
Une bouteille en cristal qui s’abat sur le crâne d’une femme. Celle-ci s’écroule sur un tapis où son sang se répand. Un cri, celui de la servante qui découvre le corps de Rachel Argyll. Dans la maison se trouvent son mari, Leo, et leurs quatre enfants adoptifs. Le cinquième, Jack, a quitté la maison quelques instants plus tôt. Jeune homme excessif, c’est sur lui que vont se porter les soupçons. Il est rapidement incarcéré. Mais son procès n’aura jamais lieu, il est assassiné en prison. Dans la demeure des Argyll ce soir-là, se trouvait également une autre personne, Gwenda, la secrétaire de Leo. Nous la retrouvons un an plus tard alors qu’elle s’apprête à épouser son ancien patron. Mais la fête va être perturbée par l’arrivée du Dr Arthur Calgary qui vient pour prouver l’innocence de Jack.

« Ordeal by innocence » aurait du être diffusé pour Noël comme « And then there were none » et « Witness for prosecution », mais le scandale autour de Ed Westwick a obligé la BBC à repousser la diffusion. L’acteur a été remplacé par Christian Cooke et de nombreuses scènes ont été retournées.
Comme les deux précédentes adaptations, celle-ci est de grande qualité. La scène d’ouverture est particulièrement réussie. En quelques scènes, toute l’intrigue se met en place. Et celle-ci est sombre à souhait ! Il règne dans la maison des Argyll, un climat de forte suspicion. Chacun semble coupable du meurtre de Rachel (Au moment de la découverte du corps, Gwenda a du sang sur le visage et Esther, l’une des filles adoptées par les Argyll, porte une chemise de nuit couverte de sang) ou cachant de lourds secrets. A travers les trois épisodes, la belle photo de famille de la riche philanthrope Rachel Argyll se désagrège. cette dernière est d’ailleurs loin de la mère ou de la femme modèle. Chacun possède un motif pour l’assassiner. Les blessures sont à vif, la famille est rongée par l’amertume et la rancœur. De quoi donner beaucoup de fausses pistes aux spectateurs…

L’intrigue est parfaitement maîtrisée, parfaitement mise en scène et luxueusement produite comme toujours avec la BBC. Ce qui rend « Ordeal by innocence » vraiment parfait est son incroyable casting : Anna Chancelor, Bill Nighy, Morven Christie, Matthew Goode, Eleanor Tomlinson, Luke Treadaway pour ne citer que les plus connus. Tous sont absolument brillants, parfaits dans leur rôle respectif. Mais j’aimerais souligner les prestations de deux d’entre eux : Anna Chancelor et Matthew Goode. Ils incarnent tous les deux des personnages détestables : hautains, méprisants, cruels (la scène au restaurant ou au petit déjeuner, où le personnage de Matthew Goode crache tout son fiel, sont mémorables). Les deux acteurs sont éblouissants et saisissants.

« Ordeal by innocence » est une nouvelle adaptation d’Agatha Christie qui souligne la maîtrise de la BBC dans ce genre d’exercice. Magnifiquement produite et réalisée, cette série bénéficie d’un casting trois étoiles où chaque acteur est à son meilleur niveau de jeu. Amateur d’Agatha Christie, précipitez-vous !


















