En 1941 se déroulent aux Etats-Unis les élection présidentielles. Deux candidats s’affrontent : Franklin Delano Roosevelt et l’aviateur Charles Lindberg. Ce dernier refuse que son pays entre en guerre contre l’Allemagne. Ses propos teintés d’antisémitisme inquiètent les communautés juives et notamment celle de Newark, New Jersey. La famille du narrateur, Philip Roth, soutient le président sortant. Malheureusement pour eux, c’est Charles Lindberg qui remporte les élections et qui se précipite pour conclure un pacte de non agression avec Hitler. La peur monte et un climat de défiance par rapport aux juifs s’installe.
« Le complot contre l’Amérique » est une uchronie où Philip Roth mélange des évènements réels à l’invention pure. La présidence Lindberg et ce qui en découle est vue par les yeux de Philip âgé de sept ans. Vivant dans le quartier juif, il voit petit à petit son univers se désagréger. Son cousin Alvin part combattre le nazisme en ralliant le Canada. Son frère aîné, Sandy, est envoyé durant l’été dans une ferme au Kentucky pour casser la solidarité des familles juives. Cette idée se met progressivement en place à partir de 1942, les familles juives sont envoyées aux quatre coins des États-Unis soit disant pour mieux les intégrer. C’est ce qui arrive aux voisins des Roth qui se retrouvent au fin fond du Kentucky où l’antisémitisme prend des formes plus concrètes et violentes. Le portrait du père du narrateur est admirable de résistance , de volonté de ne pas fuir devant la menace. Il est fière d’appartenir aux États-Unis et ne reconnaît plus son pays dans les discours de Lindberg.
L’idée de départ de Philip Roth est vraiment excellente. Il nous montre qu’il n’est pas si facile de résister aux sirènes du fascisme et que même les États-Unis auraient pu sombrer. Néanmoins, j’ai eu du mal à terminer son roman. Comme je le disais plus haut, Roth mélange les faits et personnages réels à son uchronie. Et lorsqu’il parle du réel, c’est avec moults détails qui ne semblent pas nécessaires et ralentissent considérablement l’intrigue. Le roman aurait gagné à être plus ramassé et surtout à se concentrer uniquement sur le destin de la famille Roth.
« Le complot contre l’Amérique » est un roman intéressant sur la fragilité de la démocratie mais aussi sur l’enfance et la famille. Philip Roth est un grand conteur mais ce roman n’est pas mon préféré.
L’avis de Miss Léo et Noctenbule.




































