe théâtrale des hommes de Westfield répètent pour leur nouvelle pièce. Au centre de la troupe : Nicolas Bracewell le régisseur et bien plus encore : « Nicholas Bracewell se montrait si capable et si ingénieux que ses attributions ne cessaient d’englober de nouvelles responsabilités. Non content d’organiser la mise en scène à partir de l’unique exemplaire complet d’une pièce, il assurait le rôle de souffleur, supervisait les répétitions, contribuait à former les apprentis, s’occupait des musiciens, amadouait les machinistes, conseillait en matière de costumes et d’accessoires, et négociait les licences des nouvelles pièces auprès de l’Intendant des menus plaisirs de la reine. » Sans lui, la troupe s’écroulerait. A la fin de la répétition, Nicholas accompagne un comédien, Will Fowler, pour boire un verre avec une ancienne connaissance. A la taverne, une bagarre se déclenche entre Will et un autre client. Les épées sont dégainées et un coup fatal est porté à Will. Nicholas, effondré par la perte de son ami, ne tarde pas à découvrir que cette mort est loin d’être accidentelle. Il se lance alors dans une enquête pour retrouver le meurtrier de Will.
Voici un roman fort sympathique qui remplit parfaitement son rôle de divertissement. Les personnages sont bien dessinés et deviennent rapidement attachants à l’instar du héros Nicholas Bracewell. Le directeur et acteur principal des hommes de Westfield, Lawrence Firethorn, est un personnage haut en couleur. Orgueilleux, séducteur, fougueux, il est éclatant sur scène où il interprète tous les rôles importants. Il y a également le pauvre Edmund Hoode qui doit écrire des pièces au débotté en fonction de l’actualité et des caprices de Lawrence Firethorn. Barnaby Gill, autre acteur de la troupe, est beaucoup moins sympathique et surtout il a des vues sur les jeunes apprentis de la troupe ce que Nicholas ne peut admettre.
L’atout principal de cette série est la découverte de la vie d’une troupe de théâtre à l’époque de Shakespeare. Edward Marston montre bien toutes les difficultés rencontrées par les comédiens. La concurrence faisait rage, il y avait énormément de jalousie entre les troupes. Il fallait donc sans cesse innover et surtout proposer de nouvelles pièces. Celles-ci pouvaient se référer à l’actualité mais toujours de manière indirecte. On le voit bien dans « La tête de la reine » avec la pièce glorifiant la victoire sur l’invincible Armada. Les auteurs devaient également faire en sorte que les pièces plaisent à tout type de public, puisque aussi bien les nobles que les pauvres assistaient aux spectacles. Les pièces devaient donc s’enchainer à un rythme infernal sans quoi la troupe pouvait tomber dans l’oubli.
« La tête de la reine » est très plaisant à lire et nous plonge dans les coulisses du théâtre élisabéthain pour le plus grand plaisir des amateurs de cette période.



















