L’arche dans la tempête d’Elizabeth Goudge

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Guernesey, 1888, une tempête frappe l’île et les cloches de détresse signalent un bateau en perdition. Tous les habitants se précipitent pour sauver les marins et les voyageurs. L’un des rescapés, Ranulph Mabier, va être recueilli par la famille du Frocq. La mère, Rachel, a en effet rêvé qu’un étranger, échevelé et ayant une cicatrice sur le visage, viendrait sauver sa famille. Ranulph correspond parfaitement à cette vision. Il va découvrir une famille attachante mais en danger financièrement. Le mari de Rachel, André, a tenu à devenir fermier, allant ainsi à l’encontre des désirs de son père, un médecin autoritaire. Mais André est un rêveur, un poète et il a du mal à faire vivre sa famille composée de quatre filles et d’un garçon. L’arrivée de Ranulph va peu à peu changer l’atmosphère à la ferme de Bon Repos. L’espoir qu’il fait naître pourra-t-il durer ?

« L’arche dans la tempête » est le premier roman d’Elizabeth Goudge et cela se sent. L’intrigue est plus charmante que palpitante. Ranulph Mabier semble entouré de mystère mais celui-ci se devine très rapidement (pour le lecteur en tout cas car nos personnages semblent totalement aveugles). La majeure partie de l’intrigue consiste en scènes de la vie quotidienne au sein de la famille du Frocq, les dissensions entre frère et sœurs, leurs vocations, la dureté du climat, les différentes fêtes, etc… Si ces scènes peuvent s’avérer plaisantes, elles deviennent surtout ennuyeuses sur la longueur. Le propos est également alourdi par de bons sentiments, une morale vertueuse régulièrement assénée aux enfants.

Les personnages sont néanmoins attachants, notamment les enfants qui offrent un joli panel de caractères entre l’intellectuelle Michelle, la bienveillante Péronelle, la capricieuse Jacqueline ou l’aventurier Colin. Ce qui est vraiment réussi dans le roman, ce sont les descriptions de la nature sauvage de l’île de Guernesey, le déchainement des éléments lors des tempêtes. « L’eau était agitée comme dans un grand chaudron posé sur les braises de l’enfer, et les mouettes, ballottées par les rafales, poussaient des cris lugubres. Au-delà de la baie, de grandes vagues accouraient avec l’impétuosité d’une charge de cavalerie, s’arrondissaient à hauteur d’homme, puis se brisaient avec un bruit sinistre sur les rochers déchiquetés dont les pointes détruisaient leur immense volute en produisant une écume bouillonnante qu’elles relançaient avec fracas sur les galets. Les récifs voisins de la baie aux Mouettes, qu’on appelait les Barbées, étaient presque invisibles au travers des tours et des flèches de cette écume sifflante. » 

« L’arche dans la tempête » est un premier roman dont l’intrigue est maladroite et souvent ennuyeuse. Les belles descriptions de la nature environnante n’arrivent pas à le sauver. 

Traduction Madeleine T. Guéritte

Tessa de Margaret Kennedy

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Albert Sanger est un compositeur et un chef d’orchestre anglais qui mène une vie de bohême avec sa troisième femme et sept enfants. Ils passent l’été dans leur maison du Tyrol autrichien où ils reçoivent des amis et connaissances. L’un d’eux est un compositeur prometteur et talentueux, Lewis Dodd, 35 ans. Tessa, l’une des filles de Sanger, est secrètement amoureuse de lui. L’adolescente est certes la préférée de Lewis mais il la considère toujours comme une enfant. Tessa dégage pourtant un charme singulier. « Il l’avait toujours considérée comme la plus jolie fleur du bouquet. C’était une délicieuse petite friponne abandonnée, et tout à fait de son goût. Elle l’amusait toujours. Et chose étrange, elle était innocente. C’était bizarre à dire de l’une des filles de Sanger, mais c’était la vérité. Innocente était le seul mot qu’il pût trouver pour la solitude sauvage et pleine de fantaisie de son esprit. » Mais lorsque Sanger meurt brutalement, la famille se désagrège. Tessa et ses frère et sœurs sont confiés à l’un de leurs oncles. Leur cousine, Florence, vient les chercher et elle tombe sous le charme de Lewis, au grand désespoir de Tessa.

Après avoir été conquise par « Le festin », j’ai prolongé ma découverte de Margaret Kennedy avec son roman le plus connu « Tessa » (« The constant nymph » en vo). Ce roman, publié en 1924, a effectivement eu beaucoup de succès et il a été adapté plusieurs fois au cinéma et au théâtre (notamment par Jean Giraudoux). « Tessa » est un roman qui a beaucoup de charme, comme « Le festin » nous sommes entre la comédie de mœurs et le drame. La famille Singer, atypique et originale, est tout de suite très attachante. L’éducation fantasque des enfants, leur passion pour la musique, leur impossibilité à se plier à toute forme d’autorité, tout cela dresse un portrait singulier et sympathique du « cirque Singer » comme la famille est surnommée. Les personnages sont tous parfaitement dessinés et Tessa se détache indéniablement par sa fragilité mais également sa détermination à aimer Lewis Dodd.

Ce milieu artistique bohême, qui évoluent loin des règles de la société anglaise, est parfaitement bien décrit. L’autrice nous offre de très belles pages sur la musique, notamment le concourt de Lewis à la fin du roman, et questionne le comportement de ses personnages : être artiste excuse-t-il tous les comportements ?

Ma deuxième lecture de Margaret Kennedy a été aussi probante que la première et j’espère avoir l’occasion de découvrir d’autres romans de cette autrice.

Traduction Louis Guilloux

Une enfance de château de Lord Berners

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« Une enfance de château » est le premier volume des mémoires de Gerald Hugh Tyrwhitt-Wilson, baron Berners. Il y raconte son enfance jusqu’à l’âge de onze ans. « J’estime que mon enfance consiste en mes années à la maison et en mes quatre premiers trimestres à Elmley : bien que je sois resté à Elmley quatre ans au total, ces quatre trimestres me semblent contenir tout le nécessaire pour élucider l’histoire psychologique de mes premières années. » Bien que ce texte soit resté inédit en France jusqu’à récemment, Lord Berners était une figure de l’entre-deux-guerres : compositeur, peintre, écrivain et un excentrique comme seule la haute société anglaise sait en produire.

Il nait en 1883 dans une famille où les traditions de l’époque victorienne sont très marquées. Seules les apparences comptent, il faut savoir garder son rang. Les parents de Lord Berners, surtout sa mère, car son père est souvent absent, souhaitent un apprentissage viril pour leur fils unique. Malheureusement pour eux, le jeune garçon déteste la chasse, le sport et notamment le cricket. Il leur préfère la musique et la littérature. Une sensibilité qu’il devra apprendre à cacher durant ses années au pensionnat, ainsi que son attirance pour les hommes.

Ce premier volet des mémoires de Lord Berners est truffé de références culturelles (Jane Austen, Charles Dickens, Shakespeare, William Blake, Chopin, George du Maurier, etc…) et surtout d’une ironie réjouissante. Les titres de certains chapitres donnent le ton : « Interlude sadique », « Sports collectifs et littérature », « L’épisode du lancer de bible ». L’irrévérence et l’humour pince-sans-rire sont de mises et certaines facéties du jeune garçon sont délectables.

« Une enfance de château » nous permet de découvrir le fantaisiste Lord Berners dont la sensibilité artistique fut contrariée par la morale victorienne. Un texte drôle, piquant qui donne envie de lire la suite des mémoires de l’auteur.

Traduction Anatole Tomczak

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Une saison à Hydra d’Elizabeth Jane Howard

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Emmanuel Joyce, 61 ans, est un dramaturge à succès qui voyage à travers le monde pour monter ses pièces. Il est accompagné de sa femme Lilian, à la santé fragile et au caractère exigeant, et de Jimmy Sullivan, son assistant dévoué. Une secrétaire s’ajoute à ce trio mais la dernière en date vient d’être renvoyée. Ce qu’elle vivra très mal notamment en raison de la relation qu’elle avait nouée avec Emmanuel. Ce grand séducteur n’en est pas à sa première incartade et sa relation compliquée avec Lilian explique en partie son attirance pour d’autres femmes. En partance pour New York pour auditionner des actrices, Emmanuel et sa femme ont absolument besoin d’une nouvelle secrétaire. Ils la rencontreront à une soirée où elle accompagnait son oncle acteur. Alberta, 19 ans, est fille d’un pasteur de campagne. Son innocence et sa fraîcheur vont insuffler une nouvelle dynamique au trio.

Après avoir adoré les quatre premiers tomes de la saga des Cazalets, il était temps que je découvre « Une saison à Hydra », premier titre de l’autrice a avoir été publié par les éditions de la Table Ronde. Chaque chapitre est une partie du voyage du quatuor, qui ira jusqu’à l’île grecque d’Hydra, à l’intérieur duquel les quatre points de vue s’expriment à tour de rôle. Elizabeth Jane Howard scrute en détails les émotions, les désirs des personnages. Loin des mondanités, de l’univers du spectacle, les protagonistes se plongent en eux-mêmes et dans les eaux turquoises d’Hydra. Emmanuel, au charisme indéniable, polarise l’attention, les sentiments et les tensions. C’est autour de lui que tout semble s’organiser mais le séjour à Hydra va modifier les interactions au sein du groupe. Le récit de ce voyage en Grèce est riche, nuancé et profond dans son analyse des caractères. L’écriture ciselée d’Elizabeth Jane Howard rend parfaitement compte de l’atmosphère de chaque lieu où s’arrête notre quatuor. « En route vers Phalène, nous passons devant des places poussiéreuses, où des gens boivent des sodas à l’orange sous des guirlandes de lumières éclatantes suspendus aux arbres fatigués, nous descendons une longue rue étroite dominée par l’Acropole, radieuse en habits de lumières électrique, puis nous prenons une large autoroute où l’on ne remarque plus que le ciel du soir et, en dessous, la terre sombre pollinisée de lumières. »

« Une saison à Hydra » est un roman à la construction maîtrisée dont il faut déguster chaque phrase et où Elizabeth Jane Howard réussit à détailler parfaitement les lieux et les âmes de ceux qui les occupent.

Traduction Cécile Arnaud

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Le jardin d’enfance d’Elizabeth Von Arnim

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« Lorsque la grisaille de novembre s’en vint couvrir d’un long manteau de nuages bas et sombres le bistre des champs labourés, et l’émeraude éclatant des céréales d’hiver, cet alanguissement du temps me pesa et je fus surprise du désir de retrouver les joies, les caresses, les consolations de l’enfance, et sa confiance rassurante dans l’infaillibilité des aînés. Un appétit de quiétude avait envahi mon âme fatiguée d’indépendance et de responsabilités. » C’est ainsi qu’Elizabeth eut envie de revoir le domaine où elle avait grandi et surtout son jardin. L’endroit appartient aujourd’hui à ses cousins et non à elle puisqu’elle n’est pas née garçon. Cette forte contrariété a envenimé ses relations avec ses cousins. Elizabeth va donc devoir s’introduire dans la propriété par effraction.

Ce court texte d’Elizabeth Von Arnim avait été un rajout à l’édition américaine du « Jardin allemand » et les éditions Bartillat ont eu la bonne idée de le publier de manière indépendante. Le retour dans le jardin provoque inévitablement des réminiscences de l’enfance. Elizabeth évoque avec nostalgie son grand-père, son père, ses escapades dans le jardin pour échapper à sa gouvernante, ses tentatives infructueuses de jardinage. Mais « Le jardin d’enfance » n’est pas que nostalgique, il est également teinté de beaucoup d’humour. Le jardin a forcément changé depuis l’enfance de la narratrice et elle découvre avec horreur que les rosiers grimpants de son père ont été remplacés par des radis ! Ses cousins, pragmatiques, ont transformé le beau jardin d’agrément en potager. La magie du lieu s’est envolée.

« Le jardin d’enfance » est un petit texte délicieux, plein de l’espièglerie et de la délicatesse de son autrice.

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Villa Mauresque de Floc’h et Rivière

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« Villa Mauresque » est une biographie illustrée de W. Somerset Maugham. Outre les dessins de Floc’h que j’apprécie toujours beaucoup, le texte est intéressant et alterne le récit de Maugham lui-même avec celui de ses proches (amis ou ennemis !). Le texte de Rivière donne ainsi la parole au frère de l’auteur, son neveu Robin, Annette la cuisinière de la villa Mauresque, sa partenaire de bridge Barbara Bach, Berverly Nichols et Hugh Walpole (ce dernier est moqué dans « La ronde de l’amour »).

« Villa Mauresque » passe rapidement sur l’enfance française de Maugham, marquée par le décès de sa mère adorée qui le rendra bègue jusqu’à la fin de ses jours. Il dut quitter Paris pour l’Angleterre et rêvera alors de revenir en France. C’est ce qu’il fera en septembre 1926 après qu’il soit tombé sous le charme de la villa Mauresque au Cap Ferrat. Somerset Maugham y habitera jusqu’à sa mort en 1965.

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Le roman graphique insiste sur les trois relations qui ont marqué sa vie : Syrie, sa femme rencontrée en 1913 et qui divorça de son premier mari pour lui ; Gerald Haxton, l’homme de sa vie, qu’il croisa durant la première guerre mondiale ; Alan Searle, rencontré en 1928 dans la galerie où il travaille et qui était l’amant de Lytton Strachey. Alan sera le compagnon dévoué (et souvent exploité) de Maugham durant ses dernières années.

Le portrait qui se dessine est complexe et très contrasté. Hôte raffiné pour les nombreux invités de la villa Mauresque, il se montre détestable avec sa femme et sa fille qu’il néglige. Son humour sarcastique fait mal mais il sait également se moquer de lui-même. Grand voyageur, grand misanthrope s’il n’avait pas croisé la route de Gerald Haxton, il est surtout très lucide et anti-conventionnel.

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La longue vie de W. Somerset Maugham se révèle passionnante et elle a nourri son œuvre. Comme le disait Anthony Curtis : « Le meilleur de Somerset Maugham, c’est encore lui-même. »

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La pie voleuse d’Elizabeth Day

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Marisa et Jake viennent de trouver la maison idéale pour abriter leur future famille. Leur histoire est allée très vite, l’évidence s’est imposée à eux après quelques rendez-vous. Mais vivre à Londres est onéreux et Jake, consultant à la City, connaît quelques difficultés financières. Le couple décide alors de sous-louer l’une de leurs chambres. C’est ainsi qu’ils font connaissance de Kate, qui travaille dans le milieu du cinéma. Marisa tombe enceinte et tout se déroule à merveille entre le couple et leur locataire. Mais petit à petit, la situation dérape. Kate semble de plus en plus à l’aise dans la maison et surtout avec Jake dont elle se rapproche. Marisa, épuisée par sa grossesse, se sent totalement désemparée et ne sait comment réagir.

Il ne faut surtout pas en dire plus sur l’intrigue de « La pie voleuse » qui réserve de nombreuses surprises à ses lecteurs. Ce quatrième roman d’Elizabeth Day est un thriller psychologique habilement mené. L’autrice réussit à faire monter la tension dans ce quasi huis-clos sans que l’on puisse deviner ce qui va arriver. Et elle la maintient jusqu’au bout de son roman. Avec une plume vive, Elizabeth Day décrit avec talent l’état psychologique de ses protagonistes. Mon seul bémol concerne la fin du roman, la situation s’arrange de manière un peu trop idyllique. J’aurais préféré que l’autrice reste dans le ton sombre du roman et me surprenne encore !

Malgré mon petit bémol, « La pie voleuse » se lit avec grand plaisir et son intrigue joue avec les nerfs de ses lecteurs.

Traduction Maxime Berrée

La mariée disparue – Une enquête des sœurs Brontë de Bella Ellis

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Yorkshire, 1845, Matilda French, gouvernante, découvre avec effroi la chambre de sa patronne transformée en bain de sang. S’il s’agit d’un meurtre, le corps de Mme Chester reste introuvable. La nouvelle de ce drame parvient aux oreilles de la fratrie Brontë, qui vit à Haworth, tout près du lieu de résidence des Chester. Deux des sœurs, Charlotte et Emily, sont allées à l’internat avec Matilda French et elles décident de lui rendre visite. Rapidement, les sœurs Brontë sont captivées par le mystère qui entoure la disparition de Mme Chester. Elles décident alors de mener l’enquête.

J’ai toujours du mal à résister à un roman dont le héros est un de mes auteurs préférés tout en étant méfiante quant au résultat. « La mariée disparue » est plutôt une bonne surprise. Bella Ellis exploite bien la biographie de la famille Brontë et elle dépeint chaque membre de manière crédible : la fougueuse et asociale Emily, la douce et posée Anne, les excès de Branwell, la force et la sensibilité de Charlotte. Il est à noter également qu’aucune sœur ne prend plus de place qu’une autre, Anne n’est pas écrasée par ses aînées (et si vous n’avez jamais lu ses romans, je ne peux que vous encourager à le faire). Des clins d’œil aux romans des trois sœurs sont également disséminés dans le cour de l’enquête. L’autrice nous plonge dans les paysages du Yorshire, nous invite au presbytère d’Haworth, l’ambiance du roman est très réussie. Quant à l’enquête, elle tient la route et se lit de manière plaisante même si le suspens n’est pas à couper le souffle.

« La mariée disparue » est un roman qui se lit sans déplaisir. Écrit par une admiratrice des sœurs Brontë, il rend bien compte de leur univers.

Traduction Karine Forestier

Les secrets de ma mère de Jessie Burton

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En 1980, Élise Morceau croise la route de Constance Holden à Hampstead Heath. Cette dernière est plus âgée et est l’autrice d’un roman à succès « Cœur de cire ». Élise se cherche encore, elle exerce plusieurs petits boulots. Les deux femmes tombent sous le charme l’une de l’autre. Le roman de Constance va être adapté par Hollywood et les deux femmes partent s’installer à Los Angeles. Élise s’y sent rapidement perdue.

Trois décennies plus tard, Rose Simmons cherche des réponses sur l’histoire de sa mère qui l’a abandonnée lorsqu’elle était bébé. Il se trouve que sa mère a connu Constance Holden et Rose va tenter de rentrer en contact avec elle. Mais l’écrivaine sort peu et vit en recluse.

J’ai beaucoup aimé les deux précédents romans de Jessie Burton et mon à priori, avant la lecture de celui-ci, était donc positif. « Les secrets de ma mère » reprend le principe narratif des « Filles du lion ». L’autrice développe en parallèle l’histoire d’Élise et celle de Rose, les deux ayant se déroulant à des époques différentes. Au travers du récit de ces deux femmes, Jessie Burton questionne la maternité, comment elle peut perturber la vie d’une femme, comment la fibre maternelle peut ne pas être une évidence. Ces deux parties comportent quelques longueurs et auraient sans doute gagné à être plus courtes pour être plus percutantes. Le personnage le plus intrigant du roman est sans aucun doute Constance Holden. Je crois que j’aurais aimé qu’elle soit au centre du roman et notamment que Jessie Burton interroge davantage son rapport à la fiction.

« Les secrets de ma mère » est une petite déception. Le point de départ du roman m’a plu mais mon intérêt s’est peu à peu émoussé. J’espère que le prochain livre de Jessie Burton sera à la hauteur des deux premiers.

Traduction Laura Derajinski

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les enquêtes de Jane Austen, le fantôme de l’abbaye de Julia Golding

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1789, la jeune Jane Austen va devoir remplacer sa sœur Cassandra comme dame de compagnie auprès de Lady Cromwell à l’abbaye de Southmoor. A 13 ans, cette semaine passée loin des siens s’annonce comme ennuyeuse et une pénible corvée. Son frère Henry arrive à réveiller un peu sa curiosité en lui parlant du fantôme du moine qui hanterait les ruines de l’abbaye. Jane, accompagnée de son fantasque chien Grandison, part à Southmoor avec une mission  : prouver que le fantôme n’existe pas. Mais bien d’autres évènements vont venir perturber son séjour.

J’avais lu il y a quelques années « Jane Austen à Scargrave manor » où Stephanie Barron transformait l’autrice en détective. Le roman était sympathique mais je n’en garde que peu de souvenir. J’étais donc curieuse de découvrir ce que Julia Golding allait faire avec la même idée de départ. La bonne idée est d’avoir choisi une jeune Jane Austen en laquelle les jeunes lecteurs, à qui s’adresse le roman, pourront s’identifier. Julia Golding dresse le portrait d’une jeune fille intelligente, facétieuse et pleine d’esprit. Il y a beaucoup d’humour dans ce texte notamment à travers ses lettres et ses encarts comme sa page nécrologique pour sa robe mousseline ou sa non-invitation au bal d’anniversaire du fils de Lady Cromwell. J’ai apprécié les références, les clins d’œil à l’œuvre de Jane Austen et particulièrement à « Northanger Abbey ». L’intrigue se tient et comme souvent chez la romancière anglaise, la question de l’héritage est centrale.

« Les enquêtes de Jane Austen, le fantôme de l’abbaye » se lit avec beaucoup de plaisir. Les personnages sont attachants, l’ironie mordante de Jane Austen m’a enchantée et j’espère que cette série donnera envie à de jeunes lecteurs de découvrir son œuvre.

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