Le mois américain 2020

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Après le mois anglais, voici le retour du mois américain pour sa 9ème année ! A partir du 1er septembre, je vous propose de prendre un aller simple pour la littérature américaine.

Et voici le programme que je vous propose cette année  :

-4 septembre : ladies first (auteure américaine, livre féministe, héroïne marquante)

-8 septembre : la figure du cow-boy

-10 septembre : séries tv

-12 septembre: roman du 19ème siècle ou se déroulant au 19ème siècle

-15 septembre : le désir

-17 septembre : polar/roman noir/thriller

-19 septembre : un roman jeunesse/young adult

-22 septembre : black lives matter

-24 septembre : la guerre

-26 septembre : la famille

Bien entendu, vous êtes totalement libres de suivre tout ou partie de ce programme ou de ne pas en tenir compte !

Comme chaque année, je mettrai en ligne un billet récapitulatif, vous pourrez mettre les liens vers vos billets en commentaire de celui-ci. Vous pouvez également nous rejoindre sur le groupe facebook dédié à ce mois thématique. Cette année, si vous souhaitez participer au mois américain sur instagram, il vous suffira de mettre le #lemoisamericain pour que je puisse voir vos publications.

J’espère que vous serez nombreux à partager vos lectures ici et ailleurs. Vous avez tout l’été pour vous préparer à ce mois américain et concocter votre programme de lectures.  Je vous souhaite donc un très bel été et un beau voyage dans la littérature américaine. See you in september !

La porte de Magda Szabo

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« J’ai vécu avec courage, j’espère mourir de même, avec courage et sans mentir, mais pour cela, il faut que je dise : c’est moi qui ai tué Emerence. Je voulais la sauver, non la détruire, mais cela n’y change rien. » La narratrice de cette confession est une écrivaine, tout comme son mari. Pour l’aider dans les tâches du quotidien, elle embauche Emerence Szeredas qui est concierge dans un immeuble voisin. Enfin, il faudrait plutôt dire qu’Emerence choisit de travailler pour eux tant la vieille femme ne se laisse pas apprivoiser facilement. C’est un fort caractère qui revendique sa liberté et n’en fait qu’à sa guise. Emerence est également un être mystérieux qui ne laisse personne pénétrer dans son logement. Une relation tumultueuse et passionnée va naître entre la narratrice et Emerence.

Au travers du portrait de la narratrice, on reconnaît Magda Szabo (1917-2007). Écrivaine hongroise, elle a souffert du régime communiste qui s’est mis en place après la 2nd guerre mondiale. Comme la narratrice, elle était protestante, n’a pas eu d’enfants (ce que lui reproche Emerence) pour des raisons politiques et elle reçut en 1959 le prix Attila-Jozsef. L’histoire de la Hongrie est la toile de fond de « La porte ». Emerence a traversé les deux guerres mondiales, différents régimes politiques et de nombreux envahisseurs. D’ailleurs, elle n’appartient à aucun camp sauf à celui de la générosité. Emerence fut capable d’aider une famille juive comme de cacher un soldat allemand.

Mais le cœur du livre, c’est l’étrange et étonnante relation qui lie les deux femmes. Tout les oppose  : la narratrice est une intellectuelle, Emerence sait à peine lire, l’une est jeune l’autre âgée et elles viennent de milieux sociaux différents. Leur relation est électrique, elle provoque de terribles tempêtes. Chacune des deux femmes est orgueilleuse et ne veut pas céder à l’autre. La narratrice mettra du temps à comprendre le caractère entier et farouche d’Emerence. Ce qui va les lier au départ, c’est un chien, Viola. Il appartient à la narratrice mais n’aimera et ne respectera que la vieille domestique. Ce que nous décrit finement Magda Szabo, c’est la relation de dépendance qui se crée entre les deux femmes : une confiance, un amour quasi-filial que même la mort ne pourra détruire.

« La porte », qui a reçu le Prix Femina étranger en 2003, est le récit singulier et intrigant de la relation entre une écrivaine et sa domestique. Une histoire d’amitié pleine de bruit et de fureur à Budapest, une histoire d’amour entre deux femmes que tout oppose.

 

Le corbeau d’Oxford et Un pique-nique presque parfait de Fait Martin

Faith Martin nous propose un nouveau duo d’enquêteurs anglais : la policière stagiaire Trudy Loveday et le Dr Clement Ryder, coroner de son état après avoir été chirurgien cardiaque. Leurs aventures se déroulent dans les années 60 à Oxford.

Dans « Le corbeau d’Oxford », Sir Marcus Deering reçoit des lettres anonymes menaçantes. La vie de son fils serait en danger en raison de mauvaises actions réalisées par le passé. Peu de temps après la réception des lettres, un meurtre a lieu. Jonathan McGillicuddy, un jeune jardinier, en est la victime. Son nom évoque une ancienne affaire au coroner, celle du suicide d’une jeune femme qui a eu lieu cinq ans auparavant. Le Dr Ryder demande à être assisté par un policier pour rouvrir le dossier. Comme il est peu apprécié par le chef de la police, on lui colle dans les jambes la seule femme du commissariat, Trudy Loveday. Le duo improbable va se révéler particulièrement efficace.

Six mois après cette 1ère enquête, durant l’été 1960, des étudiants de St Bede’s College se réunissent pour un pique-nique très arrosé. Pendant la fête, un drame advient : le corps sans vie de Derek Chadworth est retrouvé dans les eaux de Port Meadow. Derek était également étudiant mais il ne vient pas du tout du même milieu social que les autres étudiants invités ce jour-là. D’ailleurs, personne ne peut confirmer ou infirmer la présence du jeune homme à la fête. Les témoignages imprécis des différents témoins éveillent la curiosité du Dr Ryder. Il décide donc d’enquêter et demande l’appui de Trudy Loveday. Cette dernière va devoir se faire passer pour une étudiante pour apprendre davantage sur Derek Chadworth.

Les deux premiers volumes des enquêtes de Trudy Loveday et le Dr Clement Ryder sont très plaisants à lire et les deux personnages sont tout de suite attachants. La bonne idée de Faith Martin est de faire de Clement Ryder le mentor de la jeune policière. La fraîcheur, la naïveté de celle-ci complètent parfaitement l’expérience et l’intelligence du médecin. Il est également intéressant d’avoir choisi les années 60. Trudy est la seule femme du commissariat et elle comprend immédiatement à quel point il sera difficile pour elle de faire ses preuves dans un environnement aussi masculin. Elle est jolie de surcroit ce qui ne l’aide pas à être crédible auprès de sa hiérarchie et de ses collègues. Elle n’est affectée qu’à des tâches subalternes comme les archives. Les enquêtes auprès du coroner lui donnent une chance d’être sur le terrain et d’apprendre son métier.

Les enquêtes de Faith Martin m’ont évoqué celles de la série « Endeavour » qui se situe à la même époque également à Oxford. Les intrigues de Loveday et Ryder sont plus complexes qu’il n’y parait, elles ont des ramifications dans le passé et montrent un visage peu glorieux de la belle ville d’Oxford. Les enquêtes de Morse dans « Endeavour » apportent également ce type de caractéristiques. En raison du choix de l’époque, l’ambiance des enquêtes de Loveday et Ryder ont un charme désuet qui est fort agréable.

« Le corbeau d’Oxford » et « Un pique-nique presque parfait » sont deux romans très agréables à lire à l’ambiance vintage et aux intrigues bien ficelées.

 

Il y a un seul amour de Santiago H. Amigorena

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Après avoir adoré « Le ghetto intérieur », il me tardait de retrouver la plume de Santiago H. Amigorena. J’ai découvert la collection « Une nuit au musée » avec « La leçon de ténèbres »de Léonor de Récondo qui passait une nuit au musée El Greco de Tolède. Cette fois, nous accompagnons Santiago H. Amigorena au musée Picasso de Paris. « Un petit cahier et mon stylo dans une poche, et L’Expérience intérieure de Bataille dans l’autre, j’ai marché, marché, marché, et je suis arrivé au musée. Il était à peine six heures du soir, les salles venaient de se vider de leurs multiples visiteurs, nous étions au début du mois de février – et la nuit était déjà bien noire. » Durant cette nuit, l’auteur s’interroge sur l’essence de l’amour et ses différentes formes. Il parle de son amour compliqué pour une femme qui l’attend chez lui et qu’il aimerait rejoindre.

Mais l’amour, c’est également celui de la peinture sur laquelle il a beaucoup écrit. Santiago H. Amigorena cite certains de ses textes sur la peinture, les musées. Son errance nocturne lui évoque Vermeer, Rembrandt, Bellini, le Rijksmuseum. Les œuvres, la peinture habitent, accompagnent la vie de l’auteur dans une forme de compagnonnage. Contrairement à la nuit au musée de Léonor de Récondo, celle de Santiago H. Amigorena ne se focalise pas uniquement sur Picasso. A part un très joli rêve où Picasso et Giacometti se promènent dans le musée (où une exposition confrontent leurs œuvres), l’auteur aurait pu passer sa nuit dans n’importe quel musée.

Outre ses réflexions sur l’amour et ses possibles différentes formes, le texte d’Amigorena est également une déclaration d’amour à l’écriture qui lui est intrinsèquement nécessaire pour vivre. « Si je peux affirmer sans le moindre doute que je n’aurais jamais survécu à mon passé sans écrire, ce n’est pas parce que je pense que rien d’autre n’aurait pu me sauver dans ces moments de désespoir : c’est, plus simplement – plus lucidement ? -, parce que je sais, parce que je suis sûr, que le mois qui écrit aujourd’hui – le seul moi que je suis – n’aurait jamais été lui-même s’il n’avait pas écrit : sans les mots, celui que je suis serai mort sans être né. »

« Il y a un seul amour » est une déclaration d’amour de Santiago H. Amigorena à la femme qu’il aime, à la peinture et à l’écriture. Je suis à nouveau séduite par la plume de l’écrivain argentin et par cette collection qui nous entraîne dans les musées en excellente compagnie.

L’île blanche de Romain Meynier

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C’est dans un manoir sur une petite île au large de la Sicile que le narrateur et Hélène ont choisi de se marier. La fête se déroule bien jusqu’à ce que le narrateur décide d’ouvrir le bal affublé d’un costume de Batman. Une explication s’ensuit entre les deux époux à l’extérieur du bâtiment, la dispute ne dure que le temps d’une cigarette. Celle d’Hélène sera consciencieusement éteinte alors que le narrateur jette la sienne négligemment. Plus tard dans la soirée : « Une vive lueur m’attire. Je lève la tête vers la colline. Mon sang soudain se fige, ma jambe droite se dérobe. Là-haut, un feu déjà immense rutile et ronge les arbres au fur et à mesure qu’il descend vers le manoir. Une fumée plus noire que le ciel et plus opaque que la terre s’élève déjà à une dizaine de mètres et glisse vers nous comme une traînée de poudre. » Tous les invités du mariage sont rapidement évacués. Mais Hélène reste introuvable. Le narrateur, l’un des organisateurs du mariage et la mariée finiront par s’en sortir grâce à une voiturette de golf. Une fois tout le  monde à Cefalù, une enquête est ouverte pour déterminer les causes de l’incendie.

« L’île blanche » est le deuxième roman de Romain Meynier et je le découvre avec celui-ci. Le ton du roman est tragi-comique, il commence avec légèreté mais rapidement les événements se révèlent assez dramatiques. Notre pauvre narrateur se trouve empêtrer dans des péripéties rocambolesques et totalement incongrues. Il faut dire qu’il les provoque, il a l’art de se mettre dans des situations embarrassantes (comment fuir quelqu’un dans un appartement : se cacher derrière des plantes…ce qui ne fonctionne évidemment pas !). Le narrateur est un personnage en perpétuel décalage et le fait de ne pas parler un mot d’italien ne l’aide en rien. « Longtemps, dans ma vie, j’ai été prisonnier de choix sots, d’impulsions mal placées. (..) Je manquais parfois de discernement, et comblais cette carence par diverses actions étranges ayant pour but d’égayer un réel trop platonique à mon goût. » Les bizarreries de son comportement, son décalage perpétuel avec la réalité rendent le narrateur de Romain Meynier extrêmement attachant et hautement sympathique. La plume de l’auteur accompagne magnifiquement ce personnage lunaire. Elle est précise, détaillée et émaillée de digressions qui illustrent parfaitement l’état d’esprit du narrateur.

« L’île blanche » fut une très belle découverte, j’ai été très sensible à l’écriture de Romain Meynier et à son narrateur en perpétuel décalage.

Comme une gazelle apprivoisée de Barbara Pym

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Harriet et Belinda Bede, deux sœurs d’une cinquantaine d’années, vivent dans un petit village de la campagne anglaise. Harriet est enchantée par l’arrivée d’un nouveau vicaire, tandis que Belinda est amoureuse de l’archidiacre depuis qu’elle a vingt ans. Le quotidien des deux célibataires s’écoule paisiblement. « Belinda poursuivit silencieusement son tricot. La soirée semblait devoir ressembler à toutes celles où des vicaires étaient venus souper. Cette répétition avait quelque chose d’effrayant et de rassurant à la fois. Il était étrange qu’Harriet ait toujours eu un faible pour les vicaires. Ils étaient tellement infantiles, et leur conversation toujours si peu variées ! L’archidiacre, lui, au moins, était différent des autres. On ne pouvait prévoir ce qu’il allait dire, mais on savait que ce serait inattendu et provocateur.  » Mais la vie du village va être modifié par l’arrivée d’un bibliothécaire, ami de Belinda, et par l’évêque de Mbawawa qui a connu Harriet lorsqu’il était vicaire.

« Comme une gazelle apprivoisée » est le premier roman écrit par Barbara Pym. Tout son univers y est déjà présent. L’intrigue se déroule entièrement dans ce petit village anglais. La vie s’y déroule entre tea time, messes, kermesses et cancan sur le voisinage. Nous sommes plongés dans cette petite communauté campagnarde où nous croisons toute une galerie de personnages bien croqués : Connie Aspinall qui regrette sa vie de dame de compagnie à Belgrave Square, Edith Liversidge qui fut volontaire durant la guerre dans les Balkans, Ricardo Bianco un comte italien qui aime le jardinage et Harriet Bede, Agatha Hoccleve fille d’évêque et femme d’archidiacre, Henry l’archidiacre qui cite plus souvent les poètes anglais que la Bible lors de ses messes. Et bien-sûr, il y a les sœurs Bede : Belinda, discrète et timide, Harriet la coquette, pétillante et charmeuse. Même si « Comme une gazelle apprivoisée » n’est pas le roman de Barbara Pym que je préfère, j’ai apprécié encore une fois le charme suranné de ce village anglais, la douce ironie qui irrigue les pages. Et les deux sœurs Bede s’avèrent être des personnages attachants et pas seulement deux vieilles filles perdues au fin fond de la campagne anglaise.

Même si « Comme une gazelle apprivoisée » n’est pas le meilleur roman de Barbara Pym, j’éprouve toujours un plaisir infini à me plonger dans ses intrigues campagnardes si typiquement anglaises. En apparence anodine, elles en dévoilent pourtant beaucoup sur la nature humaine.

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Journal d’un homme sans importance de George et Weedon Grossmith

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« Le journal d’un homme sans importance » a été publié dans le journal Punch sous forme de feuilleton en 1892. Les frères Grossmith y raconte le quotidien de Mr Charles Pooter, un employé d’une firme de la City. Il vit dans une maison avec sa femme, Carrie, et sa bonne Sarah. Il reçoit régulièrement ses amis Mr Gowing et Mr Cummings. Le couple Pooter a un fils, Lupin, fantasque et ambitieux.

Charles Pooter écrit chaque jour son journal alors que son quotidien n’a rien d’extraordinaire. Sa vie prend la forme d’une série de saynètes qui nous montrent les petites contrariétés, les petits plaisirs, les menus événements sociaux qui émaillent les journées des Pooter. Charles Pooter est un personnage qui se veut très digne, très respectable, il est très à cheval sur les bonnes manières. Malheureusement, Mr Pooter est extrêmement maladroit et il est bien souvent totalement ridicule. Il est fière d’aller à un bal, s’habille de manière élégante, invite sa femme à danser et s’étale de tout son long en raison de semelles neuves. A une autre occasion mondaine, c’est son pantalon qu’il déchire juste avant de partir. Il se pique de décoration, se met à repeindre en rouge des pots de fleurs, des meubles, le sot à charbon, la baignoire et une vieille édition de Shakespeare dont la reliure était abîmée. Mr Pooter se pense très spirituel, très drôle et estime que son journal vaut la peine d’être édité. Cela provoque l’hilarité de sa femme et de son fils.

Le ton du livre est moqueur mais il est également plein de tendresse pour ce personnage si ordinaire. Et il est vrai que Charles Pooter nous est fort sympathique. C’est un homme qui se satisfait de peu, qui tente de vivre avec dignité. Un petit bourgeois qui ne cherche pas à sortir de sa classe, content de pouvoir recevoir ses amis, boire un verre de porto avec sa femme et être un employé modèle.

« Journal d’un homme sans importance » est un livre classique de la littérature anglaise qui raconte, avec beaucoup d’humour, le quotidien d’un homme sans qualité.

 

Le mois anglais 4

Le Detection club de Jean Harambat

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Alors que John Dickson Carr vient d’être  admis au sein du detection club, un étrange oiseau mécanique fait son entrée dans la pièce. Il a un message à délivrer aux membres du célèbre club d’écrivains de roman policier. Ils sont tous inviter à la villa Briarcliff, sur une île de Cornouailles, par Mr Roderick Ghyll. G.K. Chesterton, Agatha Christie, J.D. Carr, Dorothy L. Sayers, A.E.W. Mason, la baronne Orczy et le père Knox prennent la direction de la côte. Leur hôte est un milliardaire et il veut éblouir ses invités. Il a créé un automate capable de trouver le coupable d’un detective novel rien qu’en en écoutant un résumé. Les écrivains ne sont pas convaincus par l’expérience et ils regagnent leurs chambres dubitatifs. Pendant la nuit, ils sont réveillés par les cris de Mr Ghyll. Sa chambre est fermée à clef et lorsque l’on réussit à l’ouvrir, Mr Ghyll a disparu.

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Le detection club, qui a inspiré Jean Harambat pour sa dernière bande-dessinée, existe bel et bien. Il a été créé en 1930 et ses membres y discutent des aspects techniques de l’écriture d’un roman policier. Chacun doit prêter serment et doit respecter le décalogue du père Knox (les 10 règles sont présentées dans la BD). Dans « Le detection club », Jean Harambat rend hommage aux auteurs britanniques (et américain avec Carr) de l’âge d’or du detective novel. Et la BD contient des clins d’œil aux œuvres de ces écrivains. Chacun va d’ailleurs rivaliser pour essayer de découvrir ce qu’il est arrivé à Roderick Ghyll : Knox et Mason ne cessent de se chamailler pour avoir le dernier mot, Dorothy L. Sayers dégaine son revolver dès qu’elle le peut, Carr se noie dans les plans de la villa, la baronne Orczy s’endort n’importe où. Le plus réjouissant dans cette BD, c’est la relation entre Agatha Christie et G.K. Chesterton, une amitié vacharde faite de piques, de saillies drôlissimes. L’intrigue est malicieuse et le trait de Jean est vif et très agréable. Les couleurs de la BD ont un côté pop très joyeux.

J’avais déjà été séduite par « Opération Coperhead » et « Le detection club » confirme tout le bien que je pense de Jean Harambat. L’enquête est ici réjouissante, pleine d’humour et elle rend hommage aux pouvoirs de l’imagination et aux talents des écrivains.

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Rendez-vous avec le poison de Julia Chapman

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Alors que Delilah et Samson s’apprêtent à annoncer leur alliance pour créer une société de sécurité, la police débarque à la pâtisserie des Monts. Samson est arrêté pour suspicion de meurtre. La brebis galeuse de Bruncliffe n’avait pas besoin de ça et malheureusement pour lui, il n’est pas au bout de ses peines. Son passé comme flic infiltré est révélé dans la presse locale, il est en effet accusé de trafic de drogue. Autant dire que Samson n’a plus beaucoup d’amis au village. Même Delilah le jette à la porte, furieuse que Samson lui ait menti. Pendant que nos deux héros se brouillent, le vétérinaire de Bruncliffe s’inquiète de voir plusieurs chiens présentés des symptômes d’empoisonnement. Il commence à soupçonner des actes malveillants. Pour en avoir le cœur net, il décide de faire appel aux talents de détective privé de Samson malgré sa réputation pour le moins entachée.

« Rendez-vous avec le poison » est le quatrième volet des aventures de Samson et Delilah. L’intrigue laisse la part belle à l’histoire de Samson et Julia Chapman nous dévoile quelques événements qui sont à l’origine de son retour à Bruncliffe dans le premier tome. Vous vous en doutez, il reste encore des zones d’ombre, il faut bien appâter le lecteur ! L’enquête sur les empoisonnements de chiens reste plus secondaire et sa résolution se devine assez facilement. Le reproche, que j’avais fait au tome précédent, revient ici : les intrigues de Julia Chapman manque de suspens et nos petites cellules grises ne sont pas mises à rude épreuve.

Et pourtant, j’ai bien l’intention de lire le tome suivant. Paradoxal me direz-vous. Mais c’est qu’au fil des tomes, je prends plaisir à revenir à Bruncliffe. Et finalement, le talent de Julia Chapman se trouve dans sa capacité à créer une atmosphère de petit village anglais perdu dans les montagnes du Yorshire, à créer une forte empathie avec l’ensemble des personnages qu’ils soient principaux et secondaires. C’est donc avec plaisir que l’on retourne à Bruncliffe où l’on boirait volontiers une tasse de thé à la pâtisserie des Monts pour prendre des nouvelles des habitants et de Calimero, le braque de Weimar de Delilah.

Malgré le manque de suspens de ses intrigues, Julia Chapman réussit à nous donner envie de revenir à Bruncliffe, de retrouver ses habitants et de partager avec eux de nouvelles aventures.

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Occasions tardives de Tessa Hadley

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Un soir d’été, la sonnerie du téléphone résonne dans l’appartement londonien de Christine et Alexander. Au bout du fil, leur amie Lydia est effondrée. Son mari Zachary est mort brutalement d’une crise cardiaque. Les quatre amis se connaissent, partagent leurs vies depuis trente ans. La mort de Zachary, le plus jovial et dynamique, est un drame terrible qui bouleverse l’équilibre du quatuor. Cette disparition va faire remonter les souvenirs des uns et des autres, des blessures, des rancunes vont refaire surface.

Tessa Hadley mêle au présent de la mort de Zachary, le passé de ses personnages au moment où leurs chemins se sont croisés. Alex et Zachary sont amis d’enfance. Alex est enseignant, il est charismatique et mystérieux. Déjà marié et père, il connait des tensions dans son couple. Et c’est à ce moment-là que Lydia et Christine entrent en scène. Elles suivent les cours d’Alex et Lydia tombe sous le charme de son prof. Cela devient obsessionnel et elle fait tout pour connaître les moindres détails de sa vie. C’est ainsi qu’elle rencontre Zachary et qu’elle décide de le caser avec Christine. La configuration de départ des deux couples n’est pas celle que nous découvrons au début du roman et suivre l’évolution des deux histoires d’amour est particulièrement intéressant. Le pouvoir, l’influence, le charme changent de camp entre Alex et Zachary au fil du temps. Ces liens, tissés puis défaits, sont le cœur du roman de Tessa Hadley ; ce sont ceux de l’amour mais également ceux de l’amitié. L’équilibre précaire entre les deux couples n’existe plus lorsque Zachary disparaît. Les fragilités, les doutes, les ambitions, la solitude, l’absence vont faire exploser les liens créés.

Tessa Hadley sait magnifiquement étudier la psychologie de ses différents personnages, elle le fait avec précision et subtilité. Comme dans « Le passé », les souvenirs hantent les personnages ; les regrets et l’amertume, qui y sont liés, resurgissent pour modifier le temps présent.

« Occasions tardives » m’a permis de retrouver la plume délicate de Tessa Hadley qui sait superbement nous faire naviguer entre présent et passé.

 

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