
Lorsque Roger Liddiard découvre le village de Westease, il tombe rapidement sous le charme. Ce sémillant écrivain recherche le calme et la tranquillité. Quoi de mieux que la paisible campagne anglaise pour se poser et se reposer ? Roger achète un ancien moulin et fait connaissance du voisinage : le révérend Gatacre et sa séduisante fille Mary, le Professeur, un gentleman misanthrope logeant dans un manoir et le détestable mais réputé Wyldbore Ryan, peintre de son état. Quand le révérend est retrouvé assassiné, c’est la stupeur dans la petite communauté. La police est évidemment diligentée sur les lieux et les soupçons s’orientent vers la fille du révérend, la divine Mary qui est loin de laisser indifférent notre Roger. C’est pour l’innocenter qu’il se lance dans l’enquête mais décidément tout concourt à accuser quelqu’un du village. « Car oui, le mystère restait entier. L’enquête n’avançait pas d’un pouce, aucune trace d’une personne étrangère au pays n’avait pu être signalée. Et il était confirmé qu’à l’heure supposée du crime tous les habitants du village étaient soit chez eux, soit au pub du Prince sans tête, ce qui n’avait rien d’étonnant vu le temps qu’il faisait ce soir-là. » Ne restent donc sur la liste des suspects que le Professeur, Wyldbore Ryan, Mary et Roger lui-même.
Vita Sackville-West s’essaie au roman policier, au whodunnit cher à Agatha Christie. L’atmosphère est éminemment anglaise grâce à ce décor de petit village de campagne en apparence bien inoffensif. Tout s’y passe de manière feutrée et élégante. Le drame ne fait perdre son sang froid à personne. L’humour est caustique, piquant comme savent si bien le faire nos amis anglais.
Mais il me faut bien l’avouer, malgré mon admiration pour Vita Sackville-West, n’est pas Lady Agatha qui veut. Le suspens dans ce roman est des plus ténu, l’intrigue manque de complexité et de rebondissements. Malheureusement, j’ai rapidement identifié l’assassin. J’espérais me tromper, j’espérais une surprise qui n’est pas venue. Vita Sackville-West semble plus intéressée par l’histoire d’amour naissante entre Mary et Roger que par la résolution de son affaire criminelle.
Néanmoins, j’ai pris du plaisir à lire « Le diable à Westease », le style est fluide, les personnages bien croqués, l’atmosphère fort plaisante. Le roman se lit vite, facilement. Mais si vous vous attendez à un bon roman policier, passez votre chemin, Vita n’est pas Agatha !





















