
Le jeune Victor Frankenstein est bouleversé après la mort de son chien Sparky, renversé par une voiture. Incapable de se remettre de cette disparition, il a l’idée folle de faire revivre son chien. Féru de science, Victor met en place une machinerie infernale qui redonne vie à Sparky. Son secret sera malheureusement rapidement mis à jour et crée des envieux. D’autres, beaucoup moins bien intentionnés, voudraient tenter de ramener les morts à la vie.

Tim Burton reprend là l’un de ses tous premiers courts-métrages réalisé en1984. Cette fois, le réalisateur choisit de raconter l’histoire de Victor et Sparky à l’aide de petites marionnettes comme dans « L’étrange Noël de Mr Jack » ou « Les noces funèbres ». Cette veine lui a toujours particulièrement réussi, je trouve que c’est dans ce cadre que s’exprime au mieux son univers gothique.

Tim Burton effectue un retour aux sources de son inspiration avec « Frankenweenie », à savoir les films d’horreur d’Universal et de la Hammer. Il reprend le noir et blanc très contrasté de ces films, à la limite de l’expressionnisme. Plusieurs clins d’œil à ces deux grandes maisons de production sont visibles. Les parents de Victor regardent à la télévision « Dracula » avec Christopher Lee et la chienne d’Elsa (la voisine de Victor) se retrouve, après avoir été touchée par la foudre, avec la coiffure de la fiancée de Frankenstein !

« Frankenweenie » m’a beaucoup fait penser à « Edward aux mains d’argent ». L’histoire se passe dans une banlieue américaine où toutes les maisons se ressemblent et où tout se sait rapidement. Comme Edward, Sparky devient une créature étrange et inquiétante pour le voisinage. Sa différence est immédiatement rejetée et un lynchage sera organisé par les voisins de Victor pour se débarrasser de l’intrus. Je trouve également que le professeur de science de Victor (qui a la voix de Martin Landau, encore un acteur Burtonien) ressemble beaucoup à Vincent Price qui était le créateur de Edward. La voisine de Victor a quant à elle la voix de Winona Ryder, la fiancée d’Edward.

Comme dans « Edward aux mains d’argent », Tim Burton glisse des pointes d’humour dans la noirceur ambiante. Il y a déjà la galerie pittoresque et étrange des camarades de classe, de vrais freaks ! Et les trouvailles à la résurrection de Sparky sont très amusantes comme sa queue qui se détache quand il la remue ou l’eau qui sort de ses coutures lorsqu’il boit.

J’ai donc été enchantée de retrouver la meilleure veine de Tim Burton dans ce conte gothique pour enfants.


























