La dynastie des Tudors (1485-1603) est mise à l’honneur au musée du Luxembourg. Une famille importante dans l’histoire de l’Angleterre puisque chacun de ses membres y laissa une forte empreinte. Le fondateur de la dynastie, Henri VII, mit fin à la guerre des deux roses, guerre civile qui divisa le pays pendant trente ans. Henri VIII amorça le passage de l’Angleterre au protestantisme afin de pouvoir divorcer de Catherine d’Aragon. Il apporta également la Renaissance à l’Angleterre. C’est son fils Edouard VI qui fit du protestantisme la religion d’état. Mary Ire, dite Bloody Mary, revint sur la décision de son demi-frère pour revenir au catholicisme. Quand Elizabeth Ière monta sur le trône, elle installa définitivement l’anglicanisme et donna au pays une période faste politiquement et culturellement.
C’est à travers les portraits de chacun de ses souverains que le musée du Luxembourg se propose de nous faire découvrir cette dynastie. La présentation de l’exposition se fait chronologiquement, une section par roi ou reine. Outre la superbe des portraits présentés, l’exposition souligne bien tous les enjeux du portrait à cette époque. C’est un outil du pouvoir qui montre la puissance, la richesse du souverain. Le portrait grandeur nature de Henri VIII, copie d’une peinture murale de Hans Holbein, le montre parfaitement bien. Les portraits pouvaient être envoyés à un autre monarque pour sceller un traité, une alliance. Le portrait de Henri VIII de Joos Van Cleve répond à la réception par le roi anglais d’un portrait de François Ier par le même peintre. Les deux portraits sont présents au musée du Luxembourg et montrent bien toute la rivalité entre les deux hommes. Henri VIII, par son portrait plus grand, cherche à impressionner le français, à lui montrer sa suprématie.
Le portrait pouvait également être le prélude à des noces royales, on le voit dans l’exposition avec les miniatures d’Anne de Clèves envoyées à Henri VIII. Ce dernier découvrit à ses dépens que ce genre d’œuvres peut être très mensonger.
Les portraits d’Elizabeth sont les plus nombreux et les plus beaux de l’exposition. Elle s’en servait comme de véritables outils de propagande politique qui célébraient un évènement comme celui de l’Armada ou la célébraient elle-même en tant que souveraine accomplie. C’est le cas du magnifique portrait anonyme la représentant le jour de son couronnement. Le tableau fut peint à la fin de son règne. Son visage est clairement idéalisé et ses atours, vêtement et bijoux, sont grandioses. Comme le dit très justement l’audioguide de l’exposition, ce portrait donne « une aura d’éternité » à Elizabeth Ière.
L’exposition souligne également, au début et à la fin, la postérité de cette famille de légende qui fascina et fascine toujours. De nombreux artistes s’inspirèrent de son histoire notamment en France au XIXème avec des peintres troubadours comme Edouard Cibot, Camille Saint Saëns qui compose un opéra autour de la pièce de Shakespeare consacrée à Henri VIII, Victor Hugo avec deux pièces de théâtre. A notre époque, Elizabeth fut l’objet d’une biographie par le biais de deux films. La robe du couronnement, portée par Cate Blanchett dans le film, ouvre l’exposition. Une série, assez mauvaise, avait également mis les Tudors à l’honneur.
L’exposition du musée du Luxembourg est parfaitement cohérente, la circulation y est agréable et fluide. Les portraits exposés sont parfaitement bien choisis et reflètent les différentes fonctions du portrait à cette époque. Je vous la recommande chaudement si vous vous intéressez à cette époque. La qualité des portraits vaut véritablement le détour.



































