
Maxwell Sim est seul, désespérément seul. Sa femme l’a quitté et est partie avec leur fille, plongeant Max dans la dépression. Quand le livre s’ouvre, il est en Australie chez son père avec qui il a les plus grandes difficultés à communiquer. C’était une idée de son ex-femme que de recréer du lien entre les deux hommes. C’est raté… Néanmoins, le goût des contacts humains revient à Max lorsqu’il observe une mère et sa fille dans un restaurant. Leur intimité le fait pâlir d’envie. Max est bien décidé à changer sa vie lorsqu’il reprend l’avion pour l’Angleterre. Mais, c’était compter sans la malchance. La première personne avec qui il arrive à communiquer est son voisin dans l’avion. Pendant que Maxwell lui parle, celui-ci meurt d’une crise cardiaque. Etant donné le manque de place dans l’avion, Max voyage avec le cadavre à côté de lui. Mais, il en fallait plus pour démonter son moral. Arrivé à Watford, il s’installe sur un banc pour arrêter les passants. Le seul qui s’arrête le fait pour lui voler son portable ! La dernière chance de rétablir un lien social pour Maxwell se présente sous la forme d’une offre d’emploi. Un ancien ami lui propose de devenir VRP d’une entreprise de brosses à dent bios. Maxwell doit se rendre sur les îles Shetland à bord d’une Prius dont la voix du GPS ne le laisse pas indifférent…
« La vie privée de Mr Sim » est un livre très ironique sur le monde contemporain. Maxwell Sim se sent extrêmement seul malgré les nombreux moyens de communication. « Les contacts humains, j’en avais perdu le goût. L’humanité, vous l’aurez remarqué, multiplie désormais avec une grande ingéniosité les moyens d’éviter de se parler, et j’avais pleinement profité des plus récents. Au lieu de retrouver des amis, je déposais des mises à jour ironiques et enjouées sur Facebook, histoire de montrer à tout le monde que ma vie était bien remplie. » Le livre de Jonathan Coe critique l’excès de virtualité dans laquelle se perd Maxwell Sim. Il pousse l’idée à son paroxysme puisque son personnage tombe amoureux de son GPS. L’auteur élargit son propos avec de petites piques sur les banques et les marchés qui fonctionnent sur la spéculation. De la virtualité encore, du vent. Les paysages traversés par Maxwell sont à l’image de sa dépression, des aires d’autoroutes, des banlieues tristes, des chaînes de restaurant. Les villes finissent par toutes se ressembler et se confondre. Rien de réjouissant à l’horizon pour notre VRP.
Fort heureusement, le voyage de Mr Sim sera salutaire. Ce déplacement vers les îles Shetland va rapidement prendre un tour initiatique. Maxwell y rencontre de vieux voisins, une ancienne amie, dîne pour la première fois avec sa fille depuis son divorce. Toutes ces personnes croisées obligent Maxwell à réfléchir sur lui-même jusqu’à un retour auprès de son père en Australie. Sur une plage, Maxwell va comprendre le sens de sa vie et la roublardise de Jonathan Coe va le laisser pantois. « La vie privée de Mr Sim » est un livre infiniment drôle et ironique sur nos modernes solitudes. L’auteur reprend son terrain de jeu habituel après « La pluie avant qu’elle tombe », l’Angleterre contemporaine et ses travers. Ce fut un plaisir de retrouver la plume fluide, satyrique de Jonathan Coe.
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