
La chaîne anglaise ITV a adapté, en une série de six épisodes, la trilogie de Corfou du naturaliste Gerald Durrell. Dans ses livres, il raconte son enfance passé sur l’île grecque avec sa famille. Après le décès du père, les Durrells vivotent à Bournemouth. Lawrence, l’aîné, se rêve écrivain mais est un médiocre agent de voyage. Gerald, le plus jeune, n’est pas loin d’être expulsé de son école. Il préfère observer les animaux que d’écouter ses professeurs. Leslie et Margo n’ont quant à eux aucune intention de se mettre à travailler. La mère, Louisa, décide alors d’emmener sa tribu sur l’île de Corfou.
Les premiers épisodes montrent l’arrivée et les multiples péripéties de la famille Durrell sur cette île étrangère. En 1935, Corfou n’a pas encore l’électricité, il n’y a qu’un seul médecin et la pension de veuve de Louisa a bien du mal à arriver jusque là. Mais les Durrells sont plein de ressources et s’acclimatent petit à petit : Leslie passe son temps à chasser, Larry trouve enfin l’inspiration pour écrire, Margo commence à devenir femme et Gerry découvre une faune riche et variée.
Le centre, le pivot de la série est véritablement la mère, Louisa. Tout tourne et gravite autour d’elle. Ouverte d’esprit, attendrissante, elle s’attire les sympathies des habitants et notamment de Spiros qui devient le chauffeur et l’ange gardien de la famille. Elle permet surtout à ses enfants de s’épanouir et de trouver leur voie. Ce beau personnage de mère-poule doit beaucoup à son interprète : Keeley Hawes. Pétillante, radieuse, elle illumine la série de sa présence.
Et le reste du casting est à la hauteur, chaque acteur incarne parfaitement et donne épaisseur et subtilité à son personnage. Mes préférés sont néanmoins Lawrence joué avec beaucoup d’ironie, d’esprit par Josh O’Connor et Gerry incarné par le formidable Milo Parker que j’avais découvert dans « Mr Holmes ». Il apporte une touche de candeur et de douceur dans le quotidien mouvementée des Durrells. Il y a une vraie complicité, une alchimie entre les acteurs. Les liens fusionnels entre les membres n’en sont que plus crédibles.
La production est extrêmement bien soignée. « The Durrells » est tournée dans des paysages de rêve qui donnent encore plus de lumière à cette série à la tonalité déjà joyeuse. Le générique en forme de bande-dessinée est superbe, il évoque parfaitement les années 30 et les différents personnages de la série.
« The Durrells » est une série qui met du baume au cœur : rythmée, enjouée, pleine d’esprit et de fantaisie. C’est à regret que j’ai quitté cette famille atypique et merveilleusement excentrique. Fort heureusement, la série a connu un fort succès (mérité) et ITV a déjà annoncé une deuxième saison. Je m’en réjouis d’avance.















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© Kot

