
J’attendais beaucoup de la saison 2 de True detective tant la première avait été envoûtante et surprenante.
Bien loin de la Louisiane de la saison 1, nous sommes plongés dans la ville imaginaire de Vinci en Californie, un lieu malsain où règne la corruption et les trafics en tout genre. Est annoncé un projet de train à grande vitesse auquel participe Frank Semyon (Vince Vaughn), un gangster local essayant de devenir un homme d’affaires respectable. Il a à sa botte Ray Velcoro (Colin Farrell), un flic qu’il avait aidé des années auparavant après le viol de sa femme. Velcoro doit enquêter sur la disparition de Ben Casper, lui aussi investisseur dans le nouveau projet ferroviaire. Son corps est rapidement retrouvé sans vie au bord d’une route par un flic à moto, Paul Woodrugh (Taylor Kitsch). Sa mort étant des plus suspectes, la police d’État se mêle à l’enquête en la personne de Antigone Bezzerides (Rachel McAdams).

Il faut le dire tout de suite, la saison 2 est loin d’être à la hauteur de la première. Le défaut majeur de cette saison est le scénario incompréhensible. Embrouillé, confus, il est plus que difficile d’en suivre les très nombreuses ramifications. L’intrigue de départ, la disparition de Ben Casper, est mal présentée, ses implications trop vite balayées et d’entrée le spectateur peine à comprendre. Et il tentera désespérément de rassembler les morceaux du puzzle tout au long des huit épisodes. J’ai cherché un point de vue, un angle pour comprendre pleinement cette intrigue : la question des relations parents-enfants, la chute de deux hommes (Velcoro et Semyon) essayant un retour à la légalité, un hommage aux films noirs. Impossible de savoir ce que Nic Pizzolatto, le créateur de la série, a voulu mettre en avant et nous raconter.

De même, ce qui avait fait le charme de la première saison, à savoir son atmosphère, n’est pas au rendez-vous ici. Autant le bayou et la Louisiane étaient incarnés, autant la ville de Vinci ne réussit pas à exister. Malgré des moments lynchiens, les acteurs ne s’inscrivent dans aucun cadre. Pourquoi ne pas avoir choisi carrément Los Angeles, ville symbole du roman noir, pour donner corps à cette intrigue ?

Tout n’est pourtant pas à jeter dans cette saison. Le générique est encore une fois parfait et intrigant. De très belles scènes émaillent la série : la fusillade de l’épisode 4, la fin de l’épisode 2 ou l’orgie de l’épisode 6. Les acteurs n’ont rien à se reprocher, ils sont crédibles avec une mention spéciale pour Rachel McAdams, impeccable de bout en bout.

Trop peu de temps pour retravailler son scénario, trop de réalisateurs pour cette saison alors qu’un seul avait tourné la saison précédente, cela peut expliquer les problèmes et les ratages. Espérons que Nic Pizzolatto saura se ressaisir pour nous offrir une troisième saison aussi forte et audacieuse que la première.
