« Literary life » est un recueil de chroniques publiées entre 2002 et 2005 dans The Guardian Review par Posy Simmonds. Il s’agit du supplément littéraire du grand quotidien et c’est bien de la vie littéraire dont nous parle l’auteur de « Gemma Bovery ». Et plus précisément des coulisses de la vie littéraire : la solitude de l’écrivain devant la feuille blanche, les séances de dédicace où personne ne vient, les cocktails de maison d’édition mais également la vie d’une petite librairie de quartier et l’impact du métier d’écrivain sur l’entourage. Posy Simmonds nous montre des écrivains à l’ego démesuré, malmenés, qui sont souvent coupés du monde réel et à la sensibilité à fleur de peau. Le regard de l’auteur est très acide, ironique sur ce monde littéraire mais il y a aussi de la tendresse envers les écrivains qui souffrent souvent de solitude et sont habités par le doute.
Elle nous entraîne également dans la fiction pure avec deux personnages récurrents : Rick Raker, agent spécial qui fait penser à Bogart quand il incarnait Marlowe, et le docteur Derek assisté de nurse Tozer. Le premier peut vous aider à ruiner la réputation d’un adversaire écrivain. Le second soigne tous les bobos de l’écrivain : la panne d’écriture, l’étreintement par les critiques, l’accouchement de l’œuvre, la diarrhée verbale. Le docteur Derek a une solution à tous les problèmes ! C’est un personnage très réussi, très drôle et l’on prend plaisir à le retrouver.
La dessinatrice alterne aussi les formats avec des pages de bandes dessinées classiques en noir et blanc et des dessins pleine page en couleurs.
L’ensemble est très homogène et très plaisant avec des moments touchants mais surtout avec beaucoup d’humour. Mention spéciale à la page consacrée à Jane Austen qui se demande si elle va revenir du pays des morts pour recevoir les nombreux éloges qui lui sont adressés de nos jours. Je vous laisse découvrir si elle choisit où non de passer de l’autre côté !






























